Covid-19 : Une vingtaine d’auteurs croisent leurs regards sur le Coronavirus dans un ouvrage

Le vendredi 29 janvier 2021 a eu lieu à Ouagadougou, la présentation d’un ouvrage collectif intitulé : « Regards croisés sur le coronavirus ». Il est paru aux éditions Vénus d’ébène, année 2020, sous la coordination d’Adélaïde Fassinou Allagbada, présidente de l’association Plumes Amazones. Le livre est écrit par une vingtaine d’auteurs dont l’essayiste burkinabè Denise Sidonie Nébié Zoma qui a signé un article titré « Au-delà du Covid-19, une opportunité pour de nouveaux paradigmes. »

C’est un ouvrage de 253 pages signé par 20 auteurs de treize nationalités, dont l’essayiste burkinabè Denise Sidonie Nébié Zoma. Sa contribution va de la page 176 à la page 183 et est titré « Au-delà du Covid-19, une opportunité pour de nouveaux paradigmes ». Parfait Ilboudo, écrivain, en présentant l’ouvrage, l’a qualifié de récit qui témoignage du ressenti des peuples dont sont issus les différents auteurs, face au Covid-19.

L’auteure Dénise Sidonie Nébié Zoma dédicaçant un ouvrage

Denise Sidonie Nébié Zoma, co-auteure, affirme que l’impact psycho-social du Covid-19 sur l’humain n’est pas suffisamment abordé, comme l’impact sur l’économie. C’est pourquoi elle a décidé de s’intéresser à cet aspect des choses. « Je sentais que beaucoup de familles étaient touchées, beaucoup de familles souffraient le martyr en silence. C’est pour cela que j’ai voulu ressortir tout ce ressenti. Il y avait des familles qui étaient ici et qui avaient des enfants dans des villes où les morts se ramassaient par milliers par jour et quand on regardait au niveau national où on ne prenait pas la maladie au sérieux, il y avait un déphasage. Quelque part, c’est au nom de ces personnes qui souffraient en silence et dont on ne parlait pas que j’ai voulu écrire. Il y a des gens qui ont perdu des proches à l’extérieur mais dont le rapatriement des corps était difficile du fait du Covid-19. Tout ça, ce sont des souffrances humaines. Derrière la pandémie, il y a des drames humains qui sont en train de se tisser et il faut qu’on en parle », a laissé entendre Mme Nébié.

Une vue des participants à la cérémonie de présentation de l’ouvrage

Au nombre de ces drames humains, les violences faites aux femmes. Comme le souligne Parfait Ilboudo, qui a présenté l’ouvrage, l’auteure dans l’article relève que certaines mesures de lutte contre le Covid-19 au Burkina, notamment la fermeture des écoles, ont entrainé une déperdition scolaire chez les filles avec pour corollaires, des mariages forcés, des grossesses indésirées. Le confinement, quant à lui, aura accentué les violences faites aux femmes (violences verbale, physique), mais a également fait baisser leur pouvoir économique. L’auteure relève aussi que certaines mesures barrières comme la distanciation sociale ne cadre pas avec la culture du pays. En somme, le Covid-19 aura privé les gens de leurs libertés individuelles et collectives, porté un coup au moral des humains et montrer les failles des modes de gouvernance.

Parfait Ilboudo a présenté l’ouvrage collectif

Des aspects positifs

Mais au-delà de ces conséquences négatives, le Covid-19 a eu des « aspects positifs », notamment sur l’environnement, et a permis « à l’humain d’essayer de se repenser, de voir qu’est-ce qui est essentiel, parce que ç’a surpris, on ne s’y attendait pas », a indiqué Mme Nébié. « Le Covid-19 est venu comme un coup de pied dans la fourmilière pour nous dire faites attention, on a atteint la ligne rouge. Ce sont des opportunités pour repenser de nouveaux paradigmes dans tous les domaines, nos relations à nous-mêmes, nos relations avec les autres, avec la communauté, la manière de faire la politique, la manière d’élaborer nos documents de stratégies. C’est vraiment une opportunité de repenser de nouveaux paradigmes pour aller de l’avant », conclut l’auteure, qui est actuellement chargée de la division culture à la Commission nationale burkinabè pour l’UNESCO.

La couverture de l’ouvrage

L’ouvrage collectif « Regards croisés sur le coronavirus » est disponible dans les librairies Mercury, DIACFA, Jeunesse d’Afrique au prix de 8000 F CFA.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

Related posts

Leave a Comment