CAN : l’Algérie bat le Nigeria 2 à 1 et rejoint le Sénégal en finale

Le Sénégal et l’Algérie s’affronteront en finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football. Dimanche 14 juillet, la sélection algérienne s’est qualifiée après sa victoire 2 à 1 contre le Nigéria. Plus tôt dans la soirée, ce sont les « Lions » qui ont battu la Tunisie 1 à 0 après prolongation.

Scènes de liesse de supporteurs de l’équipe d’Algérie

« Le peuple veut la Coupe d’Afrique ! » : la revendication populaire des fans algériens, sans cesse exprimée dans les travées du stade international cairote, avait perdu de son souffle après une intervention défavorable de l’assistance vidéo et un tir repoussé par la barre dans les dernières minutes.

Les Fennecs de Djamel Belmadi ont ouvert le score à la 40e avec l’aide involontaire du Nigérian William Ekong, avant qu’Odion Ighalo et ses Super Eagles ne répliquent à la 73e sur penalty. Dans le temps additionnel, l’Algérien Riyad Mahrez a délivré ses équipiers d’une frappe puissante.

Les supporteurs de l’équipe de foot d’Algérie sont venus en nombre dimanche soir fêter leur qualification à l’Arc de Triomphe et sur les Champs Elysées, à Paris. Peu après 23 heures, cris de joie, feux d’artifice, pétards et concerts de klaxons résonnent sur la célèbre avenue, prise d’assaut par des jeunes à plusieurs sur un scooter ou célébrant la victoire par le toit ouvrant de leur voiture.

Alors qu’une vingtaine de supporteurs avaient envahi la chaussée au coup de sifflet final, des policiers sont rapidement intervenus pour les repousser vers le trottoir, parfois à coups de matraque. Les forces de l’ordre sont fortement mobilisées en vue d’éventuels débordements. Aux alentours de 1 h 30, les CRS ont essuyé plusieurs lancers de projectiles, près de l’Arc de Triomphe.

Certains lieux se sont barricadés par mesure de précaution ; c’est notamment le cas du restaurant des Champs Elysées Le Fouquet’s, qui était resté fermé plusieurs mois après avoir été saccagé lors d’une manifestation des « gilets jaunes ».

A Barbès, le carrefour – près du cinéma Louxor – était également envahi par les supporteurs aux alentours de minuit. Drapeau algérien sur les épaules, des jeunes organisaient la circulation, transformée en défilé.

Equipe à l’unisson derrière son coach

La victoire sénégalaise, qui va permettre aux Lions de jouer leur première finale de CAN depuis 2002, a été arrachée au terme d’un scénario à suspense, avec intervention de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Un énorme rugissement a saisi au coup de sifflet final dans le stade du 30-juin, déserté par les Egyptiens. Un rugissement à la hauteur de la portée historique de l’exploit réalisé par les Lions sénégalais, bien qu’ils soient les favoris pour le titre. Raillé pour son absence de palmarès, le pays de plus de 15 millions d’habitants tient enfin une seconde chance d’inscrire son nom à la liste des grands d’Afrique, après son unique finale perdue en 2002. Le sélectionneur Aliou Cissé, bras en l’air et genoux sur la pelouse à la fin du match, va pouvoir tenter de prendre sa revanche : capitaine de l’équipe défaite il y a 17 ans, il sera sur le banc vendredi pour toucher cet or qu’il chasse depuis sa prise de fonctions en 2015.

Les joueurs sénégalais après le match contre la Tunisie, au Caire, Egypte, le 14 juillet 2019.
Les joueurs sénégalais après le match contre la Tunisie, au Caire, Egypte, le 14 juillet 2019. Hassan Ammar / AP

Eliminés aux tirs au but par le Cameroun en quarts en 2017, les Sénégalais ont cette fois montré un mental conforme à leurs grandes ambitions, en sortant vainqueurs d’un match à rebondissements. Il leur a fallu se relever quand une main de Kalidou Koulibaly a provoqué un penalty pour les Tunisiens. Le gardien Alfred Gomis a arrêté le tir de Ferjani Sassi (75e). Il leur a fallu se relever après qu’Henri Saivet s’est raté dans le même exercice face au gardien tunisien Mouez Hassen (80e), cinq minutes plus tard au terme d’une séquence folle, marquée aussi par un début de bagarre entre journalistes des deux camps en tribune de presse.

Il leur a fallu résister à trois minutes sous haute tension, quand l’arbitre Bamlak Tessema a consulté le VAR pour la première fois du tournoi, pour une main d’Idrissa Gueye (115e). Mais alors que Naïm Sliti était prêt pour tirer, l’arbitre éthiopien est revenu sur sa décision initiale d’accorder un penalty. Comble de ce scénario fou, le héros sénégalais est tunisien : Dylan Bronn a libéré les Lions malgré lui, lors de la prolongation, en repoussant dans ses filets une balle très mal dégagée par son gardien (100e). Proche de l’action, Cheikhou Kouyaté a célébré le but en se ruant sur Cissé, comme le symbole d’une équipe à l’unisson derrière son coach qui connaît la route jusqu’à la finale. Mais vendredi, ce sera bien à eux d’écrire leur propre légende, en réussissant ce qu’aucune équipe sénégalaise n’est parvenue à faire avant.

Regrets tunisiens

La star de Liverpool Sadio Mané y tiendra un grand rôle, comme toujours quand le Sénégal joue. Un doublé Ligue des champions-CAN ferait de lui un sérieux candidat pour le Ballon d’or, pour peut-être succéder au Libérien George Weah, l’unique Africain à avoir reçu cette récompense en 1995. Contre la Tunisie, il a été le plus dangereux, mais il a manqué de précision, à l’image de sa sélection qui aurait pu plier l’affaire dans le temps réglementaire. A la 38e, il était à deux doigts d’ouvrir le score, mais n’a pas pu redresser son tir dans la cage vide, après avoir dribblé Hassen.

Plus tôt, Youssouf Sabaly a trouvé la transversale sur une superbe frappe enroulée (26e). Mais il est écrit que rien ne sera donné au Sénégal, malgré tout son talent. En phase finale, il gagne sur le même score de 1-0, que ce soit face à l’Ouganda en 8ele Bénin en quarts et maintenant la Tunisie. Forcément, les Aigles de Carthage garderont de ce scénario des regrets, d’autant qu’ils auront eu les occasions pour marquer en premier, par Taha Yassine Khenissi (46e), Sassi (47e), puis avec ce penalty manqué. Face à son ancienne équipe, le coach Alain Giresse a opposé un groupe solide en défense, et insubmersible mentalement à la domination adverse. Mais à ce jeu-là, c’est Aliou Cissé, qui lui a succédé en 2015, qui s’est montré le plus fort.

La finale, vendredi 19 juillet, s’annonce donc très disputée entre des Algériens attendant depuis près de 30 ans un nouveau titre, et des Sénégalais absents de l’affrontement final depuis 17 ans. Le match pour la troisième place mettra aux prises, mercredi 17 juillet, le Nigeria et la Tunisie au stade Al-Salam du Caire.

Le Monde

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