Abdouramane Ouattara, maire de Karangasso Sambla: Le Président Rock Kaboré n’avait envisagé où planifier la lutte contre le terrorisme dans son programme de société”

Nous avons rencontré le maire de Karangasso Sambla au cours de son séjour à Ouagadougou dans le cadre des rencontres des maires à Ouagadougou. Abdouramane Ouattara car c’est de lui qu’il s’agit a bien voulu se prêter à nos questions sur la vie de sa commune qui a vécu des difficultés de fonctionnement, sur l’actualité socio- politique ponctué par le débat sur qu’il convient d’appeler « affaire de la forêt de Kua ». Sans détour, il exprime son opinion sur la situation sécuritaire au Burkina qui nécessite de taire les divergences politiques par sursaut patriotiques pour aller l’union d’action autour du président du Faso.

Votre commune a déferlé la chronique récemment du fait de la fermeture des locaux de la mairie. Quelle est la situation aujourd’hui, après l’intervention du Médiateur du Faso ?

Effectivement pendant quelques temps, la commune de Karangasso Sambla était sous le feu des projecteurs parce que malheureusement certains de nos ressortissants sont allés condamner les locaux de la Mairie dans la nuit du Jeudi 07 Février 2019 pour ensuite exprimer leur récrimination à l’encontre du Maire, de tout le conseil municipal et même à l’encontre des chefs de villages. Mais, comme vous savez, c’est à la suite des tractations au niveau régional que le Médiateur du Faso a été saisi du dossier et son intervenu à favoriser la réouverture des locaux de la mairie et donc le retour à la légalité afin de permettre la continuité du service public pour les populations. Il faut souligner que cette intervention du Médiateur du Faso a été sans conteste nécessaire et salutaire à bien des égards. D’abord, elle a signifié à toutes composantes de notre commune, le cadre juridique règlementaire en dehors duquel on ne peut pas exprimer des mouvements d’humeur ou des revendications au risque de se mettre en porta faux avec la loi. Ensuite, elle a exhorté les uns et autres à privilégier les voix du dialogue et de la concertation pour préserver les bases fondamentales du vivre ensemble pour espérer vraiment un développement de notre commune. Personnellement en tant que premier responsable de la commune, elle nous surtout fait des recommandations et donner des conseils avisés afin que nous puisons dépasser les clivages, les exactions, les antagonismes et œuvrer en priorité pour l’unité et le développement de tous les ressortissants. Je crois que chacun en ce qui le concerne, à tirer des enseignements utiles de cette crise et notre priorité aujourd’hui c’est de poursuivre la réalisation du programme pour lequel les populations nous ont placé tant de confiance.

Peut-on dire que vous avez fumé le calumet de la paix depuis cette intervention du Médiateur, ou c’est toujours des guéguerres dans votre commune?

Il faut reconnaitre qu’il y’a une accalmie relative étant donné que chacun a été interpellé et situé devant ses responsabilités au regard de la loi et de l’obligation que nous avons à préserver la cohésion sociale dans notre communauté. Prenant en compte les directives données par le Médiateur de Faso pour une sortie de crise, on peut bien affirmer que nous sommes présentement dans la dynamique d’une approche participative de toutes les sensibilités qui composent notre commune en priorisant la communication et la concertation. Mais, il faut reconnaitre que dans un contexte politique, il est très difficile de faire l’unanimité ou le consensus absolu à cause des intérêts individuels égoïstes. De ce fait, on pourrait toujours rencontrer des brebis galeuses qui au nom de la politique politicienne, vont poser des actes pour intoxiquer ou saboter les bonnes initiatives que l’on peut entreprendre pour le bonheur des masses populaires. C’est bien souvent le triste constat de la réalité et c’est vraiment dommage.

 Certains acteurs vous accusaient de gestion opaque des ressources des carrières, des chiffres même étaient donnés cent vingt millions octroyés par le PDIS, qu’en est-il exactement ?

Vous savez, dans un milieu hautement politisé, les gens parlent beaucoup plus souvent pour dénigrer que pour contribuer à construire quelque chose de réelle. La question liée à l’exploitation des carrières dans notre commune est en vérité l’un des exploits réalisés par notre conseil municipal. Quand nous arrivions à la tête de la mairie, les sociétés d’exploitation de carrières (elles étaient six) ne contribuaient en rien au développement de notre commune bien que certaines y étaient en activités depuis plus de vingt-cinq (25) ans. Nous avons donc pris des mesures audacieuses pour organiser et règlementer ce secteur en concertation avec les sociétés d’exploitations elles-mêmes. Cela a bien sûr fait des gorges chaudes, mais nous avions pris nos responsabilités et assumés les risques liés à cela. Nous avions donc pris des délibérations pour tarifier l’exploitation des carrières, nous avions recruter des agents pointeurs sur chaque sites d’exploitation, nous avions construit des guérites pour contrôler toutes les sorties de camions. Toutes les perceptions de ressources de nos carrières se font par des tickets de valeur ou par des mandats de recettes émis par le trésor. Aujourd’hui, grâce à toute cette organisation rigoureuse, nous avons sensiblement augmenté les recettes propres de la commune et cela nous permet de faire chaque année des investissements au profit des populations. Sous la supervision du contrôle financier et des organes de tutelle (Haut-Commissariat et Gouvernorat), nous avons hisser notre commune de la première à la troisième catégorie en seulement deux années d’exercice.  Toute modestie mise à part, je crois qu’il est difficile de faire mieux et je saisie cette occasion pour féliciter les conseillers, les agents de la mairie, les CVD et les chefs de village qui ont contribué pour l’obtention de ces performances.

Qu’en est –il au sujet des cent vingt millions de FCFA ?

Contrairement à toutes ces allégations que vous entendez, sachez que je suis très serein par rapport à cette affaire de Cent vingt Millions FCFA qui n’étaient pas du tout un don du PDIS à notre commune. C’est plutôt une compensation faite aux villages déplacés à partir de la valorisation de la coupe du bois dans la cuvette du barrage de Samendéni. Chaque village déplacé par le barrage dans les cinq communes affectées a donc bénéficié de cette forme de compensation pour réaliser des investissements et/ou des activités afin de relancer les activités économiques sur les sites d’accueil des populations. Les trois villages déplacés dans notre commune ont donc bénéficié au total de cent vingt millions FCFA et nous avons été associé avec des comités locaux pour identifier et effectuer des réalisations en faveur de ces populations et pour le développement des activités économiques sur les sites d’accueil.  Ainsi, nous avons construit trois marchés et trois fourrières sur les trois sites d’accueil pour le développement du commerce. De concert avec les responsables de ces sites d’accueil, nous avons fait une campagne de reboisement de huit mille (8 000) arbres utilitaires distribués gratuitement aux populations. Pour relancer par exemple la production agricole et l’élevage sur les sites d’accueil des populations déplacées, nous avons distribué en 2017 et particulièrement aux femmes, sept (7) tonnes de semences améliorées, mille cinq cent (1500) volailles de race performante et deux cent (200) couples de chèvres rousses connues pour leur performance reproductive et en production de lait. En juin 2018, pour la période de soudure, nous avons distribué 49 tonnes de vivre aux populations déplacées et acquis également une ambulance pour faciliter le transport des malades dans toute la commune. Toutes ces actions que nous avons pu réaliser dans ce cadre sont inscrites dans le programme d’accompagnement des populations déplacées et vous pouvez vérifier mes propos auprès du PDIS ou sur les sites d’accueil de Djifoloma, Banakorosso et Maganfesso. Le paradoxe dans cette affaire, c’est que ceux qui ne sont pas vraiment concernés (ils ne sont pas sur une site d’accueil) par cette compensation espéraient pouvoir nous contraindre au partage de ces fonds. Il y’en a même que s’exultent aujourd’hui partout, alors qu’ils m’avaient proposé carrément un partage de cet argent en lieu en place de tous travaux de développement. Ayant refusé certains compromis, je suis devenu alors du coup celui qu’il faut salir à tout prix.

Justement, nous avions appris que vous n’êtes pas ressortissant du village de Karangasso qui est le siège de la commune. Cette situation peut-elle expliquée la crise qu’a traversé votre commune ?

Cela est apanage de certains politiciens mal inspirés qui espèrent avoir de la notoriété en jouant la carte de la division et des clivages. Personnellement, je ne sens pas dans cette vision rétrograde qui nous définit selon des critères d’appartenance à une localité ou à une idéologie quelconque. Je suis ressortissant de la commune et je me sens pleinement partout où je m’y trouve en compagnie des populations. Notre commune compte seize villages, avec plusieurs hameaux de culture et moi mon engagement politique concerne de nos jours toutes ces zones et sans aucune distinction ni de préférence. C’est certains que j’ai mes origines et mes attaches, mais je dois pouvoir circonscrire tout ça dans un cadre objectif afin d’œuvrer pour l’union et la solidarité dans toute notre collectivité. Sinon, si vous faites bien des investigations, vous comprendrez que je suis même plus de Karangasso ou de Torosso que plusieurs de ceux qui tentent de nous diviser aujourd’hui pour assouvir leurs ambitions politiques.

On parle de vous comme quelqu’un de rigide et qui n’aurait pas une approche facile, ne pensez-vous pas aussi à un problème de management ? 

Non, c’est totalement faux, je ne suis pas comme ça. Je vous disais tout de suite qu’en politique, on parle rarement et sinon même jamais du bien de l’autre. Moi je suis né et éduqué dans une très grande famille et je vous rassure que j’ai aujourd’hui avec mon instruction personnelle, un sens élevé de la gestion des relations humaines. Seulement, j’ai mon caractère, et mes valeurs morales de repère auxquelles je demeure attaché avec une bonne dose de flexibilité. Je sais faire souvent des concessions, mais je ne m’engage pas vraiment dans les compromissions qui puissent nuire. Quand nous sommes arrivés à la tête de notre mairie, on a constaté surtout un gros retard de la commune en matière de développement infrastructurel et économique. De façon consensuelle, nous nous sommes donc engagés dans un processus de changement qualitatif pour apporter au moins à nos populations le minimum indispensable pour leur épanouissement. Pour atteindre donc cet objectif, il fallait afficher un certain caractère car nous savons tous que tout changement entraine forcement des grincements de dents. Mais Dieu merci, malgré tous les remous, présentement nos résultats à mi-parcours sont satisfaisants et l’avenir augure également de bonnes perspectives au regard du potentiel dont nous disposons au sein de notre commune. En trois ans d’exercice, nous avons pu financer sur fonds propres et grâce à des partenaires six marchés dans la commune. Nous disposons de nos jours grâce au PDIS et d’autres partenaires de sept AEPS opérationnels, seize forages à motricité humaine et un programme de réalisation d’environ cent vingt-cinq latrines pour des ménages choisis dans cinq villages. Présentement, nous sommes dans un processus d’électrification de cinq villages en plus du seul village de Karangasso qui avait le courant que dans un seul quartier à notre arrivée à la mairie. Nous avons mis aux normes de six classes des écoles primaires et aujourd’hui grâce aux actions de certains ressortissants tels que le Pr Alfred TRAORE et Samadou COULIBALY, nous avons l’une des meilleures couvertures en infrastructures éducatives. Courant le mois de juin, nous allons réceptionner un CSPS à Djifoloma, lancer les travaux pour finaliser le dispensaire de Torosso et réhabiliter la maternité de Bouindé. Nous avons d’autres projets pour les désenclavent terrestre en pistes dans la commune et aussi des infrastructures socioculturelles pour les jeunes et les femmes. Voilà un peu le sens de notre action à la commune et soyez rassurer que au regard de la détermination de notre conseil municipal, on pourrait encore mieux faire.

Après les communes de Orodara, de Karangasso, c’est dans la commune de Bobo Dioulasso que les contestations sont constatées au sujet de la construction d’un CHU. Quelle est votre analyse de la situation de la forêt de Kua ?

Pour vous dire la vérité, je suis vraiment sidéré de voir ces toutes agitations que l’on observe présentement autour de la construction du CHU Bobo Dioulasso. C’est ahurissant de voir qu’un projet d’une telle envergure qui va certainement impacter de façon significative l’économie et le niveau de vie d’ensemble des populations dans la grande région de l’Ouest, soit l’objet de controverse entre nous même les premiers bénéficiaires. Malheureusement, au lieu de prioriser le dialogue et la concertation sur les questions essentielles qui nous divisent, certains préfèrent s’adonner à une forme de contestations et de protestations fondées surtout sur des considérations politiques dénudées de toutes objectivités. On n’a pas besoin dans le contexte actuel des réalités socioéconomiques de la ville de Bobo de créer un mouvement de contestation, de programmer des marches et des contres marches pour entacher la réalisation d’un projet de plus de soixante milliards qui seront gracieusement apportés par un bailleur de fonds.

Concrètement, vous êtes favorable au déclassement d’une partie de la forêt de Kua pour servir de site de construction du CHU ?

Le choix du site pour de telles réalisations, n’est jamais une question théorique, mais plutôt technique et pratique. Avant toute décision, il faut d’abord faire une étude d’impacts sociaux et environnementaux du projet. Je crois que c’est la bonne décision que le ministre d’Etat a prise et nous allons attendre de voir les conclusions de cette étude. C’est seulement cette démarche qui pourrait nous éclairer tous sur la pertinence du choix d’un site pour la réalisation de ce projet tant attendu. Toutes les investigations doivent pouvoir nous ressortir les avantages comparatifs de tous les sites pressentis pour permettre de faire un meilleur choix sans exception aucune.

C’est donc dire que je ne suis pas personnellement d’accord avec ces environnementalistes de circonstance ou ces politiciens qui en quête de notoriété veulent instrumentaliser nos populations sous le prétexte de défendre une forêt. Nous sommes tous attachés à la nature, mais au Burkina comme partout dans le monde d’ailleurs, les impératifs du progrès et du développement nous contraint souvent à détériorer les conditions matérielles de notre propre existence. Cela ne va pas commencer par la forêt de Kua si c’est nécessaire de le faire pour la bonne cause. Il est clair que l’on ne peut pas faire des omelettes sans bien entendu casser des œufs. Alors que l’on arrête de faire de la diversion politicienne et au mépris du bonheur des populations pour lesquelles on prétend être engagé. Toutes les grandes réalisations de notre pays sont souvent réalisées au détriments de la nature car on n’a pas souvent d’autres choix. L’Université NAZI Bony de Bobo est implantée dans la foret de la Guimgette et sur l’une des plus belles nappes phréatiques de la sous-région qui désert toute la ville en eau potable. Le PDIS a défriché plus de neuf mille (9000) hectares de bois et déplacé environ (5000) ménages pour réaliser la cuvette d’eau du barrage de Samendéni. C’est pareil pour d’autres grandes réalisations comme Bagré Pool, l’aéroport de Donsin etc… Présentement, dans la ville de Ouagadougou, non loin de l’hôpital Yalgado la construction d’un échangeur touche la forêt de Bangreogo. Alors pourquoi tout cela n’ébranle pas tous ces prétendants défenseurs de la forêt de Kua et de l’environnement ? Pour moi, tout ce scénario de protestation n’est qu’une manie pour créer un climat social défavorable à la réalisation du projet du CHU de Bobo Dioulasso. Notre gouvernement doit donc prendre ses responsabilités.

Que faut-il donc faire présentement vu que les choses sont suspendues ?

Non, rien n’est suspendu du moment que le projet va bientôt démarrer selon les autorités. Pour l’instant, on attend sagement les conclusions des études commanditées par le ministre d’Etat pour opérer le meilleur possible afin de bâtir l’hôpital dans les conditions idoines. Je crois savoir qu’il existe trois sites qui sont en lignes de mire à savoir celui Borodougou, celui de Kua et enfin celui de belle ville. C’est donc les recommandations des études des impacts sociaux et environnementaux qui font déterminer une orientation judicieuse du projet de construction du CHU de Bobo Dioulasso. Il est donc hors de question pour moi de vouloir exclure à priori le site de Kua pour des raisons dont la pertinence n’est pas encore prouvée.  Aussi, il faut taire toutes les spéculations politiciennes autour de cette question qui sont peut-être même organisées à dessin pour intoxiquer et détériorer le climat social dans la province et compromettre tout développement. Le maire central a donc bien fait d’interdire toutes les manifestations au sujet du projet de construction du CHU de Bobo Dioulasso.

Récemment lors d’une sortie médiatique, Ablassé OUEDRAOGO demandait la démission du Président Rock Marc KABORE. Pour étayer ses propos, il a égrené tout un chapelet de griefs qui selon lui sont suffisants pour que le Président rende le tablier. Qu’en pensez-vous.

Vous savez que nous sommes véritablement dans un processus de démocratie participative et progressive. Monsieur Ablassé OUEDRAOGO a bel et bien le droit de s’exprimer librement sur les questions relatives à la gouvernance du pays dans la mesure où ses propos n’engagent qui lui et lui seul. Mais il faut noter que presque tous les opposants à un régime formulent toujours de telles requêtes quand bien même qu’ils savent qu’ils ne pourront pas faire mieux que celui dont ils demandent le départ. Personnellement, j’estime que Monsieur Ablassé OUEDRAOGO est un homme politique assez éclairé et un haut cadre dont les analyses sont souvent pertinentes. Mais dans les circonstances actuelles, je ne partage pas son opinion quand il dit que le président du Faso devrait démissionner au regard de la fréquence et de la multiplicité des attaques terroristes. En réalité, les contre-performances actuelles de notre économie, la montée de la grogne sociale, et la question de l’autorité de l’Etat dont il parle, sont en fait les corrolaires de la recrudescence du terroriste que notre pays subit malheureusement. Nulle part dans le programme de société pour lequel nous l’avons élu, le Président Rock M K KABORE n’avait envisagé où planifier la lutte contre phénomène du terrorisme qui même mondialement est si difficile à combattre. C’est donc des données inattendues de sa gouvernance qu’il faut juguler avec beaucoup de tacs et de méthodes. Nous devons donc aller au-delà de nos divergences politiques et faire l’union sacré autour de nos intérêts collectifs et de la nation. En tout cas, c’est mon opinion.

Estimez-vous qu’il y’a une circonstance atténuante à accorder au régime du Président Rock M C KABORE ?

Bien sûr qu’il y’a des circonstances atténuantes majeures qui tiennent la route à bien des égards. Il faut éviter de passionner ce débat et accepter de voir la réalité non pas avec complaisance, mais surtout avec beaucoup d’objectivité. Rien ne nous présageait la recrudescence du phénomène du terrorisme qui nous est tombée dessus juste après l’accession du président Rock M C KABORE au pouvoir. Naturellement de tels imprévus vont contrarier et obliger les gouvernants à réorganiser réorienter tous les plans d’actions stratégiques que l’on comptait mettre en œuvre pour le développement socioéconomique du pays. De ce fait, la sécurité devient la priorité en toute action gouvernementale comme nous le constatons aujourd’hui parce que justement aucune croissance ni aucun développement n’est possible dans l’insécurité. C’est souvent au détriment des secteurs prioritaires comme l’éducation, la santé, l’agriculture, l’eau etc. qu’on canalise toutes nos énergies pour préserver l’intégrité du territoire et assurer la sécurité des populations. Ce n’est vraiment pas facile et c’est même très éprouvant car la lutte contre le terrorisme n’est pas une guerre conventionnelle qui a au moins des règles. Je profite d’ailleurs pour saluer le courage et l’engagement patriotique de nos FDS qui chaque jour et contre vent et marrée, bravent tous les dangers pour que nous vivons dans la quiétude. A mon avis ce sont ces raisons qui peuvent justifier la situation socioéconomique actuelle de notre pays et c’est vraiment sans rien dramatiser. Je crois que au Burkina nous sommes depuis confrontés à beaucoup de facteurs exogènes et surtout inhabituels qui perturbent nos plans de croissance, mais quand même on est sur la bonne voie et tout ira pour le meilleur pour peu qu’il y ait l’unité et la concorde.

Un mot pour clore notre entretien ?

Juste vous exprimer mon remerciement pour cette opportunité que vous m’avez à travers cet entretien. On est finalement parvenu à se rencontrer malgré et j’espère que j’ai pu combler vos attentes. Je voudrais profiter pour lancer un message à l’endroit des populations de toute la province du Houet afin que l’on évite les contradictions stériles autour d’un projet qui est incontestablement important pour nous tous. Seule la concertation et la force de l’argumentation pourront nous éclairer sur les options à prendre pour trouver un bien être individuel et collectif. Tous les processus de croissance économique et de développement humain exigent un sacrifice et il est de notre devoir à tous de faire preuve de bon sens et de responsabilité, s’il est vrai que nous avons à cœur le développement réel de notre pays.

Netafrique

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