Campagne électorale de 2020 : « Le MPP doit cesser de rançonner nos opérateurs économiques », recommande l’opposition

Le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) a animé, ce mardi 1er octobre 2019 à Ouagadougou, son hebdomadaire conférence de presse sur l’actualité nationale. La crise sécuritaire dans le Bam, l’annonce du Premier ministre concernant l’IUTS, le rapport 2018 du REN-LAC sur la corruption et la demande de soutien du président du Faso à des opérateurs économiques ont été au menu des échanges.

Pour l’exercice du jour, ce sont les présidents de l’Union pour la renaissance démocratique/Mouvement sankariste (URD/MS), Alphonse-Marie Ouédraogo, et du Parti des militants pour le peuple (PMP), Abdoulaye Arba, qui se sont exprimés face à la presse.

Le Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) a indiqué que selon le journal Africa Intelligence, dans sa dernière parution, « Roch Kaboré consacre beaucoup de temps et d’énergie dans les préparatifs de la campagne électorale 2020 ». En effet, l’article précise que, pour les élections, le président a récemment demandé un discret soutien à trois hommes d’affaires du Burkina Faso. C’est pourquoi, l’opposition politique invite le pouvoir en place à ne pas influencer le monde des affaires. « Le MPP [Mouvement du peuple pour le progrès] doit cesser de rançonner nos opérateurs économiques », recommande le CFOP, avant d’ajouter que « si les militants du MPP ne peuvent pas cotiser comme le font les militants de l’opposition, qu’ils abandonnent la politique ».

Abdoulaye Arba, président du PMP

Toutefois, Alphonse-Marie Ouédraogo a reconnu que l’Etat burkinabè est en difficulté financière. Que faut-il faire ? L’opposition politique pointe du doigt les nombreuses taxes que connaît le Burkina ces derniers temps. Si ces taxes ne se justifient toujours pas du côté du CFOP, l’annonce de l’application de l’Impôt unique sur le traitement des salaires (IUTS) sur les indemnités et les primes des fonctionnaires, vient encore mettre de l’huile sur le feu.

En effet, le 28 septembre dernier, le Premier ministre Christophe Dabiré, invité à la 3e session du Bureau politique national (BPN) du MPP, a fait cette annonce qui va prendre effet dès le 1er janvier 2020. « Cette annonce est provocatrice et inopportune », déclare Alphonse-Marie Ouédraogo, avant de préciser : « Cette décision concernant l’IUTS vise en fait à diminuer les salaires des fonctionnaires pour boucher les trous ».

Alphonse-Marie Ouédraogo, président de l’URDMS

Des terroristes qui circulent « librement »

Alphonse-Marie Ouédraogo et son binôme Abdoulaye Arba sont revenus sur la crise sécuritaire qui a secoué les habitants de la province du Bam, le week-end dernier. L’opposition constate que l’opération « Doofu » qui avait apporté une accalmie dans la zone a pris fin « sans que les populations n’en soient informées ».

Cette situation n’est pas sans conséquence. « La commune rurale de Zimtenga, qui est devenue, avec Bourzanga, l’épicentre des attaques dans le Bam, n’a ni poste de gendarmerie ou de police, ni détachement militaire. En pareille situation, les terroristes ont un boulevard au côté Est de la province, pour faire des va-et-vient entre Djibo et Kongoussi », constate l’opposition.

Dans ce contexte où l’Agence d’information du Burkina (AIB) a dénombré près de 19 000 personnes déplacées en 72 heures, le Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) a sorti son rapport 2018 sur l’état de la corruption au Burkina. Pour une première fois, la SONAGESS (Société nationale de gestion des stocks de sécurité alimentaire) a fait son apparition dans le classement de 2018. « J’espère qu’elle fera le nécessaire pour disparaître de cette liste, car ce n’est vraiment pas sa place », a affirmé le président de l’URD/MS.

Derrière les conférenciers du jour se trouvait un tableau avec un compte à rebours. On peut y lire : « Justice pour Yirgou ! 274 jours d’impunité, c’est trop ! ». A l’entame de cette conférence de presse, l’opposition politique a interpellé les autorités sur la nécessité de dire le droit dans cette affaire où plus de 200 Peulhs ont été « sauvagement massacrés ».

Lefaso.net

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