Commune de Bobo-Dioulasso : Le torchon brule entre le maire Bourahima Sanou et des maires d’arrondissement

A Bobo-Dioulasso, le torchon brule entre le maire de la commune, Bourahima Sanou, et des maires d’arrondissement. En effet, le conseil municipal avait prévu la tenue de sa 1ère session ordinaire de l’année, du 16 au 18 juillet 2020. Ainsi, après l’appel nominatif des conseillers dans la matinée du jeudi 16 juillet (jour de l’ouverture des travaux), ce sont seulement 77 conseillers sur un quorum de 101 qui avaient répondu présent. Ce qui n’a pas permis la tenue de cette session. Pour le bourgmestre, les raisons avancées pour le boycott de cette session sont diverses. Lesquelles raisons sont loin de refléter la vérité, selon des maires d’arrondissement.

La première session du conseil municipal de Bobo-Dioulasso s’est ouverte le jeudi 16 juillet 2020 dans un climat tendu. Cette session a été malheureusement reportée à cause du boycott de conseillers municipaux, reprochant au maire Bourahima Sanou, sa présumée proximité avec des sociétés immobilières. En effet, seulement 77 conseillers sur un quorum de 101 avaient répondu présent à l’ouverture de cette session.

Pour l’édile, les raisons avancées pour le boycott de cette session sont diverses. Il a évoqué le cas de parcelles reçues par des conseillers de la part de sociétés immobilières et pour lesquelles, il aurait fait un communiqué pour les appeler à la prudence. Aussi, le maire a fait savoir que des maires d’arrondissement lui reprocheraient une tentative de diminution des budgets de fonctionnement des arrondissements, une mauvaise gestion des engins lourds de la commune et aussi un manque de cadre de concertation.

C’est suite à cette réaction du maire de la commune que certains maires d’arrondissement ont animé une conférence de presse le vendredi 17 juillet 2020, pour, disent-ils, établir la vérité quant aux propos tenus par le maire. Etaient au présidium, les maires des arrondissements 2, 3, 4 et 7. Selon les conférenciers, les propos du maire de la commune sont loin de refléter la vérité. Laquelle vérité s’articule selon eux, autour de deux points.

« Premièrement, nous avons reçu une correspondance du maire de la commune nous demandant de réduire nos budgets de 30 millions et ce, du fait de la situation sanitaire qui a plombé l’activité économique. Nous sommes certes conscients de la situation. Mais ensemble, nous, maires d’arrondissements, avions fait savoir que si on touchait à nos budgets, ça serait difficile pour nous. Deuxièmement, nous avons constaté sur le budget communal, qu’il y avait une hausse de 40 millions sur le volet carburant. Ce qui amène cette rubrique à des centaines de millions. Si cette hausse du carburant c’est pour travailler dans l’intérêt des populations de Bobo-Dioulasso, nous sommes d’accord. Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux pour laisser la gestion du carburant et des engins lourds par des personnes qui ne sont ni des maires d’arrondissements ou des adjoints au maire de la commune » a expliqué Hermann Sirima, maire de l’arrondissement 7 de Bobo-Dioulasso.

Le présidium composé (de la droite à la gauche) des maires d’arrondissement 2, 7, 4 et 3

Face à ces discordes, dit-il, « nous avons dit que cette fois-ci, il faut qu’on se parle sérieusement pour voir dans quelle mesure on peut mettre en place un planning de la gestion des engins lourds de manière tournante dans les arrondissements afin que les populations ressentent l’impact de l’acquisition de ces engins qui ont coûté plus d’un demi-milliard de francs à la commune ».

Ainsi, les maires d’arrondissements selon Hermann Sirima, se sont rendus chez le maire de la commune à son bureau, afin d’échanger avec lui, pour trouver des points d’accord avant l’arbitrage du budget puis de la session. « Ce jour-là, le maire de la commune nous a ridiculisé car il nous a demandé de libérer son bureau tout en indiquant qu’à l’avenir, il ne tiendrait plus de rencontre avec les maires d’arrondissements » a-t-il regretté avant de signifier qu’il ne saurait y avoir de développement si les acteurs n’ont pas un cadre de concertation où ils échangent pour se mettre d’accord sur des points de divergence.

Le maire de l’arrondissement 4, Bakoné Millogo, d’appuyer que le maire de la commune n’a jamais collaboré avec les maires d’arrondissement. Le boycott de la session selon eux, est consécutif au compte rendu de la rencontre avec le maire que chaque maire d’arrondissement a fait à son conseil d’arrondissement. « Les conseillers municipaux n’ont pas du tout bien apprécié le comportement du maire vis-à-vis de nous qui avions été mandaté par eux » explique Hermann Sirima. De la question foncière avancée par le maire pour justifier leur refus de participer à la session, les conférenciers estiment que c’est une manière pour ce dernier non seulement de déplacer le débat mais aussi de leur mettre la population sur le dos.

La session a été reportée dans quinze jours et le maire Bourahima Sanou a souhaité que les conseillers répondent à la prochaine convocation car la tenue de la session avortée est dans l’intérêt de tous car dit-il, c’est une session budgétaire. ‹‹ Je pense que la tenue de cette session est dans l’intérêt de tous. Cette manière de faire n’est pas ce qui peut nous permettre d’aplanir nos points de divergence. C’est d’ailleurs aux sessions que ces genres de question peuvent trouver leurs réponses. Mais si c’est le choix de certains, je pense qu’on ne peut que prendre acte et rendre compte à la tutelle›› a-t-il conclu.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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