Crise à la commune de Karangasso Sambla : La mairie fermée, les protagonistes chez le gouverneur

Le gouverneur de la région des Hauts-Bassins, Antoine Atiou, a rencontré, le 11 février 2019, les différents protagonistes de la crise que vit la commune rurale de Karangasso Sambla, localité située à une soixantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso dans la province du Houet. Le 7 février dernier des populations ont fermé la mairie pour protester contre la gestion du maire, Aboudramane Ouattara.

Des habitants de la commune rurale de Karangasso Sambla ont organisé le 7 février 2019, une marche qui s’est soldée par la fermeture de la mairie. Les marcheurs reprochent au maire de la commune, Aboudramane Ouattara, son manque de communication avec la base, sa mauvaise gouvernance, la gestion opaque de 120 millions F CFA octroyés par le Programme de développement intégré de la vallée de Samendéni (PDIS) et de celle du foncier.

Depuis lors, la tension est perceptible entre le maire et le groupe de frondeurs.
Le gouverneur de la région des Hauts-Bassins, Antoine Atiou, a échangé, le 11 février 2019, avec les deux groupes. La rencontre a eu lieu à la salle de réunion du gouvernorat. Dans la salle, les partisans du maire étaient assis d’un côté et les contestataires de l’autre. Etaient en face d’eux, le gouverneur, le président du conseil régional des Hauts-Bassins, Célestin Koussoubé, la déléguée du médiateur du Faso, Awa Traoré et le haut-commissaire du Houet, Lamine Soulama.

Mohamed Traoré, un des frondeurs a fait la genèse de la crise qui l’oppose au maire. Il lui reproche surtout son manque de dialogue. Selon lui, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la convocation par le maire des habitants de Karangasso-Sambla à la gendarmerie pour incivisme et la confiscation d’une ambulance qui doit revenir à la commune.

Le groupe des frondeurs exige pour cela, la dissolution du conseil municipal, et le départ du secrétaire général. «Tant que ces préalables ne sont pas réunis, la mairie ne sera pas ouverte», martèle Tiéfo Diarra, un des contestataires. Du coté des partisans du maire la version est toute autre. Pour le maire Aboudramane Ouattara, il n’y a pas de crise à la mairie de Karangasso Sambla.

«Quelques individus sont allés mettre sous scellé les locaux de la mairie. Mais à l’intérieur du groupe, il n’y a ni conseiller, ni chef de village, ni un conseiller villageois de développement. Il n’y a pas de problèmes de fonctionnement du conseil municipal. Un groupe ne peut pas se lever de son propre chef pour aller fermer une mairie. Nous sommes venus expliquer cela pour que la loi soit appliquée», a laissé entendre le maire. Pour lui, des mécanismes existent à la mairie pour donner l’information à ceux qui le désirent.

«Dissolution du conseil municipal avant toute rouverture de la mairie»

Pour lui, les griefs formulés contre lui sont sans fondement. Justifiant ainsi les 120 millions F CFA, le maire Ouattara affirme que c’est un accompagnement du PDIS pour aider les populations déplacées. Cette somme a servi, selon lui, à construire des marchés, des latrines et à former des populations en gestion forestière.

Le PDIS, de son avis, est le mieux placé pour donner les justificatifs de l’utilisation de ce fonds. Quant à la gestion des carrières, les ressources engrangées sont reversées au Trésor public. S’agissant de la réserve, elle a été attribuée provisoirement après délibération du Conseil municipal, à un demandeur a fait savoir le maire. Malgré les différentes explications, les frondeurs sont restés campés sur leur position et martèle que la mairie ne sera ouverte qu’après le départ du secrétaire général de la mairie, la dissolution du conseil municipal et la mise en place d’un conseil municipal transitoire.

Pour le gouverneur de la région des Hauts-Bassins, la fermeture de la mairie n’est pas la solution à cette crise car elle cause beaucoup plus de préjudices à la population. Le président du conseil régional des Hauts-Bassins et la déléguée du Médiateur du Faso ont invité les protagonistes à rouvrir la mairie, tout en poursuivant les pourparlers.

Les frondeurs ont accédé à cette requête mais ont donné un délai de 2 mois pour le faire, le temps de recueillir les avis des populations. Un comité restreint a été mis en place pour amener les différentes parties à accorder leur violon pour le retour de la sérénité dans la commune de Karangasso-Sambla. Ce comité devrait d’abord convaincre les deux parties à rouvrir dans un bref délai, les locaux de la mairie.

Adaman DRABO

Sidwaya

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