Affaire Naim Touré a fait capoter une enquête: Et pourtant mon commissaire!

Le service régional de la police judiciaire (SRPJ), lors d’une conférence de presse tenu hier 28 mars 2019 a accusé l’activiste Naïm Touré d’avoir fait échouer une enquête judiciaire en relayant une information capitale. Il aurait publié une information sur la mort en détention d’un cerveau de gang qui opérait dans la capitale. Selon le patron du SRPJ, cette publication aurait fait capoter l’enquête et Naïm Touré pourrait à tout moment être entendu sur la question.

De prime à bord, il est du devoir de toute personne soucieuse de la paix et de la tranquillité des populations de féliciter la police nationale pour avoir mis la main sur ce réseau de délinquants qui semait la mort et la terreur au Burkina Faso. Mais de là à conclure que c’est suite à une publication de Naïm Touré que l’enquête pour mettre la main sur les autres éléments de cette bande de délinquants a capoté, c’est aller vite en besogne. Pire, cette information d’ailleurs ne fait que renforcer le flou qu’il y a autour de cette affaire de mort suspecte dénoncée par Naïm Touré.

L’affirmation de l’activiste faisant état du fait que le sieur Bonkoungou Joel, chef de gang serait décédé pendant sa détention dans les locaux du SRPJ n’a été ni confirmé, ni infirmé par le commissaire du service régional de la police judiciaire Sayibou Galbané selon ce qui ressort, des comptes rendus.

Dans un contexte où plusieurs organisations nationales et internationales s’inquiètent et ont un regard de plus en plus constant sur le respect des droits des prévenus au Burkina Faso, quelle que soient les présumés crimes commis par ces derniers, maintenir le flou sur les circonstances de la mort du sieur Bonkoungou Joel à travers cette sortie pourrait engendrer d’autres conséquences qu’on aurait pu éviter en se taisant sur cette affaire. Et mieux, nous pensons que Naïm Touré, civil de son état et n’étant ni de près, ni de loin mêlé à cette affaire ne devrait en aucun cas être au courant de cette information secrète du moment où ceux qui la détenaient savaient que c’est l’élément-clé pour mettre la main sur le reste de bande.

Qui des hommes, censés être des éléments de confiance a donc transmis à Naïm Touré cette information pour publication? Il y a lieu de ce fait que le commissaire commence par faire le ménage à l’interne et éviter toute fuite en avant.

Une telle information ne devrait en au cas se retrouver aux mains de Naïm Touré. Si un simple citoyen arrive à infiltrer les services de police pour avoir une information aussi capitale pour l’enquête, il y a lieu de s’inquiéter quant à la confiance et à l’intégralité des hommes dans ce service. Et dans de pareilles circonstances, le suspect numéro 1, pour parler de la taupe doit être recherché à l’interne. La police gagnerait à faire le ménage en sein avant de porter toute accusation sur un citoyen qui n’est pas censé être au courant de l’affaire. L’enquête a capoté non pas parce que Naïm Touré a publié l’information mais parce que l’un des vôtres a violé son serment en diffusant un information confidentielle mon commissaire.

netafrique.net

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