8-Mars : « Le vélo est une passion », Awa Bamogo

Awa Bamogo est une jeune cycliste burkinabè. Agée de 20 ans, le vélo est une passion pour cette native de Ouahigouya. En quelques années de pratique du vélo, elle a déjà plusieurs distinctions à son actif dont le titre de vice-championne d’Afrique obtenu lors du dernier championnat africain de course sur route en Egypte. Parcours d’une amoureuse du vélo !

A différents âges, des Burkinabè hissent haut le drapeau tant sur le continent qu’au-delà. Des chercheurs, des journalistes, des étudiants, des sportifs se déjà sont illustrés en obtenant des lauriers pour leur pays. Awa Bamogo vient d’inscrire son nom sur cette short-liste en devenant vice-championne de course sur route.
Née le 15 juin 1999 dans la ville de Ouahigouya, située à 180 km au Nord de la capitale, Awa Bamogo ne fréquente pas l’école classique car le choix de son géniteur va porter sur l’école arabe. Elle atteint même un niveau équivalant à la classe de 4e dans le système classique.

Pendant qu’elle apprenait à lire l’arabe, la fille de Bamogo Souleymane et de Kindo Sarata se découvre progressivement une passion : le cyclisme. Elle s’y met avec les moyens dont elle disposait. « Je participais aux courses cyclistes organisées pour les femmes à Ouahigouya. En ce moment, j’avais un vélo avec panier », se rappelle cette amazone du cyclisme burkinabè.

Démarrer en trombe…

Une personne va la pousser à une décision radicale qui va s’avérer décisive par la suite. « Je venais souvent participer à des compétitions à Ouagadougou. Et une fois, j’ai participé à l’une de ces courses remportée par Ouédraogo Roukiata. Elle m’a séduite ce jour-là par ses performances et j’ai donc pris la résolution de remporter des courses aussi comme elle un jour », confesse Awa Bamogo qui va tout abandonner, surtout l’école, pour s’adonner au vélo.

On était en 2018 et elle commence à suivre des formations avec des coureurs confirmés et sous la houlette d’entraineurs expérimentés. Ses efforts commencent à payer. Elle enchaine des victoires dans des courses organisées au profit des femmes et signe dans la foulée un contrat avec le club cycliste de l’Union sportive des forces armées (USFA).

Cette étape franchie lui ouvre les portes des compétions hors du Burkina Faso. Elle effectue sa première sortie du 15 au 19 mars 2019 à Baher Dar, en Ethiopie, pour les championnats d’Afrique de la course en ligne. « Ce n’était pas facile », le dit-elle à qui veut l’entendre. Mais elle arrache une médaille de bronze en U23. Puis vient le championnat d’Afrique au Nigeria. Sa participation est un peu plus fructueuse puis qu’elle ramène sept médailles dont trois en argent et quatre en bronze.

« J’ai alors compris que je pouvais faire encore d’avantage », s’est-elle alors. De retour du Nigeria, elle y croit et se consacre plus aux entrainements sur les routes du Burkina. La vie, on peut même le dire, est désormais dédiée au vélo. Le matin dès 7 heures, elle enfourche son vélo, en compagnie de coéquipières, pour une direction choisie par l’entraineur. « Le jour que nous n’allons pas loin, nous faisons entre 30 et 40 kilomètres. Mais quand l’entraineur décide de nous faire parcourir une longue distance, nous bouclons entre 70 et 80 kilomètres », raconte Awa Bamogo.
Ses efforts paient. Puis que du 16 au 19 janvier 2020, elle participe avec trois autres coureurs burkinabè aux championnats d’Afrique sur piste (vélodrome) en Egypte. C’est désormais son habitude, Awa s’illustre en arrachant trois médailles dont une en argent fait d’elle la vice-championne d’Afrique de l’épreuve Scratch.

Difficiles conditions de pratique du cyclisme

Avec ses 20 ans bien remplis, elle est classée dans la catégorie U23. Au regard de ses performances et de la marge de progression dont elle dispose, la « fille de Ouahigouya » a bénéficié d’un stage en Afrique du sud qui lui a permis de développer d’avantage son potentiel. Elle a aussi passé un test pour une formation de 9 mois en Suisse. Si les résultats sont concluants, Awa Bamogo pourra travailler avec des moyens plus performants.

Seulement, ces exploits ne sont pas réalisés sans difficultés. Manque de vélo adapté à la course, salaire dérisoire (10. 000 francs CFA) servi à la fin de chaque mois, etc. « J’aime bien le vélo, je veux défendre les couleurs de mon pays dans les compétitions internationales mais les conditions sont extrêmement difficiles. Souvent je me demande même si ce n’est pas mieux d’abandonner », se désole la cycliste.
Pour l’instant, toujours atteinte mais jamais ébranlée, sa passion pour le vélo reste intacte. Son ambition est de décrocher un titre international pour le Burkina Faso. Pour cela, elle s’entraine pendant des heures chaque jour.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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