Cash transfert au profit des personnes vulnérables affectées par le Covid-19 : Environ 43 000 bénéficiaires attendues

Ce sont environ 2 milliards 850 millions de francs CFA qui seront versés à 43 000 bénéficiaires directs, soit 301 000 bénéficiaires indirectes des villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso (en moyenne 7 personnes par ménage). Ce, dans le cadre de l’opération cash transfert au profit des personnes pauvres et vulnérables affectées par le Covid-19. Cette initiative, qui s’inscrit dans la composante 5 « composante d’intervention et d’urgence éventuelle » du projet Filets sociaux « Burkin naong saya », a été officiellement lancée ce mardi, 26 mai 2020, à Ouagadougou.

Dans la pratique, cette intervention qui vise à renforcer la résilience des populations vulnérables face à la pandémie du Covid-19 et l’insécurité sociale, va consister à faire des transferts monétaires de 20 000 francs CFA par mois, pendant trois mois (mai, juin et juillet) à environ 43 000 bénéficiaires. Le processus de ciblage, selon la ministre de la femme, Laurence Ilboudo/Marchal, a été fait selon des critères de vulnérabilité du projet Filets sociaux tels que le niveau de revenu, la taille du ménage, le nombre de repas par jour et l’existence éventuelle d’une situation de handicap.

C’est ainsi qu’il est prévu un transfert monétaire à 20 000 vendeuses de fruits et légumes vulnérables des marchés et yaars des communes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et leurs périphéries ; un transfert monétaire à 20 000 autres ménages vulnérables des communes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et leurs périphéries. En plus de ces 40 000 bénéficiaires, le projet prévoit un soutien à 3 000 autres ménages pauvres directement touchées par le Covid-19.

« On parle de 43 000 bénéficiaires potentiels parce que sur les 3 000 cas attendus, nous n’avons pas encore le nombre de ménages attendus. Les 3 000 personnes, ce sont les malades, les personnes indigentes. Toutes les personnes qui ont été infectées par cette maladie et qui ont besoin d’assistance, peuvent venir nous voir pour que nous puissions les accompagner dans leur relèvement » a indiqué Laurence Ilboudo Marchal, précisant que toutes les bénéficiaires seront des femmes.

Mieux, dit-elle, il est prévu l’extension des transferts à 50 000 ménages vulnérables des zones rurales touchées si le virus venait à se propager dans tout le Burkina. « Nous avons souhaité une certaine flexibilité de notre partenaire qu’est la Banque mondiale pour pouvoir étendre le projet selon la propagation de la maladie et la vulnérabilité des personnes » a souligné la ministre de la femme.

Du côté des bénéficiaires, la porte-parole, Léonie Korgho, salue cette initiative du gouvernement, mais souhaite néanmoins qu’une autre aide, sous forme de prêt, soit accordée aux femmes. Ce geste, dit-elle, leur permettra de relancer réellement leurs activités. Cette requête, selon la ministre de la femme, est déjà prise en compte au niveau du Fonds d’appui aux activités rémunératrices des femmes ( FAAF).

Nous avons tenu compte du niveau d’instruction des bénéficiaires

Rodrigue Zabsonré, le directeur général de Yup Burkina, explique que les bénéficiaires pourront utiliser tout type de téléphone et toutes les sims des trois opérateurs de téléphonie mobile du Burkina pour la présente opération. Tenant par ailleurs compte du niveau d’instruction des bénéficiaires, il a indiqué qu’aucune n’aura à saisir des données pour effectuer le retrait de son cash.

Les bénéficiaires étant au préalable enrôlées sur la plateforme Yup avec leurs CNIB en cours de validité et leurs numéros de téléphones, n’auront qu’à se présenter dans un point de vente Yup. « La bénéficiaire indique juste son numéro de téléphone et le montant qu’elle souhaite retirer. (…) Elle reçoit un appel, décroche et rapproche son appareil du terminal de l’agent Yup. L’authentification se fait par échange de sons cryptés entre les deux appareils et une fois validée, la bénéficiaire peut récupérer son cache. Un ticket est émis comme preuve de l’opération », a-t-il signifié.

Financé par la Banque mondiale et mis en œuvre au Burkina depuis le 26 septembre 2014, le projet Filets sociaux a pour objectif « d’accroître l’accès des ménages pauvres et vulnérables et d’établir les fondements d’un système adaptatif de filets sociaux au Burkina Faso ». A ce jour, le projet est exécuté dans 5 régions du Burkina (Nord, Est, Centre-Est, Centre-Ouest et Sahel) et a permis de transférer la somme de 20 milliards 669 millions 50 mille francs CFA à 69 755 ménages pauvres et vulnérables.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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