Coronavirus au Burkina Faso : « Il n’y a pas lieu de paniquer », assure Dr Jean Charlemagne Kondombo

Le ministère de la Santé a tenu ce mercredi 11 mars 2020 une rencontre d’information et de formation sur le coronavirus au profit des journalistes. Dr Jean Charlemagne Kondombo qui a animé cette rencontre a indiqué qu’il n’y avait pas lieu de paniquer face à ce virus qui a fait déjà deux cas confirmés dans notre pays.

La maladie à coronavirus (COVID-19) fait depuis de quelques mois l’actualité dans plusieurs pays du monde. Le Burkina Faso a enregistré deux cas confirmés qui sont actuellement en quarantaine au CHU de Tengandogo. Leur état s’améliorerait assure Dr Jean Charlemagne Kondombo, incident manager au ministère de la Santé. A la question de savoir ce qu’il en ait des personnes ayant été en contact avec le couple touché par le COVID-19, Dr Kondombo qui n’a pas révélé leur identité, assure que tout est mis en œuvre pour retrouver ces personnes.

Dr Jean Charlemagne Kondombo, affirme qu’il n’y a pas à paniquer face au coronavirus

« Il y a un travail qui est fait actuellement et qui vise à retrouver tous les cas contacts. Nous avons scindé ces cas contacts en cas contacts de premier degré, de deuxième et de troisième degré. Donc, il y a un dispositif qui est mis en place et qui va permettre de rechercher et de sensibiliser et procéder à l’auto confinement. Une équipe est actuellement sur le terrain en train de faire ce travail. Depuis hier jusqu’à l’heure où je vous parle, les équipes sont sur le terrain pour rechercher ces cas contacts et faire en sorte qu’on puisse les accompagner à bon escient. »

Comment se manifeste la maladie à coronavirus ?

La maladie à coronavirus est une zoonose, c’est-à-dire une maladie qui se transmet des animaux aux hommes, puis se propage de personne à personne. Elle provoque des maladies respiratoires et se propage par les gouttelettes respiratoires. Les symptômes commencent à se manifester 2 à 14 jours après l’infection. Ce sont essentiellement la fièvre, la toux, les difficultés respiratoires pour les cas légers. Pour les cas sévères, on note une pneumonie, un syndrome respiratoire aiguë, l’insuffisance rénale et même le décès.

De l’avis de Dr Kondombo, il n’y a pas lieu de paniquer, car dit-il, le paludisme et les autres maladies respiratoires sont plus mortelles que le COVID-19 qui n’affiche qu’un taux de létalité estimé à 3,2%. Il affirme en effet que dans 80% des cas, le coronavirus est bénin. Ce sont 3 à 5% des cas qui sont compliqués et ce sont en général des patients d’un âge avancé et qui ont le plus souvent d’autres maladies chroniques.

Une vue partielle des journalistes à la rencontre d’information sur le coronavirus

Respecter les mesures d’hygiène, éviter les attroupements

Pour éviter le coronavirus, il convient selon Dr Kondombo de respecter les mesures d’hygiène individuelle et collective et surtout de respecter quelques précautions : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou les frictionner avec du gel hydro alcoolique, se couvrir la bouche et le nez avec le pli du coude ou avec un mouchoir avant de tousser ou d’éternuer et jeter le mouchoir dans une poubelle, respecter une distance de sécurité d’au moins un mètre.

Il est recommandé également d’éviter les contacts avec les animaux et la consommation de produits d’origine animale crus ou mal cuits, d’éviter les contacts rapprochés (salutations, accolades, etc.). Les personnes rentrées récemment de voyage d’un pays touché par le coronavirus devraient observer l’auto confinement pendant au moins quatorze jours et prendre deux fois par jours leur température corporelle et la communiquer à la cellule de veille sur le coronavirus. A la moindre fièvre, la cellule de veille rejoindra le cas suspect où elle se trouve, appréciera la situation et prendre les mesures qu’il faut.

Les attroupements sont aussi à éviter. La ministre de la Santé a d’ailleurs annoncé à l’issue du Conseil des ministres que les rassemblements étaient interdits jusqu’en fin avril 2020. Qu’en est-il des lieux de cultes ? Pr Léonie Claudine Lougué explique que les cultes ne sont pas interdits. Les leaders religieux et coutumiers qu’elle a rencontré le mardi 10 mars 2020 ont assuré qu’ils prendront des dispositions pour lutter contre cette maladie, à travers notamment la sensibilisation des fidèles et la prière.

« Ces leaders d’opinion et autorités religieuses ont promis de se voir et de faire quelque chose pour que la santé des populations soit protégée et qu’on puisse lutter contre cette maladie qui cause la psychose, mais avec laquelle il faut relativiser. Si nous fréquentons les formations sanitaires au moindre signe, si nous consultons très vite, si nous écoutons les mesures de prévention, je pense que la maladie restera bénigne », affirme la ministre de la Santé.

Les journalistes présents à la rencontre

Près de douze milliards pour lutter contre le coronavirus au Burkina Faso

Bien avant que le Burkina Faso n’enregistre de cas de coronavirus, le ministère de la Santé et ses partenaires ont élaboré un plan de préparation et de riposte à une éventuelle entrée de cette maladie sur le territoire. Des dispositions ont été prises aux douze points d’entrée terrestres et aux deux points d’entrée aéroportuaires du pays. La température de chaque passager est relevée et il existe des fiches à remplir par chaque voyageur entrant sur le sol burkinabè, notamment à l’aéroport pour permettre leur suivi.

« Soyez-en sûr, lorsque vous revenez par exemple de Chine, il y a une équipe commise à vous suivre pour avoir le relevé de température et savoir où vous êtes logé, comment vous vous portez, comment votre santé évolue, surtout si vous venez d’un pays touché. Ce relevé est fait quotidiennement, suivi et transmis et en temps opportun, des dispositions sont prises. Il n’y a pas d’échappatoire possible », assure l’incident manager, Dr Kondombo. Le coût global de ce plan s’élève à près de douze milliards de F CFA dont 104 millions immédiatement mobilisables, proviennent du budget de l’Etat au titre du Fonds national de lutte contre les épidémies. Le reste étant à rechercher auprès des partenaires techniques et financiers.

Pour tout besoin d’informations sur le coronavirus, vous pouvez joindre les numéros verts : 01 60 89 89 et 52 19 53 94.

Justine Bonkoungou
Lefaso.net

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