Coronavirus : La Côte d’Ivoire et le Sénégal optent pour des mesures drastiques

En Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso détient désormais le triste record du plus grand nombre d’infections au Covid-19. A la date du 23 mars 2020, le pays totalisait 114 cas, dont quatre décès. Paradoxalement, ce sont les pays qui ne sont pas encore à ce stade qui prennent des mesures draconiennes. Etat d’urgence et confinement progressif en Côte d’Ivoire, état d’urgence au Sénégal. Pendant ce temps, le Burkina tâtonne avec des « mesurettes ».

Alassane Ouattara s’est (encore) adressé à ses concitoyens dans la soirée du 23 mars. Comme un père, il a tenu un langage de fermeté après s’être rendu compte que les premières mesures prises pour stopper la propagation du virus n’étaient pas scrupuleusement respectées.

« Dans cette lutte que nous menons, notre principal ennemi sera l’indiscipline et le non-respect des consignes de prévention. Le manque de discipline nous met en danger et met en danger les autres », a martelé fermement le chef d’Etat ivoirien. Il a en outre regretté la progression continue du virus et au regard de cela, l’état d’urgence a été déclaré sur toute l’étendue du territoire ivoirien à partir de ce 24 mars 2020. Il faut préciser qu’un couvre-feu est aussi en vigueur de 21h à 5h, en plus d’une batterie d’autres mesures.

Aussi, au bord de la lagune Ebrié, un confinement progressif des populations est annoncé par le premier des Ivoiriens et, ce, par aire géographique en fonction de l’évolution de la pandémie. En rappel, la Côte d’ivoire, c’est 25 personnes contaminées au Covid-19 et zéro décès à la date du 23 mars. Malgré tout, Alassane Ouattara évoque « un bilan trop élevé au regard des mesures prises ».

Au Sénégal également, les autorités sont passées à une autre étape. 79 cas officiellement recensés à la date du 23 mars. Un chiffre qui inquiète le chef de l’Etat, Macky Sall, qui a de ce fait déclaré l’état d’urgence sur l’ensemble du pays.

Lent dans la décision face à une propagation rapide

Pendant ce temps, au Burkina Faso, l’on enregistre 114 cas dont quatre décès à la date du 23 mars 2020. La situation est donc visiblement plus grave. Les gares et les aéroports sont fermés, les débits de boisson aussi. Dès demain 25 mars, les marchés le seront également. Un couvre-feu de 19h à 5h du matin est en vigueur. Mais le virus continue de s’étendre, surtout dans son premier foyer, Ouagadougou, qui retient son souffle. Les citoyens continuent de circuler, les établissements financiers grouillent de monde.

N’est-il pas temps de déclarer clairement le confinement ? Parce que, à y voir clair, l’on s’achemine progressivement vers là. Sauf que le virus n’attend pas. Il a une longueur d’avance. Ouagadougou surtout a plus que jamais besoin de cette mesure de confinement, ne serait-ce que partiel. 97 cas officiellement déclarés dans la capitale à ce jour. C’est trop et certainement, d’autres viendront s’ajouter. Il faut donc commencer le confinement surtout que les professionnels de la santé préviennent que le virus est extrêmement contagieux.

Malgré les sensibilisations et autres déclarations, l’autorité doit donner le ton, au regard des chiffres qui ne cessent de grossir.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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