Burkina : L’opposition demande la levée du secret-défense sur le contrôle du budget de l’armée

Le point de presse du Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) de ce 19 novembre 2019 a passé en revue la situation nationale avec comme animateurs Eddie Komboïgo et Yumanli Lompo. En substance, l’opposition demande la levée du secret-défense autour de la gestion du budget de la Défense et la tenue en 2020 des élections présidentielles et législatives.

Au nom du Chef de file de l’opposition politique au Burkina (CFOP-BF), Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), et Yumanli Lompo, président du Parti national des démocrates socialistes (PNDS), ont analysé la situation nationale.

Au menu de rendez-vous avec la presse, les exploits réalisés par les Forces de défense et de sécurité (FDS) il y a quelques jours dans les régions du Centre-Nord et du Nord du pays, les propos tenus par le président par intérim du parti majoritaire et la corruption dans l’administration publique, en passant par les élections de 2020.
Pour l’opposition politique, les derniers exploits de FDS sont la preuve « que nos militaires et paramilitaires n’ont rien perdu de leur force de frappe ».

Au contraire, il manque seulement un leadership politique, de la gouvernance vertueuse et du matériel de combat adéquat. Face à la situation donc, « nous demandons solennellement au gouvernement la levée du secret-défense sur le contrôle du budget de l’armée », a exhorté Eddie Komboïgo. « Les structures étatiques de contrôle devraient pouvoir s’assurer que l’argent qui est destiné à l’armée va à l’armée et que les marchés conclus au profit de l’armée (achats d’armes, équipement, formations, infrastructures) respectent la règlementation et sont bien exécutés », estime le président du CDP. Il en veut pour preuve la déclaration de Pr Luc Marius Ibriga qui dénonçait, le 27 août 2019 dans la presse, l’opacité autour de la gestion des fonds de l’armée.

Pour l’instant, l’opposition demande l’audition de Simon Compaoré par le procureur du Faso, « pour rétention de preuves en situation de guerre ». Celui-ci aurait affirmé, sur les antennes de Wat FM : « Ceux qui nous attaquent aujourd’hui, il y en a dont on connaît les noms, on sait que c’est des gens qui habitaient dans le pays, dans les hôtels de la place, qui ont des connexions avec certains partenaires. Ils sont là, d’autres sont hors du Burkina Faso ».

Attendue sur la question d’une éventuelle collaboration entre les troupes françaises et les groupes armés au Burkina, l’opposition reste évasive dans ses réponses. Du reste, Yumanli Lompo estime que l’on n’a pas encore obtenu de résultats probants en matière de collaboration dans la lutte contre le terrorisme entre le Burkina Faso et les troupes françaises.

Pas de « lenga » pour Roch Kaboré

A quelques mois des prochaines échéances électorales, l’opposition politique se veut claire : « La guerre ne doit pas empêcher une élection de se tenir ». Ainsi, elle en appelle à la tenue des élections à la bonne date, car l’opposition « ne permettra pas au pouvoir de Rock Kaboré d’avoir un lenga [bonus, ndlr] », en réponse à des messages selon lesquels il ne faut pas penser à une élection tant que le pays est attaqué qui seraient véhiculés.

Réagissant à la suspension du Front patriotique pour le renouveau, parti politique affilié au CFOP, et à l’arrestation de l’activiste Naïm Touré, les conférenciers du jour les considèrent comme des boucs émissaires dont se sert le pouvoir.

Lefaso.net

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