Attaque terroriste à Dablo : « Le Saint Père m’a appelé pour m’encourager », Mgr Théophile Naré

À l’occasion de la 3e Assemblée plénière des évêques de l’Afrique de l’Ouest qui a ouvert ses portes à Ouagadougou, le 14 mai dernier, Mgr Théophile Naré, évêque de Kaya, s’est exprimé sur les tristes événements qui ont eu lieu dans son diocèse, occasionnant l’assassinat de l’abbé Siméon Yampa et de cinq de ses paroissiens.

Ordonné il y a tout juste deux mois comme évêque du diocèse de Kaya, Mgr Théophile Naré dit avoir pris la tête du diocèse dans « un contexte tourmenté ». 
Mais le nouvel évêque confie qu’il n’est seul à porter sa croix ; il bénéficie du soutien de ses pairs évêques du Burkina Faso et même du Saint Père, le Pape François, qui l’a appelé après l’attaque de Dablo, pour lui exprimer son soutien.

Mgr Naré dit être touché par ce qui arrive dans son diocèse. Il craint que la situation devienne beaucoup plus difficile, si rien n’est fait pour apporter l’accalmie. « Jusqu’ici, nous n’avions pas vu une attaque de cette ampleur dirigée contre une église catholique (…) Bien sûr qu’il y a eu, de temps en temps, des menaces à l’endroit des catéchistes dans des villages, mais pas encore une telle attaque », confie-t-il.

Pour l’évêque, les menaces à l’endroit des catéchistes se résumaient à ces propos : « Arrêtez de suivre les fausses religions, adoptez la vraie religion et nous vous laissons en paix. Nous n’avons rien contre vous ».

CLe cas de Dablo reste donc un choc pour lui et les chrétiens de son diocèse. Et d’après le récit qui lui a été livré, « une vingtaine de personnes ont surpris la communauté en prière. Alors que le curé tentait de mettre à l’abri les enfants de chœur, il a été abattu (…). Ensuite, ils ont maîtrisé ceux qui ne pouvaient pas s’enfuir, dont le catéchiste, en les maintenant couchés. C’est ainsi qu’ils ont assassiné les cinq autres chrétiens, brûlé les livres, le matériel de culte, brûlé la sacristie, tiré sur le tabernacle (…) et ont pris quatre mobylettes des fidèles ».

Ce qui écœure l’épiscope, c’est la lenteur des secours. « Ils ont trop tardé. Nous n’avons pas compris pourquoi. Les gens s’étaient enfuis et les corps étaient là, abandonnés, et personne ne pouvait s’approcher (…). Les agents étant sans protection avaient peur d’aller ensevelir les morts (…) ».

Toutefois, le prélat garde foi en la justice. « Je crois que justice sera rendue. J’y crois, sinon je risque de tomber dans le désespoir. Mais tout compte fait, l’armée est déployée dans la zone », confie-t-il.

C’est pourquoi Mgr Théophile Naré demande aux chrétiens de faire confiance aux forces de défense et de sécurité qui œuvrent nuit et jour pour la pacification du pays. Mais aussi de faire confiance en Dieu car, dit-il, « si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs ». Avec une voix chargée d’émotion, l’évêque demande aux fidèles de ne pas céder à la panique et à la vengeance, mais de « prier pour ceux qui nous tuent ».

Lefaso.net

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