Burkina : le chef Gan à Loropéni arrêté pour une affaire de funérailles qui a mal tourné

Onze églises ont été détruites ainsi que des pasteurs menacés après l’arrestation du Roi Gan à Loropéni, et de ses notables. Cela fait suite à un affront contre l’église protestante.

Tout commence selon le Tribunal de grande instance de Gaoua, quand il a été informé en début avril, du fait que deux groupes de personnes se disputent la dépouille d’une dame dans le secteur 4 de Loropéni.

Cette affaire concerne les enfants d’une défunte et la famille royale Gan de Obiré. La défunte, convertie à la foi chrétienne, souhaitait être enterrée après sa mort selon les préceptes chrétiens.

Ce qui a été jugé inacceptable pour la famille royale qui estime que la disparue étant une princesse Gan devait être enterrée selon les rites traditionnels et reposer dans le caveau familial.

Les autorités judiciaires ont invité les parties à s’entendre pour un règlement à l’amiable. Mais les deux parties n’ont pas trouvé de consensus.

La défunte a donc été inhumée par ses enfants, selon ses dernières volontés.

Considérant cette inhumation comme un affront, la famille royale a procédé à l’exhumation du corps qu’elle a ensuite enterré selon ses coutumes.

Le Tribunal a considéré l’acte de la cour royale comme un fait punissable par la loi. De là, une enquête a été ouverte afin de situer les responsabilités. De cette enquête, le roi Gan et sept de ses notables ont été arrêtés dans la soirée du vendredi 17 avril 2020.

Les mécontents de l’arrestation se sont donc attaqués aux édifices et à certains membres de l’Eglise protestante évangélique (EPE) dans plusieurs localités où s’étend l’influence du peuple Gan.

Pour le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Gaoua, Cheick Alpha Boubacar Compaoré, le roi Gan est accusé des faits de complicité de profanation de tombe et de violation de sépulture parce qu’il a ordonné l’exhumation d’un corps. Quant aux sept autres, ils sont accusés de profanation de tombe et violation de sépulture.

Ces faits constituent des fautes punies par la loi au Burkina Faso. Le procureur a ajouté que les personnes concernées avaient reconnu les faits qui leur sont reprochés, tout en donnant des justifications coutumières de leurs actes.

Par ailleurs, il a invité les coutumiers à conformer leurs pratiques à la loi, afin d’éviter les conflits et les affrontements.
Dans ce climat de destruction et de menaces, les pasteurs et leurs familles vivent dans la peur. C’est pourquoi ils ont abandonné leurs églises en ruine pour se réfugier dans des lieux sûr. Cela est confirmé par le pasteur de l’Eglise protestante évangélique central de Loropéni, Fadona Emmanuel Farama.

Dès la nouvelle de l’arrestation du chef et ses notables, selon le pasteur Farama, l’église de Obiré a été saccagée et le pasteur pourchassé par des personnes mécontentes.

«Il a échappé aux agressions et sa famille a été extirpée par l’aide de certains fidèles» a-t-il déclaré.
Ainsi 12 églises se trouvant sur les terres du peuple Gan, ont été vandalisées.

Le coût des dégâts n’a pas été évalué par les victimes. Mais à Obiré et au secteur 4 de Loropéni, tout est quasiment à reconstruire.

Une permission de liberté a été accordée par la justice au Roi Gan afin de lui permettre de calmer les esprits.
Le Roi a donc appelé le peuple Gan au calme et a souhaité que l’affaire se résolve dans la concertation.

Le procès qui devrait avoir lieu ce mardi a été reporté au 28 avril 2020.

Avec l’AIB

Nafisiatou Vebama
Infowakat.net

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