Burkina Faso : Pourquoi ces tâtonnements au sommet de l’Etat ?

« Seul le pouvoir révèle l’homme » a dit Machiavel. Cette assertion colle bien à la situation politique actuelle au Burkina Faso. A l’épreuve de l’exercice du pouvoir, certains de ceux qui avait juré, la main sur le cœur, de garantir aux citoyens burkinabè le bien-être et la liberté, semblent avoir pris le contre-pied de leurs propos.

Le dirigeant ne montre que ce qu’il a toujours été. Aux Etats-Unis par exemple, l’un des reproches que l’on avait faits à Edouard Kennedy, est qu’il a triché à l’école primaire. Et on lui en tenait rigueur.

Au Burkina Faso, lorsque nous jetons un coup d’œil sur le passé de certains responsables politiques qui sont aux commandes aujourd’hui, nous sommes surpris par leur comportement parce que nous ne les avons considérés qu’au moment où ils parlaient de justice, de cohésion sociale, de garantir aux citoyens burkinabè le bien-être et la liberté.

Depuis l’arrivée au pouvoir du régime actuel au Burkina, on peut être déçu par le comportement des hommes commis à de grandes tâches de responsabilité. Parcimonie, tâtonnements, mensonges dans la gestion des affaires, manque de personnalité, etc. sont dénoncés au quotidien.

Aujourd’hui, on reproche à Roch Kaboré d’être un « président diésel » en matière de prise de décisions face à une situation. On a donc pris notre mal en patience, mais le pays continue de tanguer. Certains ironisent en disant que « Roch la solution » est devenu « Roch le problème ».

Mais on ne trompe pas un homme. Un homme se trompe lui-même. Si le peuple a élu ses dirigeants et s’est trompé dans son choix, il mérite les conséquences de ce choix. Ainsi, au moment opportun, il lui revient de décider de ne plus subir ce qui lui arrive, ou de continuer à endosser avec les mêmes responsables. Chaque peuple mérite ses dirigeants.

Et l’écrivain congolais Henri Lopez disait, lors d’une émission sur une chaîne de télévision, que « le drame des peuples africains ne vient pas seulement des palais, il vient aussi de la rue… ». Ce qui signifie que nos dirigeants ne sont pas les seuls responsables de tous nos malheurs. Nous en sommes aussi responsables.

Le Burkina d’aujourd’hui donne l’image d’un pays où on a sonné l’appel des hommes sans personnalité pour gouverner. On est confronté à une grave crise. Et on manque de personnalités parmi les hommes responsabilisés.

L’homme de la parole donnée, respectueux des valeurs humaines, amoureux de la justice, ne devrait pas continuer à patauger ainsi en tant que chef d’Etat. Puisque durant sa campagne électorale, il soutenait mordicus qu’il était la solution face aux problèmes des Burkinabè. Et aujourd’hui, il y a plus de problèmes pour les Burkinabè que de solutions.

Pour certains, le président Kaboré n’a pas de problème ; ils pensent plutôt qu’il est mal entouré. Mais ce cliché qu’on tente de coller à l’image de la personne a été démenti depuis longtemps.

O.I.
Lefaso.net

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