Bobo-Dioulasso : Les vendeurs de pièces détachées demandent la suppression de la Brigade mobile du commerce

Les commerçants vendeurs de pièces détachées (chambres à air et pneumatiques) ont tenu, le samedi 23 mars 2019 à Bobo-Dioulasso, une conférence de presse pour demander la suppression de la Brigade mobile du commerce (BMC) qui, selon eux, est un moyen de racket des micro-entreprises. La BMC a essentiellement pour mission de renforcer par des actions de contrôles plus accrues, voire permanentes, la lutte contre la fraude économique et commerciale.

Le secteur industriel du Burkina Faso traverse depuis quelque temps, une période sombre de son histoire. En effet, certaines industries notamment, celles installées à l’Ouest du pays, ont dû mettre les clés sous le paillasson à la recherche d’autres horizons plus porteurs. C’est dans le souci de mieux protéger ces unités de productions locales, que le ministère en charge du Commerce a dressé une liste des produits soumis au certificat national de conformité et documents exigés à l’importation. Il s’agit notamment des pneumatiques et chambres à air.

Pour une importation de ces produits, il faut forcément avoir une autorisation spéciale d’importation délivrée par le ministre pour les engins à deux roues, une facture proforma du fournisseur et un échantillon du produit. Selon les conférenciers, cette mesure vise à favoriser l’industrie au détriment du commerce. C’est pourquoi, ils demandent au ministre en charge du Commerce de « revoir ces conditions afin de permettre aux petits commerçants de vivre ».

A en croire le porte-parole des conférenciers, Moustapha Léga, pour qu’un commerçant vendeur de pièces détachées puisse avoir l’autorisation d’importation de ses marchandises, le ministère a exigé que le commerçant paie d’abord les produits de la SAP Olympic à hauteur de 200 millions de FCFA. Une condition qu’ils ont déplorée, car ils estiment que le montant est trop élevé. « Notre souhait est que si un commerçant venait à faire un enlèvement de plus d’un million et demi de FCFA, que l’on puisse lui octroyer une autorisation d’importation, dans le cas échéant, ce serait du favoritisme économique au profit d’un cercle vicieux », a indiqué le secrétaire de l’association des vendeurs des pièces détachées, Moustapha Léga.

Moustapha LEGA

Il a par ailleurs souligné que moins de 10% des engins utilisent les produits de la SAP Olympic. Selon lui, la cause de la mévente de nos industries locales est connue de tous. « Cela est dû à la cherté et à l’inadaptation des produits de la SAP aux engins circulant sur le territoire national. Pour conquérir un marché, il faut être compétitif », a-t-il laissé entendre. Il a fait savoir également que les vendeurs de pièces détachées ne sont pas contre la lutte anti-fraude. « Nous dénonçons la création de la Brigade mobile du commerce (BMC) par le ministère du Commerce qui n’a pas sa raison d’être, vu déjà l’existence de la Brigade anti-fraude. La BMC est un moyen de racket des micro-entreprises. Nous demandons donc sa suppression pure et simple », a ajouté M. Léga.

Il a rappelé que les PMI-PME représentent 85% de l’économie nationale et l’instauration des autorisations spéciales vient plomber la relance économique au profit d’un groupuscule d’operateurs économiques. C’est pourquoi, les conférenciers demandent au ministre de prendre en considération la jeunesse dans sa démarche vers le renouveau économique.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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