Burkina : les syndicats déterminés à mettre « à bas » l’IUTS

La première étape des « frappes chirugicales » anti IUTS (NDLR : impôt unique sur les traitements et salaires) est faite. Ce 07 mars 2020, le Collectif Syndical de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), l’intersyndical des magistrats, la coordination des syndicats du ministère de l’économie et des finances, et d’autres syndicats autonomes, ont, avec leurs militants et sympathisants, marché à Ouagadougou. Objectif, manifester au gouvernement leur refus pure et simple de voir l’IUTS être élargi aux primes et indemnités des fonctionnaires. « Cinq mille, voir même dix mille personnes » sont sorties marcher, nous ont déclaré les organisateurs.

En annonçant l’élargissement de l’impôt unique sur les traitements et salaires, aux primes et indemnité des travailleurs « le pouvoir MPP, une fois de plus, a engagé une opération de saccage des conditions de vie et de travail des travailleurs de notre pays » a déclaré Bassolma Bazié, le « général » porte parole des syndicats qui ont manifesté ce jour.

Contrairement à la tentative du gouvernement d’opposer « les travailleurs du public à ceux du privé et du parapublic » Bassolma Bazié a tenu à préciser que le refus de l’élargissement de l’IUTS sur les primes et indemnités des agents publics a été  décidé par l’UAS (unité d’action syndicale) depuis 2016″ au début des pourparlers sur la question.

Mais ce qui « frappe et indigne les travailleurs et citoyen de façon générale, c’est que le gouvernement, au moment où il choisit de s’attaquer aux travailleurs, ferme les yeux sur les détournements, les vols, les fraudes et d’autres malversations qui font perdre à l’Etat des centaines de milliards de francs CFA » a poursuivi Bassolma Bazié.

Bassolma Bazié

Ce dernier cite comme exemple les « prêts indûment contractés par des anciens ministres, députés (…) non encore remboursés qui s’évaluent à plus de 20 milliards de francs CFA ».

Les syndicats disent aussi avoir constaté une violation du décret 2008-891/PRES/PM.MEF du 31 décembre 2008, qui encadre les rémunération du premier ministre, des présidents d’institutions, et des membres du gouvernement. A ce titre, un des ministres, selon les syndicats, toucherait comme salaire « 2 940 705 F au lieu de 1 155 000 F prévu par le décret ».

Ainsi, les syndicats exigent entre autres du « pouvoir MPP » , « l’arrêt des mesures de baisse du pouvoir d’achat et l’amélioration de celui-ci ». Cela comprend  :

  • la suppression de l’IUTS sur les primes et indemnités des travailleurs du privé, du public, et du parapublic
  • le relèvement de l’abattement forfaitaire pour frais et charges professionnels à 50%
  • et l’apurement sans délais des retards d’avancement, de reclassement, de titularisation et correction indemnitaire avec incidence financière.

Du reste, les syndicats n’entendent pas rester là. D’autres « frappes chirurgicales », une grève de 05 jour plus précisément, sont prévues du 16 au 20 mars prochain.

Ange L. Jordan MEDA

Infowakat.net

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