Côte d’Ivoire-Libération d’Alain Lobognon : un cadeau pour plaire à Macron ?

Condamné en première instance pour « divulgation de fausses nouvelles et incitation à la haine », le député pro-Soro Alain Lobognon a été condamné mercrecdi à six mois de prison avec sursis. Il a aussitôt été libéré. Une décision qui semble en lien avec les retrouvailles à Paris dans deux jours entre les présidents français et ivoirien.

Mis sous mandat de dépôt le 15 janvier dernier, le député Alain Lobognon, proche de l’ancien président de l’Assemblée nationale et chef rébelle, Guillaume Soro avait été incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan ( MACA) le 29 janvier.

Ce, suite à son procès en première instance qui lui a valu un an d’emprisonnement ferme assorti d’une amende de 300.000 FCFA d’amende (450 euros). Principal chef d’accusation : « divulgation de fausses nouvelles et incitation à la haine », selon l’expression de Richard Christophe Adou, procureur de la République près le tribunal de première instance du Plateau.

Une accusation imputable à un tweet dans lequel le parlementaire accusait le gouvernement ivoirien de vouloir arrêter un de ses collègues.

Mais, « à la surprise générale, un procès a été organisé en urgence » ce mercredi. Le ministère public a requis la libération immédiate du prévenu et sa condamnation à six mois de prison avec sursis. Requisitions suivies par le ministère public par le jury présidé par le magistrat Ali Yéo. Le député a ainsi été immédiatement libéré.

Le gouvenement sévèrement critiqué

Si le gouvernement ivoirien s’en était défendu par le biais de son porte-parole Sidi Touré qui se félicitait récemment de ce que les droits de l’homme et la liberté d’expression étaient « une réalité » en Côte d’Ivoire, ce procès n’a pas été du goût de certains acteurs politiques ivoiriens.

En témoigne l’appel à l’abandon des poursuites formulé par le bureau de l’Assemblée nationale, à l‘époque présidée par Guillaume Soro.

À l‘étranger, le procès a été largement vu comme « un procès politique » par des défenseurs des droits de l’homme dont Amnesty International qui déclarait lundi redouter l’explosion de l’arbitraire et de l’impunité.

Si le camp de Lobognon se dit satisfait de cette décision de justice, des observateurs eux, la lient à l’agenda politique de l’homme fort de Yamoussoukro. Vendredi prochain, Alassane Dramane Ouattara devrait rencontrer son homologue français Emmanuel Macron. Peut-être une manière pour la justice ivoirienne de montrer patte blanche face à un président dont le pays dit souvent faire des droits de l’homme, un des principes sacro-saints de sa gouvernance.

Né en 1968 à Fresco, Alain Lobognon est depuis 2011 député de cette ville du sud-est de Côte d’Ivoire. En 2011, il entre au gouvernement et occupe le poste de ministre de la promotion de la jeunesse, des sports et des loisirs.

Pointé du doigt dans le détournement des primes de la CAN 2015, le licencié en Relations internationales est évincé de son poste par le Premier ministre Daniel Kablan Duncan sur ordre du chef de l‘État.

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