Asthme : les symptômes et les traitements à connaître

L’asthme est une maladie inflammatoire des bronches qui touche plus de 4 millions de Français. C’est la première maladie chronique de l’enfant. Définition, causes, prévention des crises, traitements… Le point avec le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue.

Qu’est-ce que l’asthme ?

L’asthme est une pathologie inflammatoire chronique des bronches associant plusieurs processus dont une hyper-réactivité des bronches, une inflammation locale et un épaississement des parois bronchiques accompagnés d’une formation de mucus et une bronchoconstriction, c’est-à-dire une diminution du diamètre des bronches. « Le rétrécissement des voies respiratoires provoque une respiration sifflante et des crises plus ou mois fréquentes« , explique le Professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpêtrière (Paris). A l’occasion d’une crise d’asthme, les bronches se contractent, puis développent un oedème diminuant leur diamètre. Les bronches s’obstruent et empêchent l’air de circuler. L’asthme survient souvent dès l’enfance, « mais la moitié des cas d’asthme chez l’enfant disparaît à la puberté. Il peut toutefois réapparaître à la ménopause« .

Asthme allergique

L’asthme allergique est une pathologie liée à un phénomène allergique, comme son nom l’indique. « Il y a une altération de la réponse immunitaire, qui devient excessive face à divers antigènes« , précise le pneumologue. 

Asthme cardiaque

Enfin, l’asthme cardiaque est une maladie liée au cœur. « Cette pathologie se développe chez des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque. Un œdème se forme au niveau des bronches et entrave la circulation de l’air. Mais c’est un abus de langage : il ne s’agit pas d’un asthme à proprement parler, seulement, ça y ressemble« , tient à préciser le spécialiste. 

Symptômes : toux, essoufflement…

Cette inflammation des bronches empêche le passage de l’air et provoque les symptômes de la crise d’asthme, à savoir : une toux, un sifflement de la respiration, un essoufflement, voire une asphyxie. « On peut mourir d’une crise d’asthme non traitée ; heureusement, la plupart des patients savent comment réagir en cas de crise. Il est nécessaire de former les patients et leur entourage à réagir de manière adéquate (prendre son traitement et appeler le 15 dans les cas graves)« , conseille le médecin. 

Causes de l’asthme

La crise d’asthme a deux causes principales :

  • Elle peut être d’origine allergique. Les allergies aux pollens, par exemple, sont une cause classique. « Typiquement, c’est l’enfant qui fait des crises quand il se rend dans la maison de campagne de ses grands-parents« , donne comme exemple l’expert. La pollution (pesticides, particules fines…) est également un grand facteur de risque.
  • Elle peut aussi être causée par l’effort : elle se déclenche pendant une activité physique, « en général 10 à 15 minutes après le début de l’effort ». Cet asthme d’effort est lié à un assèchement des voies respiratoires. « L’enfant, notamment, a tendance à respirer par la bouche. Pour éviter cela, il convient de lui mettre un foulard et de l’inviter à respirer par le nez – cette respiration permet une meilleure hydratation« , conseille le Pr Dautzenberg.

Quand et qui consulter ?

En cas de suspicion d’asthme, il convient de consulter un médecin sans attendre. Les premiers symptômes (toux, sifflement de la respiration…) doivent alerter et inciter à prendre rendez-vous chez son médecin traitant, ou bien chez un pneumologue. En cas d’asthme allergique, l’allergologue est un interlocuteur adapté.

Diagnostic : comment savoir si on a de l’asthme ?

Le diagnostic d’une crise d’asthme est assez simple à effectuer. Mais une grande majorité d’asthmatiques ne présente pas de crises sifflantes et vivent des années avec un asthme évoluant lentement, mais surement. De nombreuses personnes sont ainsi gênées depuis des années par des manifestations moins impressionnantes, sans que le diagnostic ne soit effectué. Des épisodes de toux sèche évoluant depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois ou années, survenant souvent au cours de la nuit où à l’effort peuvent également être des signes de l’asthme. Des épisodes de bronchites à répétition peuvent aussi témoigner d’un asthme.

Pour poser le diagnostic de l’asthme, le médecin mène un interrogatoire et évalue la fonction respiratoire du patient. Une épreuve après effort est conduite chez l’enfant. « Si on observe une variation de 20 % du souffle avant et après l’effort, le diagnostic est posé« , précise le Pr Dautzenberg. Enfin, si le salbutamol parvient à corriger la perte de souffle, alors, le diagnostic ne fait plus de doute.

En somme, on peut poser le diagnostic d’asthme lorsqu’on est témoin d’une crise tant les symptômes sont caractéristiques. En dehors d’une crise, il est néanmoins possible de déterminer l’origine et la gravité de l’asthme en procédant à une série d’analyses : l’exploration fonctionnelle respiratoire qui permet de déterminer les capacités respiratoires : il doit être réalisé au minimum une fois chaque année, même chez les patients ne ressentant aucune gêne. Cet examen est indolore qui est remboursé par la caisse d’assurance maladie.  l’épreuve de provocation bronchique (comparaison entre le volume d’air expiré avant et après avoir été mis en contact avec un allergène) ; le test de réversibilité de l’obstruction suite à l’inhalation d’un produit dilatant les bronches.

Comment mesurer son souffle avec le débit mètre de pointe ?

Le débit mètre de pointe est un appareil de petite taille qui mesure le débit expiratoire de pointe : celui ci correspond à la vitesse maximale à laquelle peut circuler l’air au cours d’une expiration forcée après avoir gonflé au maximum ses poumons. L’utilisation du débit mètre de pointe consiste à comparer le chiffre obtenu avec une valeur théorique, qui varie selon l’âge, la taille et le sexe du malade. A noter que certains malades doivent surveiller quotidiennement leur souffle avec cet appareil : les mesures se font en général au lever le matin et au coucher le soir. Une mesure peut être nécessaire à tout moment de la journée si une gêne apparaît. 

  • Mettre le curseur en bas de l’échelle graduée, au niveau 0 et se tenir debout.
  • Prendre l’appareil horizontalement.
  • Gonfler la poitrine au maximum, bouche ouverte.
  • Introduire l’embout dans la bouche et bien le serrer dans les lèvres
  • Souffler d’un seul coup, le plus fort et le plus vite possible.
  • Il faut répéter l’opération trois fois et noter la valeur la plus élevée.

Traitements : kiné respiratoire, corticoïdes, ventoline…

En cas de crise d’asthme

Les médicaments bronchodilatateurs à action brève et rapide sont prescrits pour soulager une crise d’asthme ou des épisodes de toux, équivalents mineurs de l’asthme. Ils agissent contre le rétrécissement des bronches et leurs permettent de se dilater. Le patient ressent dans la majorité des cas une amélioration au bout de quelques minutes l’aidant à mieux respirer. Leur durée d’action est de quatre à six heures. Les bronchodilatateurs s’utilisent également avant l’effort afin d’éviter l’apparition d’une gêne chez les personnes présentant un asthme provoqué par l’exercice.

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