CDP « Les trois cadres retraités qui soutiennent KDO veulent-ils prolonger leur vie active ? », s’interroge Karim Traoré

La question de la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo continue de faire des vagues au sein du CDP. L’auteur de cet écrit tente d’expliquer les motivations des bonzes de l’ex-parti au pouvoir qui soutiennent cette candidature. Lisez plutôt !

Les choses se précisent davantage, on en sait un peu plus sur les réelles motivations des trois cadres du CDP (Léonce Koné, Boureima Badini et Salia Sanou) qui soutiennent la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo (KDO). S’ils font chorus sur la candidature de l’ancien président de la commission de la CEDEAO, maintenant admis à la retraite comme eux, pour la présidentielle de 2020, c’est moins dans le rêve de le voir s’installer à Kosyam que leur propre objectif de prolonger leur vie active. Se refaire une autre vie après la retraite, leur passe par-dessus tout. Ce qui semble expliquer leur pugnacité, chacun à son niveau, à vouloir prendre le contrôle du parti, au point de perdre leur crédibilité en commettant des impairs aussi gravissimes pour le parti qui, pourtant, reprend sereinement du poil de la bête depuis son dernier congrès tenu en mai 2018. Il vous souviendra que la bataille a été rude et sans pitié entre les prétendants à la présidence de l’ex-parti au pouvoir amenant certains à se demander légitimement ce qu’avaient derrière la tête certains candidats au poste, qui sont allés jusqu’à brûler la politesse au fondateur du parti, Blaise Compaoré, en refusant d’écouter ses conseils. Sans langue de bois, il s’agit de Boureima Badini. Se portant candidat, il a ainsi fait fi des conseils avisés de Blaise Compaoré qui lui avait recommandé le poste de vice-président en laissant Eddie Komboïgo se succéder à lui-même. Et ce qui devait arriver arriva : il a été battu au vote. Si l’on revient sur cet épisode, c’est qu’il aura contribué à semer la confusion au sein du parti. Depuis cette défaite que lui et ses soutiens Léonce Koné et Salia Sanou ont toujours du mal à digérer, ils ont créé le G33 (allusion faite aux 33 voix récoltées dans les urnes) qui est prêt à tout pour dynamiter le CDP. D’ailleurs, ce G33 n’existe maintenant que de nom d’autant que les trois quarts des membres ont déjà fait défection pour réintégrer les rangs c’est-à-dire rejoindre le camp de Eddie Komboïgo. Ce qui est curieux, c’est que Badini avait été reçu en audience à  Kosyam par Roch Marc Christian Kaboré quelques jours avant la tenue du congrès, renforçant ainsi les soupçons de rouler pour le MPP. Et selon des sources dignes de foi, son principal messager auprès du parti au pouvoir serait l’ambassadeur du Burkina en Côte d’Ivoire avec qui, d’ailleurs, il a voyagé sur le Burkina en décembre dernier. C’est comme pour faire bien, il décide de jouer à la politique du lépreux qui ne peut traire le lait, mais qui sait comment renverser la calebasse de lait. M. Badini n’étant pas parvenu à prendre la tête du parti a donc suscité avec les autres la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo à la présidentielle. Sinon, pourquoi ne s’est-il pas plutôt battu pour amener KDO à être candidat à la présidence du CDP que de se battre aujourd’hui pour qu’il soit candidat à la présidentielle de 2020 alors qu’étant cadre du CDP, il sait bien que celui-ci présentera un candidat désigné par le parti? Question pour un militant. Plus d’un est désemparé par ces comportements de l’ancien Garde des Sceaux du président Compaoré. Et ce n’est pas pour rien que lorsqu’il s’est rendu à la cérémonie de présentation de vœux du député Wendyellé Sawadogo, des militants s’en sont pris à lui pour qu’il justifie sa présence à Bobo-Dioulasso au lancement de la candidature de KDO. Balbutiant, Badini aurait réaffirmé, sans trop de conviction, qu’il demeure au CDP malgré tout, sous les huées des militants. Sous cette pression, il s’est vu obligé de quitter les lieux avant la fin de la cérémonie. Rien ne semble simple pour l’ancien médiateur de la crise ivoirienne qui s’est reconverti, entre-temps, dans le commerce de l’anacarde où il s’est fait arnaquer par les collecteurs. D’où son retour étonnant au sein du CDP avec ces attitudes incompréhensibles en oubliant que le parti n’est pas un fonds de commerce.  Quant à Léonce Koné, depuis qu’il a perdu le directoire du parti, il a mis en place la stratégie de « tout sauf Eddie » en jetant tout son dévolu sur KDO. Il a été un des rédacteurs du discours de déclaration de candidature que devrait lire Kadré Désiré Ouédraogo (KDO) le 16 février 2019 à Bobo-Dioulasso. Mais, le problème est que celui-là qui passe pour être désormais son mentor n’a pas daigné lire ce fameux discours. Il les a tous pris à contre-pied en lisant un autre qu’il avait soigneusement lui-même rédigé. De retour à Ouagadougou, Léonce Koné aurait fait des remontrances à KDO tout en  lui demandant d’aller au moins reconnaître, sur une chaîne de radio de la place, notamment Ouaga FM pour ne pas la citer, qu’il a été fait par Blaise Compaoré. Mais, Monsieur Koné ne sera pas au bout de ses surprises car, une fois au studio, KDO a clairement dit qu’il sera candidat indépendant à la présidentielle de 2020. Le laissant ainsi dans le désarroi, un sursaut d’orgueil l’amène à aller accorder une interview dans un journal de la place. Un jeu de ping-pong qui ne fait que le discréditer. Lui Léonce Koné qui s’était foncièrement opposé à la candidature de Eddie Komboïgo (tout sauf Eddie), s’est finalement résolu à faire des concessions pour reconnaître la qualité de sa candidature tout en suggérant d’admettre KDO comme candidat du CDP. Peine perdue, KDO s’est déjà déclaré candidat indépendant sur Ouaga FM.   Venons-en au troisième soutien de KDO, à savoir Salia Sanou. Ce dernier ayant été proposé par le clan Badini au poste de vice-président du CDP, le vieux Salia Sanou sentant maintenant la fin de sa carrière politique en étant hors du Bureau exécutif national et de la section provinciale du Houet, s’est jeté corps et âme comme un soutien désespéré à la candidature de KDO. Espérant ainsi occuper une place de choix. Il n’a donc pas hésité à envoyer une vingtaine de cars des villages, prétextant que le meeting de KDO le 16 février était une réunion du CDP. N’ayant pas réussi à tromper le bon sens des militants, il s’est rabattu sur les élèves à qui on a remis 1000 F CFA pour remplir la salle et qui l’ont même vidée avant la fin de la cérémonie. Tout porte à croire que les trois soutiens de KDO sont des retraités qui espèrent prolonger leur vie active auprès d’un candidat lui-même retraité. Fort heureusement, au sein du CDP, de vaillants cadres ont décidé de soutenir le parti jusqu’au bout. Sont de ceux-là, Mélégué Traoré, Sanné Mohamed Topan, Yéro Boly, Bognessan Yé, Frédéric Korsaga et on en passe.

Karim Traoré
k.traore@gmail.com

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