Bobo-Dioulasso : Les déguerpis des « non-lotis » réclament leurs parcelles

Les déguerpis des secteurs 6, 18, 27 (au quartier Kuinima, dans le domaine du camp Ouézzin Coulibaly) ainsi que ceux du 29 (quartier Belleville) ont organisé une marche de protestation, le samedi 9 mars 2019 à Bobo-Dioulasso, pour dire « non au déguerpissement sauvage des non- lotis ». De la bourse du travail, ils se sont rendus au gouvernorat de la région des Hauts-Bassins pour remettre leur plateforme revendicative aux premiers responsables de la région. A travers cette marche, ils entendent réclamer ainsi leurs parcelles.

Ils étaient environ deux cents personnes à sortir dans la rue, pour interpeller les autorités sur les « déguerpissements sauvages » et les démolitions des habitats constatées au niveau des différents secteurs de la ville de Bobo-Dioulasso. En effet, le 3 décembre 2018, l’opinion nationale et internationale a appris le déguerpissement des résidents de la zone non lotie du secteur 29 (quartier Belleville).

Le lundi 4 février 2019, c’était le tour des secteurs 6, 18 et 27 (quartier Kuinima) de subir le même sort avec la destruction des habitats spontanés et le site maraicher dans le domaine du camp Ouézzin Coulibaly. Selon Seydou Sanou, porte-parole des manifestants, ces déguerpissements s’effectuent alors que la deuxième commission ad’hoc sur l’apurement du foncier n’est qu’au début de ses travaux. Cette commission installée en fin décembre 2018 a six mois pour déposer ses conclusions.

Seydou Sanou, porte-parole des manifestants

Aujourd’hui, ces habitants ont une fois de plus affirmé qu’ils vivent dans la misère. Certains ont confié n’avoir pas encore eu de toit. Ils disent ainsi vivre dans l’injustice. C’est pourquoi, à travers cette marche, ils veulent se faire entendre. Ils réclament ainsi leurs parcelles. De la bourse du travail, ils se sont rendus au gouvernorat de la région des Hauts-Bassins afin de remettre leur plateforme revendicative aux premiers responsables de la région.

A travers leur plateforme, ils réclament l’arrêt des déguerpissements en attendant les conclusions de la commission ad’hoc d’apurement du foncier urbain et du foncier rural ; le traitement diligent des dossiers des déguerpis des secteurs 6, 18, 27 et 29 par la commission ad’hoc d’apurement du foncier urbain et du foncier rural.

Ils souhaitent l’aménagement par les pouvoirs publics, d’un site pour la réinstallation des maraichers déguerpis dans le domaine du camp Ouézzin Coulibaly ; l’accès des résidents des zones d’habitats spontanés aux parcelles conformément à la RAF de 1996, RAF en vigueur en 2011 date de la suspension des opérations de lotissement.

« Nous réclamons un audit indépendant des opérations de lotissement depuis 1995 ; l’arrêt de l’expropriation des paysans pauvres de leurs terres agricoles au profit des sociétés immobilières ; la poursuite et la sanction des auteurs de détournement et de corruption des parcelles (les anciens maires et les anciens directeurs régionaux de l’urbanisme notamment) ; la protection des réserves administratives, des espaces verts ainsi que les réserves traditionnelles et de l’environnement ; la protection des espaces réservés aux activités socioculturelles et culturelles (sites coutumiers, équipements de loisirs, mosquées, églises, temples, etc.) », a laissé entendre Seydou Sanou.

Par ailleurs, les manifestants demandent une garantie effective de la liberté des citoyens de contrôler l’action des élus dans la gestion du domaine foncier communal et l’examen transparent des contentieux et/ou des plaintes individuelles ou collectives. Toutefois, ils disent être déterminés à poursuivre la lutte, afin d’avoir une suite favorable.

Romuald Dofini
Lefaso.net

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