Coronavirus : les masques DIM distribués aux enseignants sont-ils toxiques ?

Par mesure de précaution, le gouvernement décide de remplacer les masques textiles DIM traités aux zéolites et demande aux fonctionnaires de ne plus les porter, compte tenu des inquiétudes sur leur toxicité. La marque avait pourtant remporté un appel d’offres du gouvernement.

Sommaire

  1. La toxicité des zéolites d’argent et de cuivre au coeur du débat
  2. L’ANSES saisie par le gouvernement pour conduire des tests supplémentaires
  3. Un retrait en accord avec le principe de précaution

Les masques textile à filtration garantie de la marque DIM a suscité plusieurs interrogations, notamment après l’article de Reporterre. Cet article mettait en cause le traitement de ces masques aux « zéolites d’argent et de cuivre » et à la « zéolite d’argent » pour éliminer les bactéries qui pourraient se développer sur les masques, notamment lors du stockage.

La toxicité des zéolites d’argent et de cuivre au coeur du débat

Pourtant, la marque comptait parmi les sociétés qui ont remporté l’appel d’offres du gouvernement qui en a fait l’acquisition au printemps dernier. De fait, ces masques ont été distribués à des agents de la fonction publique d’État (enseignants, gendarmes…), et à des associations. Pour l’anecdote, c’était le masque avec lequel le Président de la République avait failli s’étouffer… 

Selon le ministère de la Santé, « Ces masques sont conformes à la réglementation européenne en vigueur. Les masques ont en outre fait l’objet d’une certification par un organisme indépendant qui a conclu à l’absence de risque pour la santé humaine. Ces masques ont été approuvés dans plusieurs pays étrangers, notamment aux États-Unis et en Allemagne, où ils ont également été distribués« . Une position également mise en avant par la marque sur Twitter, la marque confirmait : « Ces masques ont reçu un traitement pour textiles qui contient des zéolites d’argent et de cuivre afin d’optimiser leurs conditions d’utilisation et dont l’usage est autorisé par la réglementation européenne. » Et assurait que les composants ont été testés « ‘sans substances nocives’ et, par conséquent, ils ne présentent pas de risque pour la santé humaine« . 

L’ANSES saisie par le gouvernement pour conduire des tests supplémentaires

Mais comme le reconnaît le ministère : « un processus de réévaluation de risque de ces zéolites est en cours au niveau européen, conduit par l’organisme compétent (agence européenne des produits chimiques – ECHA). En parallèle de cette réévaluation, une étude datant de fin 2019 a mis en lumière des risques pour la santé de ces deux substances, pour un usage toutefois différent de celui déclaré par les sociétés productrices de masques, et en particulier de la marque DIM. Cette étude se fonde sur des analyses génériques ne permettant pas de conclure à la toxicité des masques traités à la zéolite compte tenu des concentrations présentes dans les masques et des conditions d’exposition« .

Soulignant qu’à ce jour, « les risques pour la santé humaine liés au port de masques traités à la zéolite n’ont pas été démontrés » et que « aucun signalement imputable aux masques traités à la zéolite n’a été effectué auprès du dispositif national de toxicovigilance« , le gouvernement a décidé de saisir l’ANSES pour conduire des tests supplémentaires visant à déterminer, dans les prochaines semaines, les risques attachés à l’usage de ces masques (sans attendre la réévaluation européenne).

Un retrait en accord avec le principe de précaution

Donc en accord avec le principe de précaution, le gouvernement a décidé de retirer ces masques et de les remplacer par d’autres modèles à filtration garantie ne contenant pas de zéolites. Il s’est également assuré auprès des autres fournisseurs de l’absence de ces deux substances.

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