Bartiebougou dans l’Est du Burkina: Les examens n’auront pas lieu!

Bartiébougou est une commune de la région de l’Est située dans la province de Komondjari. Après l’incendie dans la nuit du 06 au 07 Septembre 2018 du poste forestier, de la mairie et de la résidence du préfet (préfecture), les autorités administratives locales ont tous déménagé au haut commissariat de la province à Gayéri. Aucune école ne s’est donc ouverte dans cette commune au cours de cette année scolaire 2018-2019. Par conséquent, cette année sera blanche pour les élèves de Bartiebougou. Les examens de fin d’année n’auront donc pas lieu.

L’autorité de l’Etat a disparu dans la commune de Bartiébougou. Quand un étranger arrive, des hommes armés de kalachnikovs contrôlent ses papiers. Mais ils vérifient d’abord son front, à la recherche de la marque que peut laisser un béret — une preuve immédiate qu’il s’agit d’un militaire, et donc d’un espion ennemi.

Ce qui se passe à Bartiébougou, tout comme dans une grande partie de l’est du Burkina Faso, échappe au gouvernement, malgré l’opération militaire « Otapuanu ». Cette commune frontalière au Niger est sous la commande d’une milice terroriste dont les membres sont pour la plupart à en croire aux populations des fils de la localités. On se rappelle encore de l’arrêt d’un conseiller municipal, le 13 Novembre 2018, du nom de Barry Mahama du village de Bin Touga, dans la commune de Bartiebougou. Il aurait été le tuteur et le recruteur du groupe armé. Bien avant, en 2016, un chef coutumier et ex-maire de la commune avait été arrêté et emprisonné pour fait de grand banditisme.

La présumée bande de l’ex-chef et ex-maire de Bartiébougou présentée à la presse en 2016

Dans la région l’Est, malgré l’opération « otapuanu » que l’armé a présentée comme un succès, la situation semble ne pas être encore maîtrisée. Des groupes de personnes continuent de semer la désolation et la terreur au sein des populations. Les ressentes attaques dans plusieurs villages des provinces de la Tapoa et de la Komandiari, démontrent que la lutte est encore pour longtemps.

A écouter les populations, les milices terroristes se montrent à la fois bienveillants et cruels. Ils s’en prennent aux forces de sécurité, aux écoles et à d’autres symboles de l’État, et exécutent quiconque est soupçonné d’être un espion du gouvernement. “Leur idéologie vise à détruire l’administration”, avait commenté le ministre des Communications Remis Dandjinou.

Pour cette année, ils ont réussi à faire passer une année blanche à plus de 3000 élèves de la région. Nous espérons que des dispositions sécuritaires seront prises pour que la rentrée prochaine soit effective.

Gulmu.info

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