Arriérés de bourses : le cri de détresse des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation

Le Comité de suivi des résidents bénéficiaires de bourses de l’Etat burkinabé octroyées par le Projet de formation de spécialistes (PROFOS) s’insurge, dans la déclaration ci-dessous, contre les arriérés de bourses des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation et bénéficiant d’une bourse de l’Etat burkinabé. Après plusieurs rencontres infructueuses avec le responsable du Projet, le comité a décidé de prendre l’opinion à témoin sur cette situation qu’il juge préjudiciable aux conditions d’apprentissage.

La situation des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation et bénéficiant de la bourse de l’Etat burkinabé octroyée par le PROFOS, est marquée en cette rentrée académique 2018-2019 par des arriérés de paiement de leurs bourses. En effet, la plupart des boursiers, depuis novembre 2018 sont toujours en attente du virement de leurs subsides.

Pour d’autres, depuis le paiement de la bourse du mois de novembre 2018, ils n’ont plus reçu de virement. Une situation douloureuse malgré la note du Secrétaire général du ministère de la Santé en date du 5 décembre 2018 ordonnant un paiement mensuel de la bourse à partir de l’année académique 2018- 2019.

En rappel, pour bénéficier de sa bourse, le bénéficiaire doit à chaque début d’année académique déposer une demande au PROFOS accompagnée d’un document attestant qu’il est inscrit en diplôme d’étude spécialisée (D.E.S) et qu’il a effectivement débuté les cours. Des boursiers ont obéi à cette procédure en déposant leurs dossiers au PROFOS depuis novembre 2018 et jusqu’à ce jour ils n’ont reçu aucun virement de leurs bourses.

Les boursiers qui ont déposé des documents attestant qu’ils sont inscrits et qu’ils ont effectivement débuté les cours en octobre 2018 ont bénéficié du paiement de leurs bourses uniquement pour les mois d’octobre et de novembre 2018. Depuis novembre 2018, il n’y a plus eu de virement de bourses jusqu’à ce jour et cela dans l’indifférence totale du PROFOS.

A la date du 4 février 2019, cela fait donc deux mois d’arriérés de bourses pour certains. Et aucun virement pour d’autres. Cette situation plonge les boursiers dans une position très déplorable et peu propice pour un contexte d’apprentissage.

Le PROFOS avait auparavant remis au comité son manuel de procédure dans lequel il s’engageait à payer semestriellement la bourse au début de chaque semestre. Cette promesse a été plus ou moins respectée jusqu’en 2017-2018. En cette année académique 2018-2019, le PROFOS s’est particulièrement illustré par la violation de ses propres textes cumulant ainsi des arriérés de bourses.

Les formations de spécialisation des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes sont tellement contraignantes qu’elles requièrent une tranquillité d’esprit pour mieux acquérir le savoir. Peut-on vraiment se concentrer sur sa spécialisation avec des arriérés de bourses ? Assurément non. L’on se rappelle l’engagement du chef de l’Etat de valoriser le capital humain dans le secteur de la santé. L’Etat aurait-il oublié ses engagements pris avec les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes boursiers ? Tout porte à y croire.

Au regard des conséquences néfastes du non-paiement des bourses sur la formation des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation, le comité prend l’opinion publique à témoin sur la situation chaotique que vivent les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation et invite :

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 Les autorités au respect de leur engagement qui passe par le paiement diligent des arriérés de bourses tout en veillant à la régularité du paiement de celles-ci afin de garantir de meilleures conditions d’apprentissage aux médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en spécialisation.

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 Le PROFOS au virement régulier des bourses, à la résolution des différentes préoccupations à lui exposées par le comité et au respect de ses propres textes précisant un paiement semestriel des bourses. 
 Les boursiers à rester mobilisés derrière le comité pour de meilleures conditions de formations.

Ouagadougou, le 04 février 2019

Pour le comité

Dr Sanon Bernard 
Dr Wedraogo Richard

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