Approche basée sur les droits humains : Des journalistes et communicateurs outillés sur le concept

A Ouagadougou, une trentaine de journalistes et de communicateurs ont été formés sur les fondamentaux de l’Approche basée sur les droits humains (ABDH), les 6 et 7 août 2020. Une initiative du ministère de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, afin d’amener les hommes de médias et les communicateurs à s’investir dans la promotion des droits humains au Burkina Faso.

Le Burkina Faso a ratifié plusieurs conventions en matière de protection des droits humains, sur le plan international et communautaire. Dans l’ordonnancement juridique interne, plusieurs lois relatives à la promotion des droits humains ont été adoptées. Cependant, la réalité des droits humains n’est pas encore accomplie au profit de tous les Burkinabè.

Le constat le plus amer demeure la faillite des droits sociaux des burkinabè. En effet, on note qu’ils sont nombreux ces Burkinabè qui ne peuvent ni jouir intégralement de la justice, ni jouir des fondamentaux des droits sociaux (l’eau, l’alimentation, le logement). Sans oublier le devoir de redevabilité des élus à l’endroit des populations. Une situation qui interpelle tout le monde, surtout les médias et les chargés de communication, qui sont des leaders d’opinion pouvant conscientiser le public.

Les chargés de communications

Contribution des médias à la réduction du « gap de capacité »

Pour les formateurs, le principe de la participation implique la liberté d’expression et le droit d’accès à l’information. Ces deux composantes juridiques sont essentielles pour le journalisme et la communication publique. Cela devrait pousser les détenteurs de droits à participer de manière active, libre et significative.

Mais bien avant, il faut non seulement avoir accès à l’information exacte, mais aussi les clés pour décrypter cette information. Cette mission est dévolue en grande partie aux médias. Ceux-ci doivent développer la question sur la place publique et la décortiquer, afin que le commun des mortels s’en appréhende et que les élus répondent à leurs obligations de redevabilité.

Les participants à l’atelier

En outre, les médias sont appelés, à l’échéance d’une politique publique, à évaluer sa performance sur le terrain à travers un reportage, un sondage auprès des détenteurs de droits. Mais aussi, mettre les débiteurs d’obligations face à leurs réalisations. Pour arriver à la jouissance des droits humains, les médias burkinabè doivent d’impliquer. Ils doivent s’interroger sur leur contribution à l’avancement des droits humains.

Il s’agit de vérifier la représentation ou la défense des droits usagers et l’inclusion des ménages défavorisés au service public payant. Mais aussi voir l’inclusion des groupes vulnérables au service et à l’animation des instances de gestion et de décisions. Les journalistes sont invités à aller au-delà pour relever les inégalités de genres, à travers les reportages et des missions d’interpellation, d’information, de redevabilité, etc.

Edouard K. Samboé
Lefaso.net

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