Burkina Faso : Il veut marcher sur 15 km pour soutenir les personnes dialysées

Connu pour ses nombreux combats citoyens notamment la lutte contre la circulation des camions aux heures indues ou pour le port du casque, Yiyé Constant Bazié vient d’en engager un autre. Cette fois-ci, son regard s’est tourné vers la situation des personnes souffrant d’insuffisance rénale au Burkina Faso. En mi-mars 2021, il s’est confié à Burkina24. Yiyé Constant Bazié entend faire deux marches « symboliques » pour, dit-il, mettre en lumière, leur situation.

Lors d’une interview accordée à Burkina 24 en janvier 2021, Dramane Paré, Président de l’Association burkinabè des dialysés et insuffisants rénaux (ABUDIR), avait estimé le nombre de personnes souffrant d’insuffisance rénale entre « 700 et 1 000 ». Malgré un soutien de l’Etat burkinabè, Dramane Paré avait confié qu’il y a « toujours des problèmes pour prendre en charge les dialysés à 100% ». Il avait alors lancé un cri de cœur. Son cri semble avoir été entendu. Çà et là, des personnes physiques et morales œuvrent pour que la situation des malades s’améliore.

Yiyé Constant Bazié, conseiller municipal de la Commune de Ouagadougou pour le compte de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), est l’une de ces personnes. Sur son compte Facebook, depuis des mois, il s’échine à mettre à nu le « mal » que vivent les personnes souffrant d’insuffisance rénale au Burkina Faso. Et pour les accompagner, il entend mener des actions pour interpeler les citoyens et les autorités sur la condition des malades sous dialyse.

« C’est un mal assez muet pour ne pas dire un drame que vivent beaucoup de gens de façon, malheureusement, silencieuse. Leur situation interpelle plus les familles des concernés. Le Burkinabè lambda, généralement, ne sait pas quel drame vivent ceux qui souffrent d’insuffisance rénale et ce que ces familles traversent », a confié Yiyé Constant Bazié à Burkina 24, le vendredi 12 mars 2021.

Sensible « à la souffrance » des personnes dialysées, Yiyé Constant Bazié a décidé de tirer la sonnette d’alarme. « Au stade où nous sommes, on ne peut pas seulement se contenter de sensibiliser. Il faut aussi penser à ceux qui vivent ce drame et ne pas les laisser à eux-mêmes. Il y a certaines personnes qui on dit clairement que quand elles sont diagnostiquées d’insuffisance rénale, elles n’ont pas les moyens. D’autres préfèrent rentrer chez eux pour essayer de traiter de façon traditionnelle », regrette M. Bazié qui a confié avoir reçu moult confessions de personnes atteintes de la maladie.

A écouter le conseiller municipal, les plus grands obstacles à la prise en charge des personnes dialysées ont trait au coût élevé du traitement dans les établissements privés, « 90.000 F CFA par séance de dialyse alors qu’il faut trois séances par semaine », dit-il, combiné au nombre limité de lits dans les établissements publics. Dans le public, le malade dépose un forfait de 500.000 F CFA, le reste de la prise en charge étant assuré par une subvention étatique. Mais les ordonnances sont à la charge du patient.

« A ce jour, il y a quatre centres fonctionnels au Burkina Faso. Il y a le Centre hospitalier universitaire (CHU) Yalgado Ouédraogo (à Ouagadougou, ndlr) qui compte au moins 32 générateurs. Au Centre hospitalier universitaire de Bogodogo (à Ouagadougou, ndlr), il y a au moins 12 générateurs. Au CHU de Tengandogo (à Ouagadougou, ndlr), il y a aussi au moins 12. Il y a aussi Bobo-Dioulasso qui a 12 à 15 générateurs aussi. Ce sont les quatre centres fonctionnels actuellement au Burkina Faso. Un cinquième centre a été ouvert à Ouahigouya, mais il n’est pas encore fonctionnel ».

Dramane Paré, président de l’ABUDIR

« Au tout début, quand j’ai commencé à parler des dialysés, on m’a appelé pour dire qu’on a obtenu 33 lits de dialysés supplémentaires. Mais rien que la semaine passée, un monsieur m’a écrit pour dire qu’il a un proche qui est malade. Il était obligé d’aller faire la dialyse dans un établissement privé parce qu’il n’y avait pas de places dans le public. Malgré cet apport conséquent que nous devons saluer, il faut développer plus d’initiatives pour que les gens qui traversent ce drame n’aient pas à subir ce stress de ne pas bénéficier de traitement parce que d’autres personnes sont déjà sur la liste », a déclaré M. Bazié.

Ainsi, pour interpeller l’opinion publique et capter l’attention des autorités du pays, Yiyé Constant Bazié a décidé d’initier des marches symboliques. Deux au total.

« Je vais faire ces marches symboliques pour présenter les doléances et espérer obtenir quelque chose de plus pour les personnes souffrant de cette maladie », a justifié M. Bazié.

« J’aurai aimé, pour le symbole, faire la marche jusqu’à la Présidence du Faso »

Le conseiller municipal veut ainsi partir du « point Zéro » de la capitale burkinabè, c’est-à-dire “La Place des cinéastes” devant la Mairie centrale pour rallier l’Assemblée nationale. C’est la première marche qui couvrira une distance de 3 kilomètres. Celle-ci aura lieu le 8 avril 2021.

La seconde marche « d’interpellation et non de revendication », selon M. Bazié, se tiendra le 20 avril 2021. Pour celle-ci, il compte rallier le croisement du Boulevard Mohamed Kadhafi et de l’Avenue Pascal Zagré, communément appelé carrefour de BF1, pour une distance de 12 kilomètres, en partant du Point Zéro. En somme, 15 kilomètres pour soutenir les personnes dialysées.

« J’aurai aimé, pour le symbole, faire la marche jusqu’à la Présidence du Faso. Mais pour des raisons de sécurité, on n’a pas besoin d’expliquer aux gens que c’est quelque chose qu’on ne peut pas faire. Je ferai ces marches symboliques pour capter l’attention, non pas sur moi, mais sur la situation difficile des dialysés », a précisé Yiyé Constant Bazié.

Pour ces deux marches, M. Bazié entend les effectuer seul. « Je n’appelle pas la population à sortir parce que ce n’est pas une marche revendicative. Je vais le faire seul. Seul, pas pour que ça soit plus facile, mais pour des raisons de sécurité aussi », a indiqué le conseiller municipal.

Vidéo – Yiyé Constant Bazié s’engage pour les personnes souffrant d’insuffisance rénale 

Burkina 24

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