Attaque de Boungou : 5 mois avant, les travailleurs avaient émis des inquiétudes

C’est une révélation de nos confrères de l’agence de presse Reuters. Cinq mois avant l’attaque du convoi de SEMAFO, les employés avaient émis des inquiétudes pour leur sécurité. La route menant à la mine était devenue de plus en dangereuse. Les premiers responsables s’y rendaient d’ailleurs en hélicoptère.

Les travailleurs nationaux voyaient la situation empirée. Encore plus quand en août 2018, trois de leurs collègues avaient péri dans deux attaques de groupes armés. « Les employés voulaient les mêmes protections que les employés expatriés qui se rendaient à la mine en hélicoptère », révèle l’enquête de Reuters.

Le canard précise que lors d’une réunion en juin dernier, les employés locaux d’un sous-traitant de la mine ont exprimé leurs craintes. « J’ai dit : voulez-vous qu’ils nous tuent avant d’agir ? », a déclaré Samuel Kabré, présent à ladite réunion.

Le pire est finalement arrivé. Le 6 novembre 2019, des assaillants ont fait exploser un véhicule blindé escortant le convoi de travailleurs et ouvert le feu sur leurs bus, faisant 39 morts et 60 blessés. C’était la pire attaque que le Burkina Faso ait connue depuis des années.

Les journalistes de Reuters expliquent que des représentants de SEMAFO n’ont pas répondu aux appels et aux questions dans le cadre de cette enquête.

Conscients de la dégradation de la situation sécuritaire sur le tronçon qui mène à la mine et dans les environnants, les responsables de SEMAFO avaient, lit-on dans l’enquête de Reuters, envoyé des gilets pare-balles aux travailleurs burkinabè afin qu’ils les enfilent pendant les trajets aller-retour. Mais les bénéficiaires auraient refusé de les porter, craignant que cela n’attire l’attention des assaillants qui chercheraient alors à les voler. « Les gilets non utilisés sont entassés dans un bureau à la mine », ont déclaré des responsables aux journalistes.

L’on apprend également que SEMAFO avait commencé cette année à construire une piste d’atterrissage pour augmenter la capacité de transport sur le site. Selon les documents de la société et un ancien employé de SEMAFO, toutefois, les plans initiaux ne prévoyaient que des employés expatriés et certains employés locaux de haut niveau.L
Source : Reuters

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