Burkina Faso : La F-SYNTER dénonce des agissements du gouvernement

La Fédération des Syndicats Nationaux des Travailleurs de l’Education et de la Recherche (F-SYNTER) a  dénoncé la note du gouvernement interdisant aux Universités publiques et au Centre National de Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) d’accepter les candidatures des enseignants à temps plein (ETP) et des Ingénieurs de recherches (IR) au concours du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Cette interpellation a eu lieu au cours d’une rencontre ce samedi 30 janvier 2021 à Ouagadougou.

Se justifiant par le décret N° 2019-0435/PRESS/PM/MESRI/MFPTPS/MINEFID/MS du 09 mai 2019, portant organisation des emplois des chercheurs et règlementation des fonctions d’Enseignant à Temps Plein (ETP) et Ingénieur de recherche (IR), le gouvernement a signé une note interdisant les ETP et les IR de participer aux concours du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES).

Pour la Fédération des Syndicats Nationaux des Travailleurs et de la Recherche (F-SYNTER), cette décision a été adoptée contre l’avis du syndicat et vient s’ajouter au manquement du gouvernement vis-à-vis des travailleurs de la recherche scientifique au Burkina Faso. « Non seulement les mesures d’accompagnement d’ETP et d’IR annoncées par le ministère n’ont jamais été respectées, mais aussi le gouvernement tente d’éjecter de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, ces ETP et IR qui ont été les chevilles ouvrières du bon fonctionnement de nos centres universitaires et de recherche », a déclaré Alain Sanou, Secrétaire Général de la coordination F-SYNTER des universités publiques.

Selon lui, la prise de cette décision  vient  trouver des dossiers urgents. Le syndicat a ainsi fait connaitre sa désapprobation sur certaines de ces dispositions et n’a pas cessé d’interpeller les autorités du ministère sur les problèmes que peut causer ce décret.

« Derrière cette mesure se profile une volonté politique qui ne dit pas son nom»

« Cette décision nous ne pouvons pas l’accepter parce que déjà nous avons des dossiers non résolus. Quand je dis dossier non résolu, je fais allusion à l’augmentation tacite du volume horaire statutaire des enseignants-chercheurs, la suppression de la prise en charge de la participation au jury de délibération, la hausse du nombre de copies pour la constitution des jurys de correction, le refus d’intégrer à la fonction publique les permanents du CNRTS », a-t-il détaillé.

Ernest Renard Traoré, maitre conférencier de la F-SYNTER des Universités Publiques, a lui demandé au gouvernement de revoir certaines de ces décisions.« Derrière cette mesure se profile une volonté politique qui ne dit pas son nom. C’est pourquoi, nous exigeons l’annulation immédiate et sans condition de la note, la relecture dans un bref délai du décret en question et la reprise immédiate et sans condition de l’intégration des permanents du CNRST », a-t-il exigé.

En ce qui concerne la suite des démarches, la F-SYNTER a déclaré que si les choses ne bougent pas dans les jours à venir, des actions seront mises en place, en collaboration avec tous les acteurs de la recherche scientifique pour faire entendre raison.

Abdoul Gani BARRY (stagiaire)

Burkina 24

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