Centre écotouristique de Bagré : La renaissance

Après une traversée du désert, le centre écotouristique de Bagré renait de ses cendres. Placé sous l’aile de Bagrépôle, ce petit bout de paradis attire de plus en plus de visiteurs dans un cadre de recréation idyllique, depuis décembre 2019, mois de sa réouverture. Situé aux bordures du deuxième plus grand barrage du Burkina, ce complexe hôtelier dirigé par Joël Euric Capo-Chichi, mérite bien un voyage. Zoom sur l’un des vestiges de l’ile de Formose à Bagré, en pleine renaissance.

Ici à Bagré, commune située à 220 kilomètres de Ouagadougou, c’est presque un crime de lèse-majesté de visiter les plaines rizicoles sans faire un tour au centre écotouristique (CET). Ne serait-ce que pour humer l’air frais, écouter le silence des arbres, marcher pieds nus sur la plage artificielle. S’évader tout simplement. Pour les visiteurs qui veulent décompresser et partager des moments intimes en famille ou entre amis, le centre écotouristique semble être donc la destination à ne manquer.

Il y en a pour toutes les bourses

Bati sur une superficie de 20 hectares, le centre écotouristique fait partie du rêve « Bagrépôle. Il comprend 42 bungalows, toutes catégories confondues. Chacun trouvera son compte en fonction de sa bourse. Selon le responsable de l’hébergement, Armel Zabré, il y a les bungalows de type F4 (trois chambres + salon), de type F3 (deux chambres + salon), de type F2 (chambre + salon). Toutes les chambres de type F2, F3 et F4 sont climatisées et les tarifs sont respectivement de 22 500, 32 500 et 50 000 F CFA par jour.

Joël Euric Capo-Chichi, directeur d’exploitation du centre écotouristique

Quant au bungalow de type F1, il est composé d’un studio climatisé ou ventilé et d’une salle de bain. La chambre ventilée coûte 10 000 F tandis que le client devra débourser 12 500 FCFA pour loger dans la chambre climatisée.

« Tous ces tarifs peuvent être revus à la baisse en fonction du nombre de personnes et de la durée du séjour », a rassuré M. Zabré.

Promotion des produits locaux

Le centre écotouristique de Bagré, c’est aussi son restaurant et son bar, tous climatisés. Le restaurant tenu par le cuistot, Soubeiga Maurice, n’offre que des mets avec les produits issus du maraichage, de l’élevage et de la pêche locale. « Par exemple, dans nos plats, il n’y a que le poisson de Bagré. Et quand il n’y a pas de poisson de Bagré, sachez que vous n’aurez pas de poisson au menu », lance le chef cuisinier. Du côté du bar climatisé, on retrouve des jus naturels faits à base de tamarin, de mangue, de pain de singe, de bissap, de gingembre. Les amateurs de whisky, de vin, de bière trouveront également leur compte tout en suivant les infos sur un écran géant.

Une vue partielle des bungalows

Un espace sécurisé

Les salles de conférence entièrement équipées en matériels de visioconférence offrent l’occasion, en cette période de crise sanitaire, de rester connecté au reste du monde. Que dire de l’accès au wifi gratuit pour les clients, de la grande paillote, de l’espace jardin pouvant accueillir 500 personnes, de la grande piscine de l’espace de jeux pour enfants ? Toutes les commodités sont réunies, dans un cadre sécurisé par des vigiles, et des gendarmes qui y organisent des rondes.

Au centre écotouristique, l’on fait également la promotion des centres de profit de Bagrépôle à travers la mise en place du tourisme de vision. Ce circuit, selon le directeur d’exploitation, Joel Euric Capo-Chichi, comprend la zone rizicole, le centre piscicole, l’institut de formation et de développement rural, le village des pécheurs et toute autre unité implantée dans la zone.

Armel Zabré, responsable de l’hébergement

La période de disette

Ce bout de rêve qu’offre le centre écotouristique n’aurait pas été possible si le centre n’avait été remis en route par Bagrépôle, à l’orée de la fête du 11-Décembre à Tenkodogo, après les difficultés d’exploitation rencontrées par des opérateurs privés.

Une première expérience, avec un grand hôtelier de la place pendant un certain temps, n’a pas été concluante. Bagrépôle a lancé un appel d’offres pour recruter par voie d’appel à candidature une seconde entreprise privée. Mais cela n’a pas donné les résultats escomptés jusqu’à ce que le centre écotouristique soit fermé. « Le centre avait vraiment besoin d’une veille. C’est un espace qui a besoin qu’on ait au quotidien un regard sur tous les départements afin que la clientèle qui y séjourne serve de relai de communication pour pérenniser les activités », reconnait M. Capo-Chichi.

La résiliation du contrat avec le gestionnaire privé a entrainé une bataille judiciaire. Procès que ce dernier a perdu en 2018 en première instance avant de faire appel. Mais il a perdu de nouveau.

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Vue de la piscine à partir de la paillotte

« La destination à ne pas manquer »

Aujourd’hui, le centre écotouristique a fait peau neuve et rêve grand malgré la crise sanitaire et l’insécurité générale qui a fait baisser le taux de fréquentation. De 2019 à mi-2020, plus de 2000 personnes ont visité le centre, à en croire le directeur. Mais ces derniers jours, il dit noter un regain des visites individuelles ou groupées avec notamment les sorties d’élèves.

Le centre écotouristique se veut donc la destination à ne pas manquer et son premier responsable ne dira pas le contraire. « Nous ne pouvons pas bénéficier d’un si beau cadre naturel et nous laisser conter ce qui s’y passe. Tout le monde doit venir profiter d’un instant de bonheur et profiter de cette beauté que nous offre la nature », recommande Joël Euric Capo-Chichi.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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