Covid-19 au Burkina : Depuis un mois, des chiffres sans cesse croissants

Il y a un mois, soit le 9 mars 2020, le Burkina Faso enregistrait ses premiers cas de Coronavirus. Depuis, c’est une course contre la montre avec un virus invisible qui a bouleversé la vie des Burkinabè comme il continue à le faire dans le reste du monde. A la date du 10 avril 2020, le pays enregistre 448 cas dont 159 guéris et 26 décès. Le dernier point a été présenté à la presse ce jour même à Ouagadougou.

Convalescent, le Pr Martial Ouédraogo, coordonnateur du Comité national de réponse à la pandémie du coronavirus au Burkina Faso n’a pas dérogé à ce rendez-vous devenu hebdomadaire du point de presse sur l’évolution de la pandémie du Covid-19.

Ainsi à la date du 10 avril 2020, le Burkina Faso totalise 448 cas de contagion au Covid-19 dont 166 femmes et 242 hommes. Dans ce chiffre, il faut compter 159 guérisons et malheureusement 26 décès.

Le virus continue de s’étendre à travers le pays. La dernière localité qui est entrée dans le giron, c’est la ville de Gorom-Gorom dans la région du Sahel. Selon les explications du Pr Martial Ouédraogo, c’est le site minier de Essakane qui abrite les deux personnes infectées. Comment cela a pu arriver, alors que les villes déjà touchées sont en quarantaine depuis deux semaines ?

« Nous savons qu’il y a des déplacements héliportés entre des mines et les agglomérations. Ce sont des cas en investigations. Est-ce à travers ces déplacements qu’on a pu emmener un suspect, un cas a pu contaminé, ou quelqu’un a pu emmener la pathologie là-bas ? Nous sommes toujours en investigation pour comprendre par quel mécanisme (…) nous savons qu’il y a des déplacements exceptionnels pour le secteur minier », esquisse le coordonnateur du Comité national de réponse à la pandémie du Coronavirus au Burkina Faso. Ce n’est pas le premier site minier touché. Et à croire le Pr Ouédraogo, aucune données n’est encore disponible sur les sites d’orpaillage.

Des conditions d’hospitalisation décriées

De plus en plus, les langues se délient. Des malades qui ont séjourné au Centre Hospitalier université de Tengandogo, là où les malades Convid-19 sont hospitalisés, sont amers. Ils dénoncent des conditions insalubres des toilettes par exemple, une prise en charge approximative. Mais le Pr Albert Ouédraogo préfère jouer balle à terre.

« Evidemment, nous avons trouvé des locaux sur place qui étaient destinés à des malades. C’est dans ces conditions que nous avons hospitalisés nos malades. Il se peut qu’il y ait un certain nombre de désagréments liés au fonctionnement des différents bâtiments, mais toutes les fois que ces problèmes se posent, ils sont soumis à la hiérarchie et sont résolus. C’est comme si vous étiez chez vous, des toilettes qui fonctionnent peuvent se boucher et elles sont débouchées. Ce sont des choses qui peuvent arriver », tente-t-il de rassurer.

Sur les plaintes encore présentes de la prise en charge tardive des cas détectés mais confinés à domicile, le principal conférencier note que ce problème est désormais pris en charge. Un mécanisme a été trouvé pour rapprocher les soins des populations. « Lorsque le délai de prise en charge vous parait long », il y a la possibilité pour le demandeur de se rendre directement au CHU-Tengandogo, explique le Pr Ouédraogo ».

Alors que les chiffres grimpent, le citoyen se pose des questions. Pourquoi ne pas engager un dépistage massif, pour une prise en charge précoce ? Mais là également, le coordonnateur pense que la solution ne peut se résumer à cela. « Vous avez beau dépisté tous les burkinabè, s’ils continuent à ne pas respecter les mesures de prévention, vous n’irez nulle part. Le dépistage systématique n’est pas la seule solution. La solution que nous avons choisie est préconisée par l’OMS. Ce qu’il faut, c’est d’insister sur les mesures complémentaires. La distanciation sociale, les mesures barrières et le civisme », préconise-t-il, tout en ajoutant qu’il ne connait aucun pays « mêmes plus nantis que le Burkina Faso » qui a fait du dépistage massif, un frein à la propagation de la pandémie.

Le ministre en charge de la communication Rémi Fulgance Dandjinou a, quant à lui, répondu aux autres questions d’actualité. Alors que la date annoncée pour la réouverture des classes s’approche, c’est silence radio du côté de l’autorité. Ouvrira, n’ouvrira pas ? « Des réflexions sont menées et en temps opportun, les ministres en charge des enseignements et ceux en charge des centres de formation se prononceront soit pour prolonger les délais de fermeture, soit pour rédiger un communiqué confirmant la réouverture. Ils le feront incessamment », a dit le ministre porte parole du gouvernement.

Rémi Fulgance Danjinou a en outre annoncé la réouverture des boutiques témoins. Ce sont au total 150 boutiques qui seront à la disposition des populations pour un approvisionnement en céréales à prix social, en ces périodes difficiles. En ces lieux, les sacs de maïs, sorgho et de petit mil de 50 kg seront cédés à 6000 F CFA. Les mêmes variétés, mais de 100 kg seront vendus à 12 000 F CFA. Quant au riz local de 25 Kg, il sera mis en vente à 7500 F CFA. Et le ministre de préciser qu’un système de suivi informatique est mis en œuvre pour éviter que des personnes s’accaparent de ces vivres. En plus, un système d’approvisionnement est mis en place pour éviter des ruptures.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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