Covid-19 en Afrique : Plus de 3 000 cas de contaminations et près de 80 décès, selon le Fonds mondial

Le Fonds mondial a animé une téléconférence, le vendredi, 27 mars 2020 sur la situation du Covid-19 en Afrique. Cette conférence a aussi permis de dévoiler l’appui apporté par le Fonds mondial aux pays africains et le rôle de la société civile dans la lutte contre la pandémie.

Apparu en Chine au marché de Wuhan, le Covid-19 évolue de façon exceptionnelle en Afrique. Et dans cette partie de la planète, c’est comme si les autorités attendaient que le mal entre dans leur territoire avant de prendre des mesures. Des mesures qu’elles prennent du temps à engager. C’est ce qu’affirme le Fonds mondial à travers sa téléconférence sur la situation du Covid-19 en Afrique.

Selon le Dr Karim Kombasséré, membre de l’équipe d’intervention d’urgence, il y a déjà 46 pays africains sur les 54 qui sont touchés par la maladie, avec plus de 3000 cas confirmés et près de 80 décès. Parmi les pays touchés, le Burkina Faso occupe la sixième place en termes de cas confirmés et la cinquième en termes de nombre de décès. Le peloton est coiffé par l’Afrique du Sud en nombre de personnes contaminées, et l’Egypte en nombre de décès.

Dr Karim Kombasséré ajoute que la maladie est d’origine animale. Sa transmission est devenue interhumaine et se transmet par gouttelettes salivaires (expulsions respiratoires ou buccales) et par des objets contaminés. Les personnes à risque sont le personnel de santé, les personnes âgées de plus de 70 ans ; celles qui ont des insuffisances rénales, des problèmes respiratoires ou cardiaques ; les personnes diabétiques, les femmes enceintes, etc. La période d’incubation est de deux à quatorze jours, avec une moyenne de sept jours. Jusqu’à présent, il n’y a pas de traitement spécifique pour le Covid-19. Le traitement est symptomatique, rappelle-t-il. Interdiction est faite d’utiliser des antiinflammatoires contre le coronavirus.

Dr Kombasséré affirme que dans les pays africains, il y a un manque d’engagement du personnel de santé par rapport au personnel des pays d’autres continents. Pour le Fonds mondial, il faut un engagement communautaire parce que les pays africains n’ont pas les moyens matériels nécessaires pour prendre en charge un nombre élevé de personnes. Il conseille aux populations africaines d’observer strictement les mesures prescrites par les autorités sanitaires de leurs pays respectifs et l’OMS.

Par ailleurs, il y a des préoccupations quant aux implications économiques de la pandémie en Afrique, qui a une population majoritairement pauvre. Le Fonds mondial est déjà venu en appui à 25 pays africains pour un montant d’environ 18 millions de dollars. Il a en outre entrepris deux approches que sont la reprogrammation des subventions en cours à concurrence de 5% de la valeur totale et le redéploiement des ressources achetées par les subventions actuelles et passées.

En rappel, la pandémie a déjà fait plus de 492 600 cas confirmés et 22 184 décès dans le monde. A chaque seconde dans le monde, il y a un décès lié au Covid-19.
Pour finir, le Fonds mondial déclare que c’est le moment pour les sociétés civiles de s’impliquer fortement pour aider à limiter les contaminations et les effets de cette pandémie. Il recommande aussi de faire des plaidoyers pour que les activités prioritaires soient très vite financées et pour la continuité dans la mise en œuvre des activités essentielles, et de veiller au suivi des activités essentielles et des alertes sur les obstacles.

A quand la fin de la pandémie en Afrique ? Pour les conférenciers, c’est l’engagement individuel et collectif qui peut venir à bout de cette maladie. Mais l’Afrique doit tirer leçon de cette situation pour renforcer ses structures sanitaires et économiques.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

Related posts

Leave a Comment