Burkina, la situation est-elle si désespérée ?

Quand on écoute certains médias internationaux, et même certains Burkinabè, on a cette impression que la situation socio-économique, politique et sécuritaire est si désespérée que plus rien ne va au Burkina. Et pourtant, les Burkinabè vivent dans leur pays, les Burkinabè du Nord, du Sahel, de l’Est et de toutes les autres régions vivent dans leur pays. Même s’il y a une certaine peur, une certaine inquiétude, voire une certaine incertitude. Mais, à dire et à faire croire que la vie s’est arrêtée au Burkina, il y a un pas qu’il faut refuser de franchir. De même, peindre toute la carte du pays en rouge, orange et en moins orange pour dire que le pays est infréquentable est exagéré. Des Burkinabè vivent à Barsalogho, ils vivent à Dablo, ils vivent au Soum, à Gorgadji et à Tin-Akoff. Des activités y sont organisées au quotidien. C’est la preuve que malgré l’adversité, malgré l’insécurité, malgré ce qu’on veut faire croire, la vie tourne au Faso.

Mais cela n’est pas une raison pour fermer les yeux sur les questions essentielles qui préoccupent les Burkinabè. Sont de celles-ci la question sécuritaire ; sont de celles-ci la satisfaction des conditions de vie et de travail de l’ensemble des Burkinabè, du public comme du privé. C’est d’ailleurs ce qui explique, en partie, les nombreux mouvements sociaux auxquels on assiste depuis un certain temps et qui, selon certains, tendent à paralyser le pays sur les plans économique et social et à mettre en péril le vivre-ensemble.

Si tel est le cas, nul besoin de dire que les Burkinabè sont conscients de la situation générale qu’ils vivent en ce moment. Ce qui doit les amener, tous ensemble, à se battre pour s’en sortir. Ce combat, tel qu’il se présente, n’est plus celui d’un parti politique, ni d’une communauté, encore moins d’une majorité ou d’une opposition. Il doit être l’occasion ou jamais, pour ce peuple toujours fier de lui, de démontrer qu’il est en mesure de survivre à toutes sortes d’adversités. D’ailleurs, avons-nous le choix ?

Pour leur part, plusieurs communautés religieuses et des chefs coutumiers ont compris qu’ils ont un grand rôle à jouer si on veut sortir de cette «merde». En retournant aux fondamentaux de notre société. Ils sont aujourd’hui nombreux, ces Burkinabè, qui ne reconnaissent plus au Burkinabè d’aujourd’hui les vertus d’intégrité, de courage, de fierté, de respect de l’intérêt général, de solidarité et de fraternité. Le Burkinabè d’aujourd’hui est tout sauf cela. Il n’est donc pas étonnant que le pays se retrouve dans une situation du genre. Avec la complicité, active ou non, de chacun de nous. Le Burkina Faso a besoin d’être «refondé». Ce n’est plus une question qu’on doit se poser, mais une action qu’il faut mener; tout de suite et maintenant! Et cela doit s’exprimer sur le terrain par la mise en application et le respect des lois qui régissent la vie de la nation. Ce n’est pas de la méchanceté, mais de la rigueur. Ce qui contribuera à la lutte contre l’incivisme sous toutes ses formes. C’est aussi simple que cela!

Dabaoué Audrianne KANI

L’Express du faso

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