Attaques terroristes : « Qu’attend le président Roch Kaboré pour décréter une mobilisation générale de toute la Nation ? » (Un citoyen)

« Rage, indignation, outrage, dégoût », les mots ne suffisent pas à ce citoyen pour crier son indignation face à la grave crise sécuritaire que traverse le pays, presque dans l’indifférence générale. Il en appelle à la conscience de tous, surtout le président du Faso, le gouvernement, les syndicats et les partis politiques, pour un sursaut salvateur.

Je crie ma colère, mon indignation, mon dégoût, ma grande honte, pour l’inconscience, l’apatridie d’une catégorie de citoyens de mon peuple, surtout une partie des citoyens dits éclairés. Je ne puis comprendre qu’au moment où notre patrie, notre nation est menacée d’effondrement par une désorganisation de l’administration, des services, écoles brûlées, CSPS fermés, déplacement massif des populations et leur concentration dans certaines parties du pays, notamment dans sa partie Nord, Centre-Nord, Est, Sud-Est, Mouhoun, les morts de citoyens, des enseignants dans l’exercice de leur fonction, des FDS, des religieux, qui s’accumulent, il y ait une place pour le développement d’une telle inconscience.

Dans une telle situation, que des partis politiques, des syndicats, etc., se conduisent de manière inconsciente, irresponsable, en apatrides (et je pèse bien mes mots), je ne peux comprendre. C’est parce qu’il y a un pays, une nation que nous pouvons être tranquilles pour faire des revendications et nous conduire de cette façon. Si le pays s’effondrait comme en Somalie depuis presque 30 ans, où allons-nous trouver des services qui fonctionnent avec les multiples revendications et conduites mesquines que nous connaissons, en ce moment ?

Tout le monde voit comment le peuple somalien est misérable aujourd’hui, avec une désorganisation totale de l’administration et les services, le peu reconstruit est dynamité quelques jours plus tard, les ministères, les services de santé, aucune structure de formation, depuis, rien ne fonctionne. Alors, voulons-nous arriver à une telle situation dans ce pays ? Il convient de nous rendre compte que notre comportement actuel ouvre la porte à une telle situation.

On ne dénie pas parfois le bien-fondé des revendications pour une amélioration de la situation, mais le peu que nous gagnons en ce moment est dû au fait que le pays existe avec encore des services qui fonctionnent. Il est vrai que le gouvernement du Président Roch a commis la grosse maladresse de mettre en application la mesure prise sous la Transition d’augmenter les salaires des magistrats en début de mandat.

Mais est-ce pour autant que les autres syndicats doivent perdre la raison, refuser de prendre du recul et adopter une conduite et une attitude qui peuvent mettre en péril l’existence même de toute la République ? Rappelons que nous revenons de loin, avec plus d’une année de lutte contre l’instauration d’une monarchie et un pouvoir à vie, après toutes les formes de déviations et perversions que nous avons connues depuis 27 ans du régime Compaoré.

Je ne puis comprendre que des syndicats animés par des intellectuels de très haut niveau de culture et d’expérience de la vie et de connaissance de l’évolution politique de la Haute-Volta au Burkina Faso, des magistrats et autres enseignants, CGTB, etc., ne puissent faire un arrêt, faire une révision de vie pour se rendre compte qu’il y a un temps pour tout, notamment pour les revendications, et un temps pour réagir quand l’existence même du pays est en péril.

Depuis fin 2015 et plus particulièrement le 1er janvier 2019, les terroristes ont enflammé le pays avec une volonté farouche de s’établir, le Soum est en agonie avec la prise d’Aribinda, le Sanmatenga est malade, avec les évènements de Barsalogo (Yirgou), Pissila, Bourzanga, Kongoussi, Nasséré, Pensa avec le cri de douleur du maire de Pensa ces derniers jours, les tueries inutiles et stupides de Sirgagué, de Dablo. Les terroristes auraient envoyé un avertissement à partir de Kongoussi vers le Yatenga.

Après les évènements de Kain, de Banh et autres, Sidéradougou dans la Comoé, le Sourou, sans oublier ce que l’Est du pays a connu, le Centre-Est avec l’exécution des 5 enseignants, etc. On constate que tout le pays est en danger et les zones encore tranquilles continuent à se la couler douce comme si rien ne se passe. Les syndicats et autres structures comme les partis politiques ne peuvent pas ouvrir les yeux pour voir que toute la République est en danger et que l’existence même du pays est menacée.

Sommes-nous si inconscients, si apatrides au point de vouloir la disparition du pays que nos ancêtres ont bâti au prix de leur sueur et de leur sang ? Il est temps que l’ensemble du pays se mobilise, parce que notre existence même en tant que pays et nation est menacée. Si l’on se souvient qu’après la chute de Maurice Yaméogo, le 3 janvier 1966, les travailleurs de ce pays ont consenti une réduction de 20% de leur salaire sous la Garangose pour rebâtir ce pays, alors sommes-nous devenus si apatrides aujourd’hui au point de ne pas pouvoir consentir un sacrifice pour éviter un effondrement de ce pays ? Du reste, c’est parce qu’il y a un pays qu’il y a une administration et une fonction publique. S’il n’y pas d’administration, il n’y aura pas de services ni de fonctionnaires et finies les revendications.

A ceux qui nous gouvernent, nous ne comprenons rien. Depuis fin 2015 que les attaques ont commencé, nous ne percevons aucune stratégie pour nous sortir de ce bourbier. Où est le Président Roch Kaboré ? Il est vrai que depuis l’arrivée du Général Minoungou, à l’Est, les choses ont sensiblement évolué.

Cependant, nous constatons encore des attaques sporadiques dans les mêmes zones. Il est grand temps que les zones libérées ne restent plus vides après le départ des FDS ; mieux, il conviendrait que la population soit associée à sa propre défense. Il est inadmissible que des terroristes apparaissent dans des marchés et autres lieux où les populations à mains nues vaquent à leurs activités quotidiennes en toute tranquillité, ou prient et qu’on vienne leur tirer dessus et repartir tranquillement. A chaque acte nouveau, une réponse locale devrait être administrée avant l’arrivée des FDS.

De ce point de vue, le souvenir des Comités de défense de la révolution (CDR) sous le grand héros et patriote Thomas Sankara reste encore vivace dans nos mémoires. C’est en cette période précise que le pays a besoin de CDR formés pour défendre la nation en danger. Alors, qu’attend le gouvernement de Roch pour remettre ces structures en route, pour crier, pour décréter une mobilisation générale de toute la Nation, inciter le brave et courageux peuple du Burkina Faso à apporter sa contribution à part entière dans la défense de son intégrité ? Au Rwanda, si l’on perd une seule aiguille dans une rue, au bout de 48 heures on la retrouve.

Malgré la situation horrible que connait le pays en ce moment, nos dirigeants continuent à vivre comme si de rien n’était et cela n’est pas normal. Il conviendrait qu’il y ait une vigoureuse réaction, car l’heure est très, très grave et cela est du ressort du gouvernement, et les citoyens que nous sommes ne le sentons pas du tout. Les clivages politiques et débrayages déraisonnables doivent prendre fin immédiatement, les revendications doivent s’arrêter, afin que toute l’énergie du pays soit orientée et consacrée à la défense et à la survie du pays et après l’on verra.

Je ne comprends pas. Dans ce pays, les nombreux officiers supérieurs sont passés par les écoles de guerre, il est vrai aussi que la situation que les pays du Sahel connaissent n’est pas conventionnelle. Cependant, de notre point de vue, une Cellule permanente comprenant des officiers, des économistes et des personnes ressources ayant été formées dans des écoles d’études stratégiques, etc., devrait être mise en place. Laquelle sera en brainstorming permanent pour proposer des solutions pour permettre de venir à bout de ce terrorisme.

Nous n’avons pas connaissance de l’existence d’une telle cellule, à moins que son existence ne soit confidentielle. A ma connaissance, depuis cette crise, seules deux ou trois rencontres d’urgence ont été convoquées par le Président et les états d’urgence décrétées dans cinq régions du pays, dont l’efficacité reste relative. Nous ne comprenons pas pourquoi les motos assassines continuent à circuler allégrement en toute impunité dans tout le Sahel et à tout moment.

Il est grand temps que tout le Burkina Faso sorte de sa torpeur, notamment le gouvernement de Roch qui devrait se mettre à genoux pour rassembler toutes les forces vives et se donner les moyens de sa défense, sans compter sur les autres. Il nous faudrait du matériel de lutte nocturne avec un équipement adéquat (lunettes à infrarouges) pour permettre à des commandos opérationnels en tout temps, et surtout la nuit, de pouvoir travailler pour la libération de notre pays et le rétablissement de la sécurité pour tous dans des conditions optimum.

Il est grand temps que le Burkina Faso ait du matériel aérien performant, comme des hélicoptères, des avions, des armes performantes, des munitions en quantité, des véhicules anti-mines, des drones, etc. Nous ne comprenons pas pourquoi depuis 2015, nous ne voyons aucun hélicoptère national armé pour intervenir dans les sites agressés. Nous avons pris connaissance des images prises par des drones français montrant des terroristes en train de poser des explosifs sur les routes.

Pourquoi le Burkina Faso ne pourrait pas se doter d’un tel matériel ? Il convient d’indiquer que le système de drones installé par les USA au Niger a coûté 67 millions de dollars US, soit 39,20 milliards de francs CFA. Pourquoi le Burkina Faso ne pourrait pas mettre en place un tel budget pour réaliser un tel système surveillance, ou alors que les pays sahéliens, notamment le Burkina, le Mali et le Niger, se mettent ensemble pour élaborer un projet commun dans ce sens et réaliser une surveillance et une organisation de la lutte plus performantes.

Je ne peux comprendre que l’armée française soit basée à Kamboinsé avec des véhicules blindés et des hélicoptères et que les performances dans la lutte contre les terroristes soient aussi négligeables. Que des groupes viennent avec des tricycles, des motos comprenant 300 individus pour agir et repartir en toute quiétude, cela est inadmissible.

Si la France est chez nous inutilement, les accords que nous ne connaissons pas doivent être dénoncés et le pays devrait prendre ses responsabilités en toute indépendance. Si notre souvenir est bon, Maurice Yaméogo avait renoncé à la présence de l’armée française sur le sol de la Haute-Volta. Ce n’est qu’avec le Président Roch que la France est de retour au Burkina et nous avons l’impression que c’est elle notre problème. Les hélicoptères français sont à Kamboinsé et ne bougent pas. Alors quel est le problème ?

Je ne peux comprendre la présence du G5 Sahel, avec des annonces des gros financements obtenus, mais dont les résultats des interventions ne sont pas perceptibles sur le terrain. Aux partis politiques de l’opposition au Burkina aux courtes vues et calculs mesquins autour des élections de 2020, il faudrait vous rappeler que c’est parce qu’il y a un pays qu’il y a des élections. Si le pays s’effondre, les élections vont se tenir où ?

Il est temps que tout le pays se mobilise pour sauver l’essentiel, la patrie en danger, la sécurité de nos braves populations. Les syndicats devraient arrêter cette bêtise de conduire le pays dans la ruine, parce que sans pays, il n’y aura ni services, ni fonctions, ni revendications. Il faudrait que les syndicats se rendent compte que le moment est très mal choisi pour ces multiples revendications, surtout le MINEFID. Aux enseignants dont tout le système éducatif a été ébranlé, par les fermetures d’écoles, le massacre des enseignants, il ne conviendrait pas de mettre notre système éducatif par terre parce que pour le remettre debout, ce ne sera pas facile.

Aux partis politiques, s’il n’y a pas de pays, il n’y aura pas d’élection en 2020. J’espère que personne n’a intérêt que ce pays tombe dans une telle extrémité. 
Alors en avant pour sauver le Burkina !

Un citoyen indigné par l’évolution de la situation politique au Burkina Faso (G.R.L.F.) 

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