Burkina : Les administrateurs civils en grève du 22 au 24 mai

Le premier conseil syndical du Syndicat national des administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs a eu lieu ce samedi 4 mai 2019 à la Bourse du travail. A cette occasion, il a échangé avec la presse et annoncé un arrêt de travail de 72 heures à compter du 22 mai prochain.

C’est un syndicat qui ne mâche pas ses mots qui s’est exprimé ce samedi face à la presse. « Le pays est certes gouverné parce que les décisions dont prises depuis le palais de Kossyam mais n’est certainement pas administré parce que ces décisions ne sont pas répercutées au niveau déconcentré ». C’est ainsi que le Syndicat national des administrateurs civils, secrétaires et adjoint administratifs (SYNACSAB) a dépeint la situation nationale. Pour preuve, il indique les conflits communautaires survenus à Yirgou et à Zoaga, signe que l’Etat à mal à son administration territoriale.

Outre ces disfonctionnements, Adama Bidiga, secrétaire général national du SYNACSAB et ses camarades dénoncent la non prise en compte de la « donne » terroriste dans les prises de décisions concernant l’administration du territoire. Pour lui, face au contexte sécuritaire difficile, il est impensable de mener des réflexions sur la suppression d’un niveau de déconcentration. Surtout au regard du rôle de relai que jouent les chefs de circonscription administrative entre les populations et l’Etat. Il va donc jusqu’à qualifier ces velléités de réformes de « politiciennes et hasardeuses ».

A cet effet, il a annoncé un arrêt de travail de 72 heures du 22 au 24 mai 2019 sur toute l’étendue du territoire. Ce, pour exiger la reprise de négociations avec le Premier ministre sur leur plateforme revendicative et exprimer leur désapprobation face aux velléités de réformes des circonscriptions administratives. Cette grève sera suivie d’une marche le 24 mai. Elle débutera à de la Bourse du travail pour se rendre à l’immeuble du Faso. Les administrateurs civils estiment qu’ils ne sauraient être les témoins silencieux de cette politique de « destruction de l’administration territoriale et de fragilisation du tissu social ».

Tout en saluant les efforts fournis par les forces de défense et de sécurité dans la lutte antiterroriste, le SYNACSAB, note qu’il faut y allier une solution civile et politique pour venir à bout de cette nébuleuse.

Quant à la question de restauration de l’autorité de l’Etat, leur avis est clair. Comment restaurer l’autorité de l’Etat quand les dépositaires de l’autorité de l’Etat sont comateux ? s’est demandé le syndicat.

Dans la plateforme revendicative que le SYNACSAB avait déposé le 26 avril 2017, il réclame l’adoption d’une loi portant institution du corps préfectoral, d’un plan de promotion, d’un décret portant modalité d’exercice de la fonction de secrétaire général des collectivités et la gestion de l’état civil du Burkina Faso par les administrateurs civils, les secrétaires et adjoints administratifs. A noter que le conseil syndical s’est tenu sous le thème « quel syndicalisme pour une réhabilitation effective des corps administrateurs civils, secrétaires et adjoints administratifs ».

Lefaso.net

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