Burkina Faso : 100 jours pour élaborer une politique nationale de sécurité

Le président du Faso a présidé ce 17 juin 2019 à Ouagadougou, la cérémonie de lancement des travaux de la Commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale. La commission composée d’une équipe pluridisciplinaire de 100 membres a un délai de 100 jours pour proposer une politique de sécurité nationale et un projet de loi sur la réorganisation de l’architecture générale de la sécurité nationale.

Le Burkina Faso ne disposait-il pas d’une politique de sécurité nationale ? Oui, mais une politique élaborée de façon inclusive avec toutes les composantes de la société, c’est bien la première fois.

« C’est la première fois que notre pays se donne l’espace et les moyens de se doter d’une vision malgré l’ampleur inégalée des menaces sécuritaires en général et des harcèlements terroristes en particulier. J’encourage les membres de la Commission à persévérer dans cet effort historique et à s’ouvrir à des consultations populaires élargies à l’ensemble de nos régions pour répondre au mieux aux attentes des femmes, des hommes et des jeunes du Burkina Faso », dira le président Roch Kaboré.

La commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale est ainsi installée, et ses 100 membres ont 100 jours pour proposer cette politique tant attendue et un projet de loi sur la réorganisation de l’architecture générale de la sécurité nationale. C’est là un début de mise en œuvre d’une des recommandations du forum national sur la sécurité tenu du 24 au 27 novembre 2017.

« Le moment est décisif car le Burkina Faso, confronté à une dégradation inédite du contexte sécuritaire, s’est engagé, de manière souveraine, à élaborer une politique de sécurité nationale par un processus consultatif inclusif qui prenne en compte les préoccupations, les attentes et les aspirations profondes des populations », a dit le président de la commission d’élaboration de la politique de sécurité nationale, le ministre en charge de la Sécurité, Ousséni Compaoré.

Il a ajouté qu’il va s’agir de questionner tous les aspects de la vie de la nation : économique, alimentaire, sanitaire, environnemental, personnel, communautaire et politique, et de proposer une vision de notre sécurité nationale permettant de promouvoir notre vivre ensemble, de préserver nos valeurs et nos intérêts consensuels.

Le coordonnateur de la commission est le secrétaire général du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants, le Colonel major Naba Théodore Palé. Pour lui, l’aspect inclusif d’élaboration de la politique, vise à connaitre la perception, les aspirations, la vision de la sécurité par chaque catégorie de Burkinabè. Les ateliers qui vont suivre pourront alors fédérer les résultats des focus groupes pour tirer les conclusions. Cette méthodologie permettra d’avoir une stratégie dont la mise en œuvre sera efficace et efficiente et en laquelle les citoyens se reconnaissent.

Pour le président du Faso, la politique de sécurité nationale qui sera élaborée et adoptée constitue le début d’un chantier de réformes que le Burkina doit nécessairement entreprendre. « Les stratégies nationale et sectorielles qui en découleront apporteront plus de clarté quant aux missions, responsabilités et redevabilités de chaque composante des forces de défense et de sécurité et des institutions qui les gèrent et qui les supervisent. L’objectif est de doter notre pays d’un appareil de sécurité fiable, républicain, redevable et en adéquation avec nos ressources », a expliqué Roch Kaboré.
Lefaso.net

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