Candidature à la Présidentielle 2020 : KDO constant, Badini-Koné-Sanou ridicules !

Sauf cataclysme de dernière minute, Kadré Désiré Ouédraogo sera candidat à la Présidentielle 2020. A la faveur d’un prétendu appel à lui lancé par des personnalités dont certains caciques CDP à savoir Boureima Badini, Léonce Koné et Salia Sanou, l’ex-Premier ministre de Blaise Compaoré a marqué son accord pour une « candidature indépendante ». Malgré ce choix du principal concerné, ses trois courtisans, tapis au sein de l’ex-parti majoritaire continuent de semer la zizanie dans l’opinion. Seul un come-back sur l’origine de cette « tempête dans un verre d’eau » permet de cerner le plan machiavélique du trio Boureima Badini-Léonce Koné-Salia Sanou pour non seulement briser l’élan de cohésion au sein du CDP sur fond de vengeance contre son actuel président mais aussi espérer un onirique piédestal social et économique d’un KDO Président.

Un retour dans l’histoire est nécessaire pour comprendre l’enjeu du double jeu politique qui se joue envers et contre le CDP actuellement. Alors que le parti attend le moment opportun pour définir les critères pour constituer les dossiers de ses « candidats à la candidatures » pour la Présidentielle 2020, des oiseaux de mauvais augure annoncent déjà sa prise d’otages par la déclaration de candidature de Kadré Désiré Ouédraogo. Alors que celui-là même a été pressenti par l’ex-parti au pouvoir pour porter ses couleurs en 2015. Mais KDO avait à l’époque, opposé un refus catégorique.  En effet, lorsqu’en 2015, Eddie Komboïgo a été élu à la tête du CDP, il a multiplié les sorties de terrain qui ont drainé du beau monde. Cela a redonné espoir à des militants désemparés depuis la débâcle des 30 et 31 octobre 2014 et permis de recoller les morceaux d’un parti déjà en mal à sa cohésion. Cet élan de reconstitution a révélé les capacités de mobilisation du nouveau président de l’ex-parti majoritaire. A tel point que les autorités de la Transition n’ont pas manqué de subterfuges pour l’écarter de la course au pouvoir. Dès que la loi Chériff a été adoptée et promulguée, Eddie Komboïgo et ses camarades vont aussitôt faire preuve de sagesse et suggérer à Kadré Désiré Ouédraogo de porter la candidature du CDP à la Présidentielle de Novembre 2015.

Après moult tractations, une rencontre ultime va même se tenir au domicile de l’ex-Chef d’Etat, Jean Baptiste Ouédraogo, au sein même de la Clinique Notre Dame de la Paix à Somgandé. Y ont pris part Zembendé Théodore Sawadogo (cadre du parti ressortissant du Centre-Nord), Emile Kaboré (actuellement en cabale), Kadré Désiré Ouédraogo ressortissant du Centre-Nord) en personne, Léonce Koné (négociateur en chef) et Jean Baptiste Ouédraogo, également ressortissant du Centre-Nord. L’objectif de cette conclave était de convaincre Kadré Désiré Ouédraogo d’accepter de défendre les couleurs du CDP à ce tournant politique décisif. Après plus de 2h30 mn d’horloge d’intenses débats, KDO décline l’offre sous prétexte que « le CDP traine un lourd passif à cause du grave préjudice causé au peuple par Blaise Compaoré, Roch Marc Christian Kaboré, Salif Diallo et Simon Compaoré ».

C’est même Léonce Koné qui fera le point de cette ultime rencontre à la direction du parti. Suite au refus catégorique de KDO d’accéder à la requête du CDP, Eddie Komboïgo a pris ses responsabilités. Une période de « Candidatures à la candidature » a été ouverte. Après échéance, KDO ne s’est toujours pas manifesté. Une requête va être alors adressée au président du Parti par Rasmané Daniel Sawadogo, promoteur de la compagnie aérienne SARADA International dont l’avion a été cloué au sol pour fausse immatriculation et absence d’assurance. C’est ainsi que le Président du parti a accordé une prorogation du délai de dépôt des dossiers de « Candidatures à la candidature » de 72 h puis d’une semaine. Malgré cette preuve de disponibilité, KDO resta silencieux. Achille Tapsoba, chargé de présider le collège de désignation du candidat CDP, va même rentrer en contact avec KDO pour lui demander, encore une fois, de manifester sa candidature soit par lettre manuscrite ou dactylographiée avec signature, soit par mail.

Une coalition de « bras cassées » partagé entre un désir vengeance et une volonté de retourner à la soupe

A cette énième démarche, KDO demeure muet comme une carpe. Le collège de désignation s’est vu donc obliger de statuer sur la seule candidature de Eddie Komboïgo dont le dossier a été retenu pour sa qualité et sa conformité avec les critères préalablement définis. KDO pris subitement d’appétit insatiable pour la Présidentielle, semble constant dans sa démarche. Il a lui-même relevé dans sa déclaration de candidature au Palais de la Culture à Bobo-Dioulasso, le 16 février dernier qu’il est « candidat non partisan ». Il va le réaffirmer dans une interview accordée à Ouaga FM le 23 février et sur RFI, le 4 mars. Ainsi, KDO ne fait pas de mystère sur le caractère indépendant de sa candidature. Qu’est-ce-qui justifient alors les soubresauts et la zizanie malicieusement entretenus par les trois mousquetaires que sont Boureima Badini, Léonce Koné et Salia Sanou ?

Tout porte à croire qu’ils sont mus par un désir de vengeance contre le Président du CDP et nourrissent une volonté de se faire une santé financière avec le rêve de propulser KDO au pouvoir. Pour preuve, ils se lancent dans une démarche d’actions et de communication pour prendre le contre-pied de KDO lui-même. « Il est prématuré de dire que Kadré Désiré Ouédraogo s’affiche en indépendant », affirme cyniquement, Léonce Koné, dans le journal « Le Pays » N°6783 du mardi 26 février 2019. Avec la casquette de caciques du CDP, les trois courtisans de KDO se sentent dans la peau des RSS (Roch-Salif-Simon) pour se constituer en BLS (Boureima-Léonce-Salia). Sauf qu’aucun d’eux n’ose se porter au-devant du combat. Ils sont guidés par des desseins inavoués. Auréolés de leur maturité politique, les dirigeants du CDP et la majorité des militants ont compris leur jeu malsain. Ils se susurrent même qu’ils brandissent KDO comme un fonds de commerce alors qu’ils œuvrent pour le compte du MPP et du régime en place dans l’optique de déstabiliser leur propre parti. Le trio BLS est partagé entre le désir de vengeance et la volonté de revenir à la soupe.

Après avoir été Représentant spécial du Facilitateur (RSF) en Côte d’Ivoire, Boureima Badina s’est constitué un beau pactole qui s’est malheureusement volatilisé devant ses ambitions démesurées de se muer en opérateur économique. En voulant investir dans la filière de la noix de cajou, M. Badini s’est vu flouer par les collecteurs de noix et a perdu beaucoup d’argent. Il a du mal à se relever de cette déconvenue financière qui a porté un grand coup à ses économies. A travers son ralliement à la candidature de KDO, il rêve de prendre non seulement sa revanche sur Eddie Komboïgo mais aussi il espère se refaire une santé financière en faisant main basse sur le budget de campagne de celui-ci. Quant au banquier à la retraite, Léonce Koné dont on se souviendra que c’est sa gestion calamiteuse qui a précipité la Banque agricole et commerciale du Burkina (BACB) dans la faillite. Il éprouverait actuellement d’énormes difficultés à maintenir son train de vie de pacha. L’accession d’un septuagénaire, qu’il aura soutenu, à la tête du pays lui sera bénéfique pour se la couler douce aux frais de la princesse. En ce qui concerne Salia Sanou, les évènements des 30 et 31 décembre 2019 lui ont tellement causé de préjudice qu’il se cherche vraiment. En effet, son domicile et ses biens ont été saccagés. Son seul souhait, c’est de retrouver son assise sociale d’antan et reconquérir la mairie de Bobo-Dioulasso. L’ancien maire de Sya avait même négocié un poste de Vice-président du parti avec le candidat malheureux Boureima Badini.

En effet, lorsque Eddie Komboïgo a obtenu sa liberté provisoire en 2016, il a d’emblée fait comprendre à la direction du parti qu’il ne souhaite pas reprendre immédiatement la tête du parti par respect pour l’institution judiciaire étant donné qu’il reste inculpé dans le dossier du putsch. Il a tout de même indiqué qu’il soutiendrait, dans son silence, le bon fonctionnement du parti. Eddie Komboïgo ira jusqu’à marquer son accord pour la mise en place d’une commission adhoc, dirigé par Léonce Koné et chargé de remettre les structures du parti en place. Une fois à la tête de cette instance, l’ancien Directeur Général de la BACB va user de manigances dans le but d’empêcher le retour du Président statutaire. En décembre 2017, lorsque la chambre de contrôle du Tribunal militaire prononce un non-lieu en faveur de Eddie Komboïgo, il déclarera aussitôt qu’il ne reviendra à la tête du CDP qu’avec l’accord des instances. Face à cette posture pleine d’humilité et de sagesse politique, Léonce Koné s’oppose vertement à un éventuel retour de Eddie Komboïgo. Il multiplie alors les va-et-vient sur les bords de la lagune Ebrié.

Un plan machiavélique indigne de camarades politiques

Devant son attitude inqualifiable, le Haut Conseil s’interpose pour recadrer les choses en ces termes :« Etant donné que Eddie Komboïgo, président statutaire du parti, n’a pas démissionné, il appartient au Bureau politique national (BPN) de statuer sur son éventuel retour à la tête du parti ». Ainsi le 28 février 2018, une session du BPN reconduit Eddie Komboïgo au poste de Président du parti dont l’intérim a été brillamment assuré par son premier vice-président Achille Tapsoba. Le BPN a aussi instruit le Président du Parti d’organiser un congrès ordinaire les 5 et 6 mai 2018. Ledit congrès, tenu avec brio, va plébisciter Eddie Komboïgo à la tête du CDP au détriment de Boureima Badini.

Après avoir livré un discours de ralliement à la cause commune, l’ancien Représentant spécial du Facilitateur (RSF) en Côte D’Ivoire, va vite se révéler un fin torpilleur en initiant le Groupe 33-un regroupement au nombre de ceux qui l’ont voté dans son duel contre Eddie Komboïgo-pour appeler à la candidature de KDO. Il s’adjoint les services d’un autre « bras cassé » de la communication en la personne de Issaka Lingani. Son manque de professionnalisme a causé la disparition de son journal « L’Opinion » aux lendemains de la chute du régime de Blaise Compaoré. Baignant dans une galère ambiante, il mise sur KDO pour se reconstituer des ressources financières comme aux bons vieux temps.  Pendant six mois, Boureima Badini et ses acolytes vont redoubler d’efforts mais la mayonnaise tarde à prendre. Le G33 se mue en association « G33 Dignité » pour appeler au retour de Blaise Compaoré.

Les militants du CDP opposent une extrême prudence vis-à-vis de cette trouvaille malicieuse. Là encore, le mouvement tarde à prendre malgré le nom de Blaise Compaoré mis en avant abusivement. Le « G33 Dignité » se scinde alors avec la création du Mouvement des jeunes pour le dialogue et le développement (MJDD) mené par Mathias Ouédraogo, qui a perdu le poste de responsable des jeunes du Kadiogo. Le tour est joué. Le MJDD vient à la rescousse pour appeler, encore une fois, à la candidature de KDO à Ran Hôtel Somkiéta. L’échec est cuisant pour Léonce Koné et Thibault Nana qui étaient présents. Seules 30 places seront occupées dans une salle de 500 places. Après ces balbutiements qui lui ont fait perdre du temps et de l’argent, KDO décide lui-même de prendre les choses en main. Il organise de la manière la plus ridicule, un arbre de Noël le 26 janvier 2019 à Kaya.

Cette activité verra une très faible mobilisation. Devant cette poisse, les stratèges du Kadiogo entre en scène pour sauver la face. Ils se proposent de mener une activité à Ziniaré, le 2 février 2019, jour de son anniversaire, pour appeler au retour de Blaise Compaoré, espérant ainsi une forte adhésion. L’échec sera lamentable. Pas plus de 300 personnes seulement répondent à l’invitation. En désespoir de cause, le duo Badini-Koné jette son dévolu sur le vieux Salia Sanou et porte le choix sur Bobo-Dioulasso pour le lancement de la candidature de KDO. Au rendez-vous crucial du 16 février 2019 au Palais de la Culture, les initiateurs ont dû recourir à des méthodes malsaines pour s’attirer du monde. Ils ont usé de mensonges pour avoir à leur cause certains militants du CDP qui regrettent aujourd’hui d’avoir pris part à cette sordide aventure. Ils ont ensuite joué sur la misère des élèves et des étudiants, à coup de billets de 1 000 et 2 000 F CFA par personne afin de ne pas encore perdre la face cette fois-ci. La salle a été certes remplie mais les participants ne se sont pas montrés si motivés pour la cause à tel point que beaucoup ont quitté les lieux avant même que KDO ne prenne la parole pour sa déclaration de candidature.

Donatien FOFANA

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