Boire son urine, est-ce vraiment bon pour la santé ?

Cette idée saugrenue, plébiscitée par certaines influenceuses, circule régulièrement sur les réseaux sociaux. L’urinothérapie y est présentée comme une médecine traditionnelle naturelle. Pourtant, il n’existe aucune preuve de son efficacité. Elle présenterait même des risques pour la santé. 

Sommaire

  1. D’où vient l’urinothérapie ?
  2. Des guérisons… sans preuve scientifique
  3. L’urine peut être contaminée

Madonna a surpris ses fans en buvant un verre d’urine, au sortir d’un bain glacé. Elle a publié la vidéo sur son compte Instagram, suscitant des commentaires ravis ou… interloqués.  La star n’a jamais caché son attirance pour les soins ayurvédiques, cette médecine ancestrale originaire d’Inde.

D’où vient l’urinothérapie ?

« Boire sa propre urine est un principe connu en ayurveda. Mais plus que l’urine humaine, c’est l’urine de vache qui est citée par les textes anciens. Elle est considérée comme un régénérateur des fonctions corporelles et de l’immunité« , explique Fabien Correch, praticien en ayurveda. Lui-même a fait l’expérience : « Pendant mes études en Inde, j’ai bu de l’urine de vache. Il faut avoir l’estomac bien accroché. C’est un peu le test de confiance ! » 

La médecine chinoise s’intéresse, elle aussi, à l’urine. Le Dr Isabelle Tostivint, néphrologue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, a pu le constater lors de voyages en Chine : « Dans certaines régions, on boit l’urine de petits garçons, riche en facteurs de croissance, pour trouver la jeunesse éternelle. » En tant que spécialiste du rein et de l’appareil urinaire, ces pratiques l’interpellent : « Des études sont en cours sur les cellules souches de l’urine humaine. Il y a également des essais de synthétisation de l’urine de dromadaire pour ses vertus anticancéreuses, anticoagulantes et anti-âge. Mais nous n’en sommes pas à boire de l’urine. »

Personne ne le conseille aujourd’hui, si l’on s’en tient à une médecine basée sur les preuves, insiste le Dr Tostivint.

Des guérisons… sans preuve scientifique

De rares études se sont intéressées à l’amaroli, sorte d’urinothérapie dans la tradition indienne. Elles font état de guérisons miraculeuses dans des cas de cancers. « Il existe des cas de régression tumorale spontanée. Dire que c’est grâce à l’urine, c’est totalement hypothétique. Ces études n’ont pas la rigueur scientifique nécessaire », souligne le Pr Yann Neuzillet, urologue à l’hôpital Foch et membre de l’Association française d’urologie.

L’urine est avant tout un déchet de l’organisme. « Elle lui permet d’éliminer ce qu’il ne souhaite pas garder », rappelle le Pr Neuzillet. Composée essentiellement d’eau, elle contient des résidus organiques. Elle témoigne aussi d’une exposition à des molécules toxiques, comme les carcinogènes de la fumée du tabac, les résidus de pesticides ou les solvants industriels. Ces molécules indésirables peuvent être très concentrées dans l’urine, en particulier chez les personnes qui ont une mauvaise hygiène de vie et qui ne s’hydratent pas suffisamment. Un fumeur sédentaire, dont l’alimentation est déséquilibrée, aura une urine surchargée en produits de dégradation de ses protéines et en molécules toxiques ». 

Quel intérêt de boire ses propres déchets ? s’interroge le Pr Neuzillet.

L’urine peut être contaminée

L’urine est stérile tant qu’elle reste dans la vessie. Elle peut éventuellement se contaminer au contact de muqueuses infectées par des bactéries. Là encore, on ne voit pas le bénéfice d’avaler un staphylocoque doré ou tout autre microbe.

Si, malgré tout, l’amaroli vous tente, suivez les conseils de bon sens du Pr Neuzillet : « Pour que l’urine soit buvable, il faut s’imposer une hygiène de vie, c’est-à-dire boire beaucoup (plus de 2 litres par jour), éviter de manger trop de protéines, faire de l’activité physique régulièrement pour bien éliminer et éviter l’alcool qui a tendance à concentrer les urines.

Nous éliminons 2 litres d’urine par jour

D’où vient-elle ?

L’urine est fabriquée par les reins, dont le rôle est de filtrer le sang. Les nutriments (vitamines, minéraux…) et l’eau, dont l’organisme a besoin, sont réabsorbés. Le reste part dans l’urine.

Que contient-elle ?

L’urine contient plus de 90 % d’eau. Parmi les composants rejetés par l’organisme, on trouve du potassium issu de nos cellules, de l’urée (produit de dégradation des protéines), de la créatinine (un déchet du métabolisme musculaire), du calcium provenant de l’alimentation et des milliers d’autres molécules.

Sa couleur a-t-elle une signification ?

  • Trop claire, c’est peut-être un symptôme de diabète.
  • Foncée, l’urine es trop concentrée, cela révèle un manque d’hydratation.
  • Rouge, elle contient du sang. C’est le signe d’une infection urinaire ou d’une maladie du rein. Il faut consulter un médecin.

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