Affaire charbon fin : « Le temps ne changera rien aux faits », clame Me Rodrigue Bayala, conseil de l’Etat burkinabè

Aussitôt ouverte au tribunal de grande instance de Ouagadougou, la deuxième audience de l’affaire « Charbon fin » a été renvoyée au mardi 17 décembre 2019 à la demande des conseils de certains prévenus, fraichement arrivés dans le dossier, après le déport de leurs collègues.

Un nouveau renvoi dans le procès de l’affaire « Charbon fin », dans laquelle sont poursuivis IAMGOLD Essakane, la société Bolloré, des agents de l’administration publique. Ainsi en a décidé le tribunal. A la demande de certains prévenus, les juges ont renvoyé l’audience au mardi 17 décembre 2019.

Ouverte à 8h54 au tribunal de grande instance de Ouagadougou, l’audience n’aura duré qu’une vingtaine de minutes. Après l’appel des 14 personnes poursuivies (2 personnes morales et 12 personnes physiques), les conseils de certains prévenus, notamment Bolloré et les agents de la douane, ont demandé un renvoi. Fraichement arrivés dans le dossier après le déport de leurs collègues, ils ont demandé du temps pour mieux se préparer. Contrairement à ces derniers, les avocats d’IAMGOLD Essakane se sont dits prêts à défendre le dossier au fond, selon Me Yanogo Pierre.

Les avocats de IAMGOLD Essakane à la sortie du tribunal.

« C’est à vous d’imprimer une célérité à la procédure »

Pour le ministère public, pas question de renvoyer le dossier ad vitam aeternam même si les droits de la défense doivent être respectés. Il estime qu’un délai de deux semaines suffit amplement à la défense pour s’approprier le dossier. « Monsieur le président, c’est à vous d’imprimer une célérité à la procédure. Nous ne venons pas dans ce dossier avec des a priori mais avec des arguments », argue le ministère public, avant de demander que l’audience soit renvoyée au 5 novembre 2019.

Me Edasso Rodrigue Bayala, conseil de l’Etat burkinabè

Pas de précipitation, conseillent les avocats de l’Etat

Me Edasso Rodrigue Bayala, de la SCPA TRUST WAY, conseil de l’Etat burkinabè, estime que le dossier doit être jugé sans passion ni précipitation. « Ce sont des faits qui sont très graves, c’est un préjudice énorme pour notre pays et pour moi il faut prendre le temps et permettre à toutes les parties, qu’elles soient de la partie civile ou de la défense, d’organiser leur défense », a indiqué l’avocat avant de renchérir : « Le temps ne changera rien aux faits. Le dossier est déposé et les faits seront en l’état le 17 décembre, en 2020, en 2030 ». Pour Me Bayala, il n’y a pas lieu de voir en ce renvoi une stratégie de ses confrères de ne pas aller au fond. Mais, il estime que les « renvois devront prendre fin un jour afin que le dossier puisse être jugé. »,
Lefaso.net

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