« Acquisition de 77 véhicules par la mairie de Ouagadougou » : Un magistrat placé en garde à vue

Dans sa parution du 10 février 2020, le bimensuel d’investigation « Courrier Confidentiel » faisait des révélations sur « les folles dépenses du maire » dans l’acquisition de 77 véhicules à 4,6 milliards de F CFA, en crédit-bail avec la société Fidelis Finances Burkina. Quatre mois après, le journal « L’Evènement », dans sa dernière parution (du 10 juin), a révélé que des juges ont réclamé 70 millions de F CFA au maire Armand Béouindé pour étouffer l’affaire. Dimanche 14 juin, le juge Narcisse Sawadogo a été placé en garde à vue.

L’on se rappelle que le 26 février dernier, soit deux semaines après la première bombe lâchée par le Courrier Confidentiel, le canard était revenu à la charge avec un article dans lequel il dévoilait les intérêts économiques qu’avait le maire dans le processus d’acquisition des véhicules. Ces véhicules devaient être assurés par Raynal Assurances IARD, entreprise dans laquelle Armand Béouindé et sa famille sont actionnaires, et qui détient 10% de parts d’actions de Fidelis Finances Burkina.

Une procédure légale

Cette parution avait sorti le maire de sa zone de confort. Sur les ondes de certaines radios, Armand Béouindé avait déclaré que l’achat des véhicules répondait à un besoin « criard », au regard de la vétusté des moyens roulants. Il avait même déclaré, la main sur le cœur, que le processus d’acquisition de ces véhicules, de l’appel d’offre jusqu’au choix de l’attributaire, s’était déroulé dans « la légalité et la transparence ». Cela n’a pas empêché le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou de se saisir de l’affaire.

Persuasion

Quatre mois plus tard, l’Evènement révèle une tentative d’étouffer l’affaire par un réseau de personnes, dont des magistrats, qui auraient réclamé 70 millions de F CFA à l’édile de la commune de Ouagadougou. Une somme qui devait être versée en espèces. Dans le viseur, le journal cite Dieudonné Bonkoungou, substitut du procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou ; un nommé Allassane Bagagnan et Narcisse Sawadogo, ancien procureur du Faso près le TGI de Bogandé.

Selon l’Evènement, ce que l’on pourrait qualifier d’opération de charme auprès du maire Béouindé se serait déroulé au domicile du sieur Allassane Bagagnan, dans l’arrondissement 10 de Ouagadougou. Et pour convaincre le maire de l’immensité de leur force de frappe, le juge Narcisse Sawadogo aurait avancé qu’il était promotionnaire du doyen des juges d’instruction Emile Zerbo, et que le juge en charge du dossier, Daouda Kinda, avait été son stagiaire. L’Evènement dit avoir vérifié cela avec le juge Kinda qui a démenti avoir été stagiaire du magistrat Sawadogo.

Dimanche 14 juin, soit quatre jours après la dernière parution de l’Evènement, le journal Le Reporter annonce que le juge Narcisse Sawadogo serait en garde à vue « pour tentative d’escroquerie ». Quid de Dieudonné Bonkoungou et d’Allassane Bagagnan ? Aucune information n’a fuité, mais selon notre confrère de Libre infos, M. Bagagnan aurait aussi été interpellé par la gendarmerie.

La machine judiciaire ira-t-elle jusqu’au bout ? Wait and see…

Rassemblés par HFB
Lefaso.net

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