Cratère sur la route de l’hôpital Yalgado à Ouagadougou : Les acteurs se rejettent les responsabilités

Grande a été la surprise des riverains et des usagers de la RN4 de constater un cratère sur la route de l’hôpital Yalgado à Ouagadougou dans la soirée du jeudi 10 septembre 2020. Alors que les travaux de construction de la voie sont toujours en cours, l’on se demande qu’est ce qui peut expliquer ce fait. Pour l’heure, les acteurs se jettent les responsabilités.

Un cratère sur un chantier inachevé, cela s’est produit sur la route de l’hôpital Yalgado. Qu’est ce qui est à l’origine de ce fait insolite ? C’est la question que de nombreux usagers de la RN4 ont dû se poser. Egalement circonspect de ce fait, le directeur des travaux du projet de la RN4 (COGEB), Abdel Aziz Tall, nous a déclaré que des investigations sont en cours pour déterminer les causes exactes de cet affaissement. Cependant, il récuse toute hypothèse liée à la qualité de la voie.

Selon lui, le réseau d’assainissement de l’ONEA qui se situe au niveau du cratère pourrait être la cause de l’affaissement. Cependant, il serait prématuré de dire que ce sont les installations de l’ONEA pour le moment qui sont à l’origine, nous a-t-il déclaré. Selon M. Tall, le trou n’existait. « C’est créer probablement récemment » dit-il.

En off, certains agents de la COGEB accusent l’ONEA. Pour eux, c’est une négligence ou un manque de suivi de la part de la nationale des eaux après ses travaux de raccordement de son réseau d’assainissement. Pour preuve, ils indexent la partie de voie affaissée juste devant le siège de la Commission de l’UNESCO, non loin du cratère actuel. Sur les lieux, il y avait un représentant de l’ONEA.

Les agents de la COGEB l’ont supplié de parler à la presse. »Mon frère, dit un mot à la presse » lance un agent de la COGEB. « Je ne peux parler au nom de l’ONEA » a répliqué l’agent de l’ONEA. La tension monte, et chaque camp évoque des histoires de déontologie. Ce dernier, qui au départ nous expliquait les choses dans des termes techniques, se mure subitement dans un silence lorsqu’il s’est rendu compte que nous sommes de la presse.

Chose paradoxale, l’ONEA était sur les lieux avec une pelle mécanique pour dégager le trou afin de déterminer les causes. « Il faut dire d’abord quelque chose avant de procéder au dégagement » lance un agent de COGEB au l’agent de l’ONEA (indiqué plus haut), par ailleurs technicien.

Brèche devant l’UNESCO

Si ce sont les aléas des inondations, c’est le contribuable qui payera

Présent sur les lieux, le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé, dit être venu constater la gravité du problème et voir avec les différents acteurs qui interviennent sur le chantier comment le résoudre rapidement. Car dit-il « c’est l’une des plus grandes artères de la ville de Ouagadougou et cet incident perturbe beaucoup la circulation ».

Quant à désigner un responsable, le maire affirme qu’il est très tôt pour tirer des conclusions. De concert avec les différents services techniques, ils s’attelleront à trouver les raisons. En cas d’affaissement qui paye ? Le contribuable ou l’entreprise ? Pour le maire « si la responsabilité est de l’entreprise, c’est l’entreprise qui va payer. Mais si ce sont les aléas des inondations, c’est la marie ou le ministère de l’urbanisme qui payera » a-t-il précisé.

Alicia Ouédraogo (Stagiaire)
Augustin Khan(Stagiaire)
Lefaso.net

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