Banque Atlantique : Des agences fermées à Ouagadougou

Des agences de la Banque Atlantique à Ouagadougou étaient sous scellés le mardi 8 septembre 2020 dans la matinée. Du moins pour celles que nous avons pu visiter. L’établissement financier, en effet, fait l’objet d’une saisie de son matériel par un huissier de justice.

De l’agence de Tanghin, à celle sur l’avenue Kwamé N’Krumah, en passant par l’agence de Sankaryaar, aucun moyen pour avoir accès à l’intérieur des agences. Les clients qui y viennent sont déroutés sans aucune explication. C’est la colère chez certains, la consternation pour d’autres qui en veulent à la structure de manquer de stratégie de communication avec ses clients, mais surtout de connaître des difficultés d’accès à répétition.

Soit pour un problème de connexion, soit un problème de chèque ou de guichet. C’est ce que nous racontent, ces clients au siège de l’institution, situé entre le grand marché de Ouagadougou et l’État-major général des Armées, lorsqu’on leur tend le micro. Dans ce site campe une patrouille de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS).

Elle est venue assurer la sécurisation de l’enlèvement, ce 8 septembre, de matériel saisi, selon une source très instruite sur cette affaire qui a préféré garder l’anonymat. « La banque fait l’objet de saisie de son matériel par un huissier de justice pour le compte d’une société de la place dénommée SONATAB », renseigne-t-elle. En effet, cette dernière (SONATAB), selon la source, est liée à la banque par un contrat de financement d’un projet de construction d’usine depuis 2012.

En 2014, la banque a décidé de rompre le contrat sans donner de raison valable de son renoncement, alors que la société avait fait ses apports dans le contrat. Les tractations pour le dédommagement du client les ont conduits en Justice qui statue en premier ressort en faveur du client. La banque use de son droit et fait appel du jugement. En appel, la justice statuera en faveur du client qui se sent très lésé car victime d’une « mauvaise foi » de la part de la banque.

Le huissier était allé jusqu’à solliciter les services d’un soudeur pour scier les portes de la Banque afin de pouvoir récupérer le matériel.

Après cette seconde défaite, la banque va encore user de manœuvres pour obtenir un sursis au paiement du dommage, explique la source. Les nombreuses démarches infructueuses ont conduit la justice à autoriser une saisine du matériel de la banque sur toutes ses agences au Burkina Faso. C’est ainsi que toutes les agences ont été mises sous scellés par la banque elle-même pour éviter la saisie du matériel par la justice.

Un compromis de circonstance a été trouvé puisque la banque a repris ses activités dans l’après-midi pour permettre aux clients qui étaient toujours sur place de pouvoir effectuer leurs opérations.

Cependant, explique notre source, si la banque, qui a toujours fait preuve de « mauvaise foi » jusque-là, ne s’exécute pas, la justice se fera le devoir de revenir pour saisir le matériel, mais aussi veillera à faire valoir le droit. Elle se demande pourquoi lorsqu’un individu a des problèmes avec certaines banques, il a toujours du mal à obtenir gain de cause aussi aisément.

La source se rappelle de l’affaire SGBF et la clinique les genêts qui a débouché sur la saisie des locaux de la clinique. « Quand un individu aussi a raison sur une banque, il faut que l’exécution de la sentence soit sans difficulté » a-t-elle réclamé. « Elles se disent qu’elles sont peut-être en territoire conquis, c’est pourquoi elles se comportent ainsi » s’offusque-t-elle. Mais s’en réjouit la source : « nous sommes dans un pays de droit et la Justice a commencé à faire du bon boulot ».
Toutes nos tentatives pour avoir la version de la banque ont été vaines.

Affaire à suivre…

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

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