Burkina : ne tombons pas dans « l’ignominieux piège de la ségrégation à base ethnique ou religieuse »

Ceci est une déclaration du conseil religieux pour la paix au Burkina sur la situation sécuritaire au Burkina. Ledit conseil, composé de musulmans et de chrétiens dénonce l’instrumentalisation des religions pour inciter à la haine, et appelle la population à ne pas tomber dans le piège  » de la ségrégation à base ethnique ou religieuse ».


Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères et des sœurs entre eux, pour peupler la terre et y répandre les valeurs du bien, de la charité, de la justice et de la paix.

Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.
Nous, Musulmans et Chrétiens, partant de notre responsabilité religieuse et morale, réunis au sein du Conseil interreligieux pour la paix au Burkina Faso (CIRP/BF ), réaffirmons haut et fort notre condamnation unanime, vigoureuse et sans appel de tous les actes terroristes dans notre pays, en Afrique et ailleurs dans le monde.

Nous croyons que le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les êtres humains à croire que cet univers dépend d’un Dieu unique qui le gouverne, qu’il en est le Créateur qui nous a modelés avec Sa Sagesse divine et nous a accordé le don de la vie pour le préserver ; un don que personne n’a le droit d’enlever, de menacer, d’altérer ou de manipuler à son gré et à sa guise. Au contraire, tous doivent préserver ce don divin du souffle et de la vie, et ce, depuis son commencement jusqu’à sa mort naturelle.

Nous dénonçons l’instrumentalisation des religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme et l’utilisation du nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme et d’oppression. Nous le dénonçons par notre foi commune en Dieu, qui n’a pas créé les hommes pour être tués, pour s’affronter entre eux ou pour être torturés ou humiliés dans leurs vies et dans leur existence.

Nous affirmons l’inviolabilité des lieux de culte– temples, églises, mosquées et sanctuaires– et nous croyons que leur protection est un devoir garanti par les religions, par les valeurs humaines, par les lois et par les conventions internationales. Toute tentative d’attaquer les lieux de culte ou de les menacer par des attentats, des explosions ou des démolitions est constitutive d’une dérive et d’une déviation des enseignements des religions, ainsi qu’une claire violation des instruments juridiques nationaux et internationaux auxquels notre pays a souscrit.

Nous proclamons notre attachement à la liberté de conscience et de religion conformément à ce que stipule notre constitution et dénonçons toute forme de contrainte ou d’empêchement fait à quiconque dans l’exercice de sa foi.
Nous appelons tous nos compatriotes à l’union et à l’unité face au diktat des terroristes qui veulent nous imposer la division en manipulant nos références religieuses et ethniques.

Nous invitons nos concitoyens à une solidarité encore plus agissante envers les déplacés internes qui sont devenus, de par la force des choses, réfugiés dans leur propre pays.

Nous conjurons tous nos concitoyens de ne pas tomber dans l’ignominieux piège de la ségrégation à base ethnique ou religieuse et nous enjoignons nos différents prédicateurs à plus de perspicacité dans la communication des messages des Saintes Ecritures.

Nous convions tous les Burkinabès à plus de solidarité et à l’union dans ces moments difficiles.

Nous implorons Dieu le Très-Haut pour le repos de l’âme de tous ceux qui sont tombés dans cette épreuve difficile.

Enfin, nous prions Dieu, le Très Haut, pour qu’il bénisse et protège notre pays, ses hommes et ses biens.

Fait à Ouagadougou le 27 décembre 2019

Pour le Réseau des Jeunes pour le Dialogue Interreligieux(REJDIR)
Le président
Vincent Kogo

Pour le Réseau des Femmes de Foi pour la Paix(REFFOP)
La présidente et P/O,
La secrétaire générale
Traoré Dolomwéogo Marie Odile,

Pour le Conseil Interreligieux pour la Paix au Burkina Faso Le Secrétaire Exécutif
Imam Alidou ILBOUDO


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