Covid-19 : Les Africains toujours en rangs dispersés

Le Covid-19 continue sa propagation dans les pays africains. Le dernier en date, c’est le Niger, qui a enregistré son premier cas, le jeudi 19 mars 2020. Jusque-là, les Africains n’y ont trouvé aucun remède. Au contraire, chacun se barricade à l’intérieur de ses frontières.

« Chacun pour soi et Dieu pour tous ». C’est l’illustration parfaite de la situation du Covid-2019 en Afrique. Depuis l’apparition de la maladie, les frontières se ferment. Chaque pays se bat à sa façon contre le mal. Les pays infectés, comme le Burkina Faso, sont vus comme des parias. Au point où certains pays avaient déconseillé la destination à leurs ressortissants. En ces temps, c’est l’individualisme qui prime sur la solidarité. Même les institutions africaines et sous-régionales sont aux abonnés absents. Elles laissent chaque pays se battre comme un beau diable contre la pandémie.

L’Union africaine a attendu le jeudi 19 mars 2020, pour faire une conférence. Là aussi, aucune décision concrète sur la question n’a été prise. Sur le site internet de l’organisation continentale, on aperçoit un visuel de sensibilisation sur la maladie. C’est tout. La CEDEAO et l’UEMOA, pour la zone ouest-africaine, n’ont pas encore pipé mot.

Pourtant, l’état des choses nécessite des positions communes. La fermeture des frontières n’est pas sans conséquences. On peut bien se barricader pour ne pas contracter le coronavirus, mais bien mourir d’autre chose. Pour le moment, personne ne pense à l’après-maladie. Pourtant, on sait que l’économie prend un sérieux coup en ce moment.

A l’étape actuelle, les chercheurs africains devraient aussi conjuguer leurs efforts. Au Burkina Faso, le Haut-conseil national de la recherche scientifique et de l’innovation mène une réflexion pour contrer le virus. En plus de 60 ans d’indépendance, les Africains devraient être quand même en mesure de trouver des solutions à leurs propres problèmes.

C’est dommage que le combat se réduise à chaque pays alors qu’on a un ennemi commun. Le silence coupable des intelligences africaines face à la maladie relève d’une vilaine habitude. Il s’agit d’attendre que tout vienne d’ailleurs. Le malheur pour les Africains, cette fois-ci, c’est que les personnes sur qui ils comptent ne sont pas mieux loties.

Si nous devons attendre, c’est que nous allons tous mourir. Cette fois-ci, les dirigeants des autres pays du monde se battent pour trouver des remèdes pour leurs populations. Ils ne vont se souvenir de nous que lorsqu’ils seront sûrs que leurs peuples ne risquent plus rien.

Pour le moment, nous sommes là donc à attendre, la bouche ouverte comme un caïman qui prend un bain de soleil. L’Afrique doit se réveiller. Elle doit travailler à imposer ses propres solutions. Nous devons mutualiser nos efforts. On ne doit pas seulement attendre. En attendant, vivement qu’un remède soit vite trouvé.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

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