12 morts en détention à Tanwalbougou : La CNDH se prononce

La Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), conformément à sa mission de suivi du respect des droits humains au Burkina Faso, s’est auto-saisie de l’affaire  des 12 morts de Tanwalbougou  dans les locaux de la gendarmerie de ladite localité. Une mission de monitoring lui a permis de rapporter des faits qu’elle a portés à la connaissance de la presse ce lundi 22 juin 2020.

Les douze (12) personnes interpellées ont été l’objet d’exécution extrajudiciaire ou non ?  La CNDH estime qu’à la lumière des faits recueillis au cours de sa mission et des moyens d’investigation dont elle dispose, elle ne peut tirer aucune conclusion sur les circonstances exactes de leur décès.

Cependant, les différents entretiens effectués lui permettent de rapporter les faits selon lesquels  les personnes arrêtées ont subi des actes de torture et de maltraitance, qu’elles étaient en jeûne. La faim et la soif ont été plus pressantes suite aux sévices subis. Les cellules ne disposaient pas suffisamment d’aération pour permettre une bonne circulation de l’air qui n’entrait que par le bas de la porte ;  l’absence de gendarmes à proximité des cellules au moment de leurs appels au secours.

La CNDH, au regard de ces témoignages, s’indigne du fait que le droit à la vie, à l’intégrité physique, à la sûreté des personnes soient fortement remis en cause.

La Commission dit aussi rester extrêmement préoccupée par les allégations de violation des droits de l’homme qui ne cessent de lui être rapportées au cours de ces derniers mois. Cependant les moyens manquent pour aller sur le terrain.

Difficultés

« Dieu seul sait depuis la mise place de l’institution, comment les choses avancent. Mais je crois que d’ici là vous allez davantage nous entendre parce que grâce à un certain nombre de partenariats, on pourra davantage bouger sur le terrain », assure le président.

 Elle reste donc saisie par les événements de Tanwalbougou et ceux du passé notamment Yirgou, Barga, Djibo et autres. « Aujourd’hui on parle de Tanwalbougou, d’Arbinda, de Yirgou, demain ça peut être nous. Pour ces questions de violations des droits humains, tout le monde est exposé», dit-il.

C’est d’ailleurs par le manque de moyens que la mission n’a pu se déployer à Tanwalbougou comme initialement prévu,  pour établir les faits. La mission a décidé de conduire plutôt  ses entretiens dans le cadre d’une mission d’information et de monitoring à Fada du 3 au 6 juin 2020.

« Après consultation des premières autorités de la région, il est ressorti qu’on ne peut pas y accéder au vu de la tension sociale mais aussi des victimes et des témoins qu’on allait rencontrer, qu’il fallait une centaine de forces de défenses et de sécurité pour sécuriser cette mission. Objectivement, les conclusions étaient que la mission ne pouvait pas se tenir à Tanwalbougou », a-t-il précisé. 

Une trentaine d’acteurs ont été entendus individuellement ou en groupe, des acteurs administratifs, judiciaires, municipaux, des forces de défense et de sécurité (FDS), de la société civile et des personnes ressources mais aussi des 8 autres compagnons de cellule des 12 victimes.

Elle n’a pas manqué de faire des recommandations et a invité la justice militaire dans le cadre de la manifestation de la vérité,  à plus de célérité dans le traitement du dossier afin d’identifier les causes réelles de décès des douze (12) détenus, de situer les responsabilités, de sanctionner les coupables, renforcer la formation et l’encadrement des VDP, de prendre des mesures pour améliorer de façon significative la sécurité et les conditions de détention dans les cellules de garde à vue de la gendarmerie de Tanwalbougou et partout où il y a nécessité, et bien d’autres.

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