COVID-19 : Roch Kaboré préfère l’expertise extérieure pour préparer la sortie de crise

Le président Roch Kaboré a mandaté le cabinet Dalberg pour préparer l’après-coronavirus. C’est notre confrère Jeune Afrique qui donne l’information en date du 3 juin 2020. On apprend ainsi que le chef de l’Etat burkinabè a missionné en mi-mai le cabinet américain, dont le bureau couvrant le Burkina est installé à Dakar, pour préparer un plan pour sortir de la crise économique due à la crise sanitaire du coronavirus.

Quoi d’anormal ? Rien a priori. Car il n’y a rien d’extraordinaire à ce qu’un pays sollicite les services d’un bureau d’études international pour l’épauler dans la formulation ou la mise en œuvre de ses politiques. Mais le hic dans le cas-ci, c’est que cette sollicitation de services extérieurs vient comme un pied de nez aux compétences locales qui auraient pu faire le travail.

En effet, les observateurs l’auront remarqué, les experts burkinabè ont rarement été aussi réactifs et prolifiques qu’avec la crise sanitaire du COVID-19 dans la production intellectuelle. Elles sont ainsi nombreuses les études qui ont été produites sur le sujet, embrassant presque tous les contours de la question. Il y a quelques jours, Lefaso.net publiait un article sur un rapport rédigé par un groupe d’intellectuels portant justement sur les conditions de sortie de la crise du coronavirus. Egalement sur notre site, plusieurs chercheurs ont publié dans notre rubrique de vulgarisation scientifique des articles qui conservent un grand intérêt en matière de prospective. Pourquoi alors snober toutes ces compétences et engager les services d’experts étrangers dont les honoraires vont coûter plusieurs dizaines de millions à notre Trésor public que l’on dit déjà mal en point ?

L’on est d’autant plus étonné, voire indigné, par cet appel à l’expertise extérieure quand on apprend en plus que le travail des sept consultants, supervisé par la Sénégalaise Madjiguène Sock, directrice du bureau de Dakar du cabinet Dalberg, se fera à distance, à cause de la fermeture des frontières. Sur place à Ouagadougou, il n’y aura qu’un seul expert qui est actuellement présent dans le pays.

Et pire, leur mission devrait, ajoute le journal, concerner une redéfinition de toute la stratégie gouvernementale, touchant tous les secteurs. Pire en effet, car il y a de quoi se demander alors à quoi sert le PNDES (Plan National de Développement Economique et Social) dont on nous gave depuis le début du mandat du président Kaboré en vantant sa pertinence et ses résultats.

Lefaso.net

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