Burkina Faso : «Le Covid-19 risque d’impacter négativement la sécurité alimentaire»

La Confédération Paysanne du Faso a lancé officiellement ce lundi 27 juillet 2020 le Comité de veille et d’actions (CVA) pour faire face au Covid-19. La cérémonie a eu lieu à Ouagadougou au cours d’un atelier en présence du ministre de l’agriculture, Salifou Ouédraogo.

Pour le président de la Confédération Paysanne du Faso (CPF), Bassiaka Dao, la mise en place du Comité de veille et d’actions face au Covid-19 a pour objectif d’interpeller les producteurs sur les conséquences de la pandémie.

Selon lui, les échanges commerciaux devenus difficiles à raison de cette maladie, les agriculteurs burkinabè devraient travailler pour assurer le besoin interne. « Le fait que les autres pays se sont refermés sur eux-mêmes et ne veulent plus exporter des denrées alimentaires notamment le riz vers les pays en difficulté, je pense qu’il est important d’interpeller le monde rural. Puisque la campagne s’est installée. Que chaque agriculteur mette du sien (…) pour mieux produire en qualité et en quantité », s’est-il exprimé.

Situer les responsabilités par rapport aux appuis de l’Etat

Le président de la CPF, par ailleurs, agriculteur dans la région des Hauts-Bassins, a fait savoir que le Comité de veille et d’actions est aussi un outil pour mieux suivre l’administration de l’aide étatique destinée au monde agricole. Le CVA permettra de « situer les responsabilités par rapport aux appuis que l’Etat a pu amener aux organisations paysannes et aux organisations des producteurs du Burkina Faso ; en ce qui concerne les équipements, les intrants, les pesticides et autres », a déclaré Bassiaka Dao.

Pour le ministre en charge de l’agriculture, Salifou Ouédraogo, président de cette cérémonie de lancement, l’initiative entreprise par la Confédération Paysanne du Faso est à saluer car elle interpelle non seulement les pouvoirs publics mais aussi tous les producteurs sur les conséquences du Covid-19.

« Le Covid-19 risque d’impacter négativement la sécurité alimentaire et nutritionnelle au niveau du Burkina Faso », a-t-il déclaré. La mise en place de ce comité est donc, selon le ministre, une manière d’anticiper la relève du défit sécuritaire alimentaire en accompagnant l’agriculture afin de pouvoir répondre au besoin du pays.

Une aide gouvernementale de 30 milliards…

Selon le premier responsable du département agricole, le gouvernement a mis en place un plan de riposte de 394 milliards de franc CFA contre le Covid-19 « dont 100 milliards pour appuyer les entreprises en difficulté et 30 milliards pour accompagner la production agro-sylvo-pastorale ». Pour mieux gérer cette aide gouvernementale et sensibiliser les paysans, le ministre estime qu’il était nécessaire que soit mis en place « un mécanisme de veille, un mécanisme de sensibilisation pour accompagner l’agriculture familiale » afin de pouvoir faire face à la situation.

Pour Ibrahim Ouédraogo, assistant du représentant de la FAO, Chargé du Programme au Burkina Faso, l’organisation apporte une assistance aux producteurs ainsi qu’au ministère de l’agriculture à travers des initiatives pour faire face aux conséquences du Covid-19. La création du Comité de veille et d’actions rentre dans la ligne d’action de la FAO, selon ses propos.

« Nous appuyons techniquement, financièrement également les organisations paysannes et le ministère de l’agriculture pour ensemble trouver des solutions à comment accroitre la production sylvo-pastorale. Nous sommes donc heureux de la mise en place d’un comité de veille face aux effets du Covid-19. Et nous serons ravis d’avoir ici les recommandations de l’atelier pour voir ensemble avec le gouvernement comment nous pourrons appuyer cela pour atténuer les effets du covid-19», a-t-il laissé entendre.

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